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Jazz et grands peintres : Unitrio « Picasso » et Matteo Pastorino « Suite for Modigliani », deux voyages parmi les images

Picasso (Argentieri, Boery, Tissot), Fresh Sound New Talent 2017 (FSNT-534)

Enregistré au Studio Mesa, Soignolles-en-Brie, 13-15 janvier 2017.

2 décembre 2017, par Alain Lambert ——

Deux sorties en synchronicité au mois de novembre autour de l'univers pictural, l'un consacré à Modigliani chez Challenge Records. Et l'autre à Picasso, chez Fresh Sound New Talent, de qui les musiciens d'Unitrio rappellent l'influence sur  le jazz, à commencer par la marque « Pablo Records » du producteur Norman Granz, créée en 1973 à sa mort , le « Picasso » de Coleman Hawkins, période blues au saxophone seul en 1948, et la «  Picasso Suite», période free de David Murray en octet en 1993.

Un trio franco-suisse formé en 2004 et composé de Damien Argentieri à l'orgue Hammond, Frederic Borey au sax ténor, que nous avons déjà écouté ici [voir notre chronique], Alain Tissot à la batterie. Et tous compositeurs. Sur le même tableau en trois moments pour Buste de femme et Femmes d'Alger d'après Delacroix. Et chacun le sien, La nouvelle ronde de la jeunesse pour le batteur, L'Acrobate pour le saxophoniste et Massacre en Corée pour l'organiste. Les œuvres sont bien sûr reproduites, en couleurs, dans le livret accompagnant le cédé.

La première suite, tout en ondulations dans les deux premiers mouvements, avec une batterie pimpante et un orgue sinueux, y revient, après l'intro au sax rêveur et sensuel. Pour l'ode à la jeunesse, on croirait une ambiance de limonaire un peu décalée, quand les vents se fondent et les tambours rebondissent. L'Acrobate débute par quelques roulades percussives mais sans arriver à vraiment se redresser tant il semble  désarticulé et essoufflé. La suite dédiée aux femmes d'Alger prend le temps de la ballade pour le ténor, que l'orgue s'affole ou chuchote ou chantonne, sur fond de peaux effleurées ou martelées. Une comptine un peu énervée clôt l'ensemble en mémoire d'un massacre en Corée au milieu du xxe siècle. Un beau trio, uni et complice, qui joue de l'équilibre des sons et des timbres comme d'autres jouent de l'équilibre des formes et des teintes.

 

 

Matteo Pastorinon, Suite for Modigliani, Matteo Pastorinon Gilad Hekselman, Matthieu Roffé, Damien Varaillon, Jean Baptiste Pinet. Challenge Records 2017 (CR 73448).

Enregistré les 4-5 novembre 2016, Studio Erwan Boulay à Antony.

Pour le second cédé, un quatuor franco-italien, Matteo Pastorino aux clarinettes et compositions, Damien Varaillon à la contrebasse, Jean Baptiste Pinet à la batterie et Mathieu Roffé au piano, écouté plusieurs fois sur le site entre jazz trio avec Damien Varaillon [voir notre chronique] et duo classique [voir notre chronique]. Avec aussi sur quatre titre le polonais Gilad Hekselman à la guitare. Six compositions, inspirées et retitrées à partir de six portraits peints par Amadeo Modigliani entre 1908 et 1918 et tous représentés dans le livret. Plus une, Le pliage de Muira, une pièce du pianiste qui joue sur la répétition et le décalage rythmique entre piano et clarinette avant de céder la place à la contrebasse.

Anima d'abord, illustrée par La femme aux yeux bleus, est animée avec passion par la guitare, le piano puis la clarinette basse. Mama, inspiré du Buste rouge, est plus brute, en écho aux arts primitifs. Fall Mood, à partir du portrait de Paul Guillaume, chante Paris en automne. Muse, comme le fut pour le peintre Jeanne Hebuterne renvoie à l'adoration tourmentée, avec une longue introduction solo du leader. Rue Delta nous emmène à Montmartre dans l'atelier collectif créé et animé par le mécène Paul Alexandre, avec un superbe envol de clarinette. Les deux derniers thèmes, Partenze 1et 2, illustrés par La Juive, nous emportent vers le sud de la France, vers la mort de l'artiste et de sa femme suicidée le lendemain. Triple départ donc avec la clarinette basse presque caverneuse doublée par la guitare revenue, et par les éclats de batterie.  « Le bonheur est un ange au visage grave », écrivait le peintre des longues figures à Paul Alexandre en 1913.

Un bel hommage musical et un bel ensemble à écouter en live le 7 décembre au Sunside à Paris, avec en invité le guitariste Federico Casagrande.

 

Alain Lambert
2 décembre 2017

 

Alain Lambert : alain@musicologie.org Jazz et classique [ter] : Olivier Calmel « Immatériel », Samuel Strouk « Silent Walk », les musiciens compositeursWakenius « Father and son » et Víkingur Ólafsson « Philip Glass Piano Works » : deux échos musicaux des Boréales Caen James Carter's Elektrik Outlet. La surprise (de courant) !Clément Carpentier, Elsa Frank, Stéphane Tomby, Jérémie Passaglio, Thierry Mader : La Rose des vents, un beau voyage musical à Venise au XVIIePlus sur Alain Lambert, tous ses articles.

 

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Samedi 2 Décembre, 2017 23:03