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Jazz et classique [ter] : Olivier Calmel « Immatériel », Samuel Strouk « Silent Walk », les musiciens compositeurs

Olivier Calmel, Double celli, Immatériel, Olivier Calmel (piano)Johan Renard (violon), Frédéric Aymar (alto), Xavier Philipps (violoncelle), Clément Petit (violoncelle), Antoine Bainville (batterie). Klarthe 2017

29 novembre 2017, par Alain Lambert ——

Suite donc de notre exploration des cédés parus en 2017 associant jazz et musique classique. Après Dieter Ilg autour de Bach, Hervé Sellin autour de Schumann et Frank Woeste autour de Ravel [voir notre chronique] ou  le répertoire croisé du trio Besson, Ferlet, Kerecki [voir notre chronique], voici deux disques de compositeurs de musique dite « savante », mais aussi musiciens de jazz .

Commençons par « Immatériel» avec sa formation insolite « double celli », où Olivier Calmel au piano et aux compositions, est accompagné de Johan Renard au violon, Frédéric Eymard à l'alto, Xavier Phillips et Clément Petit au violoncelle et Antoine Banville à la batterie et percussions. Compositeur reconnu et joué, il est aussi pianiste de jazz au sein du Olivier Calmel 4tet, un alto associé à la section rythmique piano basse batterie, avec deux cédés enregistrés, Mafate et Empreintes. Une instrumentation peu courante avec laquelle il a commencé à croiser les traditions, celle de l'écriture et celle de l'improvisation, prolongeant les recherches d'André Hodeir sur l'improvisation écrite.

Dans ce nouveau quintette à cordes augmenté d'une batterie, la frontière entre les deux traditions semble incertaine et mouvante au cours de cette longue suite où les instruments se détachent à tour de rôle de l'ensemble orchestral sculptant la matière sonore. Le violoncelle dès l'ouverture, Au lever, puis dans La générosité n'attends pas ou dans Immatériel, le violon dans Le hongrois déraille ou le Prélude avant dernier, le piano dans Épistrophe ou dans Submergés. Quant aux percussions, elles surgissent à l'improviste et s'imposent quand le mouvement s'emballe, entraînant les cordes ou le piano dans la sarabande et dans l'improvisation. Le batteur est lui-même l'auteur du dixième moment Pour El Ho, stimulant les autres avant de se donner libre cours un instant. Le violoniste est aussi l'auteur d'un intermède plein d'archets, Cordes tutti. Un superbe jazz de chambre intrigant et passionnant.

À écouter en live le 9 décembre au Café de la Danse à Paris.

 

Samuel Strouk, Silent Walk, Samuel Strouk (guitare), François Salque (violoncelle), Vincent Peirani (accordéon), Florent Pujuila (clarinette), Diego Imbert (contrebasse), Fo Feo Productions 2017.

Samuel Stronk est guitariste et compositeur, auteur d'un double concerto pour violoncelle, accordéon et orchestre ou d'un quatuor pour cordes et guitare, entre autres compositions soit classiques, soit jazz ou musique du monde dans la tradition initiée par Astor Piazzola. Avec « Silent Walk », son premier cédé paru en octobre chez Fofeoprod, l'instrumentation est presque aussi inhabituelle. À la guitare s'ajoute le violoncelle de François Salque, l'accordéon de Vincent Peirani (les deux interprètes du double concerto à écouter sur YouTube), les clarinettes de Florent Pujuila et la contrebasse de Diego Imbert.

L'univers musical est ici plus songeur, peut-être à cause de l'absence de batterie et du jeu d'accordéon souvent en halo plus qu'en jaillissement musette. La contrebasse, le violoncelle et la clarinette, souvent basse elle aussi, ajoutent à la gravité classique et planante impulsée par les arpèges de guitare. Une sorte de suite ici encore, où les morceaux se suivent et se répondent mais en combinant autrement la matière instrumentale et les improvisations au milieu des paysages proposés. Lands, Remember In, Grey Street, Green B, Zone Out, Sister, Dawn Of Silence.  Le long thème central attribue le vert à la note « si » (« B » en anglais), comme dans Voyelles de Rimbaud. Et le vert serait la réunion du bleu associé au jazz et du jaune associé au classique, pour mieux illustrer notre propos, même si ce morceau est le plus improvisé, et par chacun des instruments. Zone Out, le suivant détonne par son énergie électrique, avant le retour vers la mélancolie sereine. Le final, d'abord très classique, où la clarinette dissonante introduit une autre ambiance, et le violoncelle un autre rythme, jusqu'au  retour brutal au  silence. Un beau disque de jazz de chambre, aussi, pour se laisser emporter au-delà du silence.

 

Alain Lambert
28 novembre 2017

 

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Mercredi 29 Novembre, 2017 14:08