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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte : La musique instrumentale de Wolfgang Amadeus Mozart

Introduction ; musique pour clavier ; musique de chambre ; musique symphonique ; musique concertante.

Les concertos nos 9 et 10 de Mozart

Ces deux concertos n’ont rien en commun, sinon d’être les derniers que Mozart écrivit à Salzbourg, bien avant de commencer la série des dix-sept concertos viennois qui allaient définitivement consacrer sa suprématie dans le genre. Tous deux méritent considération, mais pas au même degré.

Ecrit pour deux pianos, et composé en janvier 1779 alors que Mozart venait de regagner Salzbourg après les désillusions de son séjour à Paris, le concerto no 10 en mi♭majeur K 365 a certes tout pour plaire : c’est une œuvre heureuse et détendue, tout au plus agrémentée de quelques touches discrètes de mélancolie, dans laquelle le musicien donne une importance accrue à l’orchestre (le séjour a Mannheim a laissé des traces…), et surtout joue à merveille de la complicité des deux solistes. Il est vrai que, cette fois, Mozart écrit pour un duo — lui-même et sa sœur — dont les capacités ne sauraient constituer un frein. Bien au contraire, à travers les échanges et autres jeux d’écho auxquels se livrent les deux solistes, on a la nette impression que le musicien est tout à sa joie de célébrer les retrouvailles familiales.

Cependant, le véritable événement s’était produit deux ans plus tôt, en janvier 1777, avec le concerto no 9 en mi♭majeur K 271 que Mozart dédia à Mademoiselle « Jeunehomme », de son vrai nom Victoire Jenamy, une pianiste virtuose française qui était de passage à Salzbourg. On assiste en effet dans cette œuvre à une soudaine explosion d’énergie et de liberté créatrice. « Ce qui frappe dès le début, dans ce concerto, c’est la maturité de son écriture. Avec une singulière assurance, Mozart tourne le dos au goût du public et impose sa propre personnalité. Il a, de toute évidence, fait le tour des possibilités que lui offrait le style galant, et, profitant de la présence d’une véritable professionnelle du clavier, il clame haut et fort son indépendance dans une page dominée par un souci expressif constant […], qui unit soliste et orchestre en un dialogue ininterrompu. »  Tout au long de ces trois mouvements d’une ampleur inhabituelle pour l’époque (dix minutes chacun !), on est sans cesse sidéré par la liberté de la forme, entre musique de chambre et opéra, et plus encore par la profondeur de sentiment, qui, par moments, en particulier dans la douloureuse mélopée de l’Andantino en ut mineur, nous emmène hors du temps et de l’espace. « Un extraordinaire chef-d’œuvre » que ce mouvement, selon Olivier Messiaen lui-même, lequel y a vu « une méditation sur la mort ». Heureusement, après ces moments de poignante désolation, viennent la course échevelée et l’exubérance juvénile de l’irrésistible rondo final, mais, ici encore, comme pour souligner sa volonté d’échapper aux schémas établis, le musicien va insérer, sous la forme d’un menuet, un épisode central d’une  gravité inattendue, tout nimbé d’une délicate poésie.

Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto no 9 en mi ♭ majeur K 271, I. Allegro, par Geza Anda (piano et direction) et la Camerata Academica du Mozarteum de Salzburg.

 

Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto no 9 en mi♭ majeur K 271, II. Andantino, par Clara Haskil et la Radio Symphony Orchestra Stuttgart, sous la direction de Carl Schuricht (23 mai 1952).

 

 

 

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bouquetin

Lundi 8 Janvier, 2018 11:58