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Un jeudi somptueux à « Jazz sous les pommiers », 34e du nom

 

Coutances le 14 mai 2015, par Alain Lambert ——

Même si cette année l'affiche se la joue renversée façon « sous les pommiers la plage », pardon « Pommiers sous les jazz » avec ses vaches normandes toutes retournées, la journée, d'abord pluvieuse, a retrouvé le soleil de toute la semaine ou presque. Les festivaliers (75 000 en tout, dont une petite moitié pour les spectacles gratuits et la scène amateurs) ont remplis totalement les ¾ de la soixantaine de concerts...). Un bon cru donc, avec toutes sortes d'expériences musicales,  des stars anciennes, dont une un peu boudeuse, ou à venir, des violons barbares, des musiciens régionaux (Bibendum [voir notre chronique] ...), un orchestre symphonique mêlé à un groupe funky...

Et, pour confirmer le dicton sur l'exception qui fait la règle, un contrebassiste absent pour cause d'index malade. D'ailleurs Henri Texier, habitué des lieux, a lu un message enregistré à son public pour s'en excuser et promettre de revenir l'an prochain. Dommage ! J'étais venu ce jeudi en partie pour son quintette en création, mais le quartette soyeux de Louis Sclavis l'a remplacé avec doigtés.

Plus tôt, salle Marcel Hélie, Omar Soza, le dégingandé cubain, avec Paolo Fresu, en première partie, venu de Sardaigne, et entendu à Caen il y a à peine un mois [voir notre chronique] : un duo intense, un jeu de notes  rebondissantes, sans parfois reprendre sa respiration, sur le principe du souffle continu, quand le bugle tient tout le temps du solo du pianiste. Un bel équilibre aussi entre les sons électriques et acoustiques, entre les rythmes dansants et les autres plus déjantés. Mais toujours une belle musicalité, joyeuse ou grave, planante ou bousculée. Omar Soza pianote un programme et les deux musiciens s'éclipsent pendant qu'une petite séquence de synthés se déploie dans la pénombre bleutée, le temps que les techniciens réinstallent le plateau pour le quartette cubain.

Un grand bassiste slappeur et incantateur, Childo Thomas, un sax, flûtiste et crooner, Leandro St Hill,  qui fait tchatchatchater la salle d'un seule voix, un batteur survolté, Ernesto Simpson, que Soza toujours rigolard (quand on est juste au dessus de la scène), avec ses grandes lunettes à la Miles,  entraîne sur toutes sortes de voix, tout en revenant régulièrement aux rythmes cubains.  On s'y croirait. (ils seront de nouveau dans la région au festival Mosaïques du Havre le 15 juillet, dans les magnifiques jardins suspendus...). Mais les deux heures sont déjà passées, et il faut quitter le quintette final, avec le trompettiste venu en rappel, pour rejoindre le théâtre, en traversant la place des cuisines du monde.

Le quartette du vibraphoniste Pascal Shumacher, du Luxembourg, un jazz fusion plutôt nordique, entre E.S.T et Ronin [voir notre chronique], où le mélodique et l'énergique tendent au point de fusion. Avec des thèmes inspirés, écrits en résidence au Japon. Et avec le respect de notre écoute (ce qui n'était pas le cas du précédent concert, trop fort d'après ma voisine) comme chez Soza, un jeu subtil entre tradition et innovation, entre binaire et swing. Un batteur étonnant, Jens Duppe, un bassiste pulsif, Pol Belardi,  un clavier lyrique, Franz Von Chossy, et un vibra très rythmique, avec des sons parfois électrifiés, pour un ensemble qui sonne parfaitement.

Le final est français, avec une musique facile et ardue à la fois, très écrite et très improvisée, sans bassiste ni contrebassiste, mais un percu virtuose, Keyvan Chemirani, Gilles Coronado à la guitare au son bien à lui, Benjamin Moussay aux claviers et Louis Sclavis, le Lyonnais, qui remonte des ateliers des canuts vers la route de la soie... Il avait déjà évoqué la Chine il y a longtemps, et le revoilà parti dans cette direction avec son Silk 4tet

Et pour ces deux concerts, l'artiste en résidence et trompettiste Airelle Besson s'est glissée dans chacun des groupes, le temps d'un ou deux morceaux, s'appropriant pleinement l'univers sonore de chacun. Bravo !

Un voyage passionnant pour clore, pour moi en tout cas, cette rencontre musicale aux quatre coins du monde, qui continue plus tard avec Lisa Simone ou David Krakauer, avant de se terminer par les caennais du Hand Five Quintet [voir notre chronique].

Et l'an prochain, le Sky Dancers 5tet de Henri Texier sera présent, il l'a promis.

plume Alain Lambert
14 mai 2015

 

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Dimanche 17 Mai, 2015 18:34

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