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Die Winterreise de Schubert en version Nahuel di Pierro et Alphonse Cemin

Schubert, Die Winterreise, Nahuel Di Pierro (basse), Alphonse Cemin (piano). « Théâtre de l'Athénée live », B-Records 2017 (LBM 008).

Enregistré en récital le 11 mai 2015 au Théatre de l'Athénée - Louis Jouvet à Paris.

25 juin 2017, par Jean-Marc Warszawski ——

Depuis sa formation et ses débuts au Teatro Colón de Buenos Aires, Nahuel Di Pierro fait résonner les salles d'opéras français et européens de sa voix de basse. Les théâtres nationaux français, Covent Garden à Londres, Zürich, Genève, le célèbre festival de Glyndebourne, Edinburgh, le Deutsh Oper à Berlin, Baden-Baden, le Nederlandse Opéra à Amsterdam, Vienne, bien sûr Buenos Aires. Il chante Leporello ou Masetto (Don Giovanni), Colline (La Bohème),  Assur (Seminaride), Osmin (Die Entführund aus dem Serail), Seneca (L'Incoronazione du Poppea). Il est très apprécié en France dans les messes en concert et oratorios, au sein d'ensembles tels l'orchestre national de France, L'ensemble Matheus, le Concert d'Astrée, sous la direction de Kurt Masur, James Colon, Daniele Gatti, Ricardo Mutti, John Eliot Gardiner, Jean-Christophe Spinosi, Emmanuelle Haïm...

Alphonse Cemin, 31 ans, flûtiste, pianiste, chef d'orchestre, chef de chant, particulièrement attiré par l'accompagnement de la mélodie et du Lied, qu'il a travaillé au Conservatoire national supérieur de Paris avec notamment Helmut Deutsch et Jeff Cohen, et qu'il a mis en pratique au côté, entre autres, de Julie Fuchs, Damien Pass, Marianne Crebassa, Kate Lindsey, Élise Chauvin, Karine Deshayes, Inva Mula, Hahuel Di Pierro, ce qui tombe bien. Fondateur de l'ensemble instrumental Le Balcon, Alphonse Cemin est depuis 2014, directeur musical  des « Lundis musicaux » du Théâtre de l'Athénée, ce qui tombe encore mieux.

C'est dans ce cadre qu'ils ont enregistré, le 11 mai 2017, Die Winterreise, célèbre cycle de 24 Lieder de Franz Schubert, chez B-Record, jeune label qui ne jure que par des enregistrements publics, et aux belles pochettes originales.

Que dire ? Le mélomane a en général ce cycle, sur les poèmes de Wilhelm Müller, autant dans l'oreille que dans la peau, qu'il associe aux incroyables chefs-d'œuvre que Franz Schubert composa à la toute fin de sa vie (que des chefs-d'œuvre), dans les souffrances de la syphilis.

Il identifie l'histoire de l'amant éconduit voyageant dans l'hiver et vers la mort glacée des poèmes, à son propre voyage vers la mort.

Avec les grands moments comme Der Lindenbaum (5), Le tilleul, l'adieu à l'arbre refuge où tant de mots d'amour ont été gravés.

Wasserflut, Inondation (6), quand ce sera le dégel, les larmes versées dans la neige qui fond vont rejoindre le fleuve auquel le voyageur s'adresse : quand tu sentiras mes larmes brûler, tu seras devant  la maison de ma bien-aimée.

Auf dem Flusse, Sur le fleuve (7), Le fleuve est pétrifié, comme mort étendu sur le sable. Le voyageur y grave le nom de sa bien-aimée.

Die Krähe, La corneille (15), qui vole au-dessus du voyageur et guette sa mort prochaine : Corneille, montre-moi enfin ce qu'est la fidélité jusqu'au tombeau !

Der Leierman (24), Le joueur de vielle, la saisissante fin du cycle expressionniste avant l'heure. Le pauvre joueur de vielle en guenilles, pieds nus dans la glace, que personne n'écoute, pourchassé par les chiens :

Advienne que pourra, il joue, et sa vielle jamais ne se tait.
Étrange vieillard, dois-je aller avec toi ?
Voudrais-tu faire tourner ta vielle pour mes chants ?

La musique de ce cédé est simplement belle et habitée. Que dire de plus ?  

Question placement des micros, peut-être un peu moins de présence du piano qui semble parfois plus proche en avant-scène que la voix, ce qui aplatit quelque peu tout le son sur le devant, alors qu'un peu de profondeur scénique aurait renforcé et le sentiment dramatique et le concept d'enregistrement public. C'est une impression. À vous de dire, si vous n'avez pas la gorge trop nouée.

 

        1. Gute Nacht
        2. Die Wetterfahne
        3. Gefrorene Tränen
        4. Erstarrung
        5. Der Lindenbaum
        6. Wasserflut
        7. Auf dem Flusse
        8. Rückblick
        9. Irrlicht
        10. Rast
        11. Frühlingstraum
        12. Einsamkeit
        13. Die Post
        14. Der greise Kopf
        15. Die Krähe
        16. Letzte Hoffnung
        17. Im Dorfe
        18. Der stürmische Morgen
        19. Täuschung
        20. Der Wegweiser
        21. Das Wirtshaus
        22. Mut
        23. Die Nebensonnen
        24. Der Leiermann

 

Jean-Marc Warszawski
25 juin 2017

 

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Lundi 26 Juin, 2017 3:01