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Les mélodies sentimentales de Jacques Offenbach par Mariam Sarkissian

Jacques Offenbach, Mélodies, Mariam Sarkissian (mezzo-soprano), Fanny Crouet (soprano), Daniel Propper (piano). Brillant Classics 2018 (95641).

Enregistré en avril 2016, Salle Aram Khatchatourian d'Erevan.

26 mars 2018, par Jean-Marc Warszawski ——

Née à Moscou, la mezzo-soprano Mariam Sarkissian est mise très jeune au piano, mais devient flûtiste. Fixée en France dès 1996, elle se tourne alors vers le chant, qu’elle étudie à l’École normale de musique de Paris et auprès de collègues aguerries telles Zara Dolukhanova ou Inva Mula. À partir de 2005, elle chante Mozart, Rossini, Bach, Pergolese, à l’opéra ou soliste en concert, et en 2012 tombe dans le monde d’Offenbach, elle est Oreste dans La Belle Hélène, au Théâtre du Capitole de Toulouse.

Elle enregistre également des récitals, dans des répertoires peu connus, voire encore jamais enregistrés : en 2011, deux petits opéras de Johann Sigismund Kusser (1660-1727), pour Hungaroton Classic, deux ans plus tard, des mélodies de Youry Chaporin (1887-1966) et de Georgy Sviridov sur des poèmes d’Alexander Blok (Suoni e Colori), en 2015, les cycles de mélodies françaises de César Cui (1835-1918) et de Piotr ilitch Tchaïkovski (1840-1893), pour Suoni e Colori, et pour Brillant Classics des mélodies de compositeurs arméniens, Romanos Melikian (1883-1935), Tigran Mansurian (1939-….), Artur Avanesov (1980-….), en 2017, elle participe à un cédé monographie consacrée à l’œuvre de Tigran Mansurian, en cette année revient à Jacques Offenbach.

Des œuvres peu connues de Jacques Offenbach ? Il a quarante ans quand le succès couronne son opiniâtreté, avec Orphée aux enfers en 1858. Il a fallu qu’il dirige son propre théâtre dès 1855, pour enfin faire jouer ses pièces lyriques déjantées, entre opérettes et revues musicales, voire spectacles féériques, aussi trépidants que fut la vie du compositeur, intrépide directeur de théâtre, composant à une vitesse étonnante ses spectacles, se relevant de la faillite par une tournée aux Amériques, et n’achevant pas son grand œuvre d’homme sérieux, Les contes d’Hoffmann.

Il est entré dans la musique par le violon, pour devenir un virtuose du violoncelle avec lequel il a mené une première carrière, ses quelques pièces lyriques étant des échecs publics. Il a même cherché à se faire ouvrir les portes en Autriche et en Allemagne. Il s’est donc produit en orchestre puis en soliste, et a composé de nombreuses œuvres pour son instrument, également beaucoup de mélodies, de la musique de chambre, liturgique, symphonique, autant de musique restée inédite, sommeillant dans les archives.  Sa renommée d’amuseur de génie aurait-elle dévalorisé le jugement porté sur ses qualités de compositeur – une personne sérieuse et profonde ? Ce serait bien à tort. Ses contemporains, à en croire la « Gazette et revue musicale » avaient remarqué l'expression profonde et vraie de ses romances chantées (16 avril 1843).

Voici donc une facette peu connue de Jacques Offenbach, dans des airs peu connus, même si ce cédé clôt le ban sur un duo bouffon, où l’humour fonctionne par le décalage entre les paroles improbables et le sérieux d’opéra de la musique. D’une manière générale on peut être attentif à ces mélodies de Jacques Offenbach, sensible au goût populaire, qui abondent certainement dans la voie de la belle tradition de la chanson française (avec un brassage d'influences, particulièrement habile chez Offenbach), qui se confirme par exemple avec un Paul Delmet, né au temps de ces fort belles mélodies composées entre 1838 et 1870.

La Croix de ma mère, plage 5 (extrait).

 

1. Jalousie ! Romance dramatique sur un poème d'A.Gourdin. Dédié à Mlle Léonie de Vaux (1839).

2. J’aime la rêverie, sur un poème de de Mme la Baronne Gay de V...

3. Sérénade du torero, sur un poème de Théophile Gautier (1849)

4. Jeanne la rousse, chanson rustique, sur un poème d'Arsène Houssaye (1864).

5. La Croix de ma mère, chansonnette sur un poème d'Armand Numa (1843).

6. Ronde tyrolienne, romance avec accompagnement de piano et hautbois, sur un poème de Charles Catelin (1838).

7. Rends-moi mon âme ! Romance dramatique, sur un poème de Jean Reboul (1843).

8. L’Étoile, sur un poème d'Émile Chevalet.

9. Wenn ich ein muntres Vöglein wär.

10. Was Fliesset auf dem Felde (1853).

11. Bleib' bei mir, sur un poème d'Otto Inkermann (Sternau), 1840. Voir Franz Abt (1819-1885).

12. Doux ménestrel, romance sur un poème de de C. Saudeur,

13. Dors mon enfant, mélodie sur un poème Dors mon enfant, mélodie d'Armand Numa.

14. Meunière et fermière, Duo bouffe pour deux sopranos (1846)

 

 

Jean-Marc Warszawski
26 mars 2018

 

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Lundi 26 Mars, 2018 3:33