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Smetana – Kodály – Dvořák par  l'Orchestre de Caen  au Grand Auditorium du Conservatoire

 

12 novembre 2013, par Alain Lambert —

Un beau programme pour l'Orchestre de Caen, bohémien ou presque, ce mardi soir avec une soixantaine de musiciens sous la baguette de Jean Louis Basset.

Jean-Louis BassetJean-Louis basset

D'abord une « Veltava » mélodieuse et tumultueuse (la Moldau est le nom allemand donné à la rivière par les envahisseurs autrichiens) depuis sa double source (flûte et clarinette) jusqu'à sa fusion avec l'Elbe. Un poème symphonique superbe. Bedřich Smetana y transforme l'orchestre en paysage sonore d'où les thèmes surgissent, se répercutent, s'amplifient ou s'apaisent. Seule la coda ponctuante semble de trop, deux gros points d'exclamation tonitruants, qui nous réveillent de notre songerie voyageuse !! Bien sûr il faut applaudir l'orchestre, et le moment est venu, mais trois points de suspension auraient suffi...

Les « Danses de Galanta » de Zoltán Kodály sont sans doute moins connues, et c'est dommage, car là aussi l'invitation au voyage est réussie. On se retrouve dans son village natal de l'actuelle Slovaquie où les thèmes populaires et les musiques tziganes se mêlent dans un tourbillon contrasté dans lequel les instruments solistes, particulièrement la clarinette, dialoguent avec l'orchestre endiablé.

Qui a bien gagné la pause de l'entracte.

Orchestre de CaenOrchestre de Caen

Pour la suite du périple, Anton Dvořák nous transporte dans le Nouveau Monde, avec sa 9e symphonie qu'il y a écrite lors de son séjour américain. Il y a découvert les légendes indiennes, les spirituals noirs, en particulier grâce à l'un de ses élèves, et retrouvé aussi toutes les musiques populaires d'Europe. Sa symphonie s'est inspirée, les recréant sans les copier, de toutes ces traditions, les imbriquant, les révélant, les répétant sur le principe du Leitmotiv, dont ici la magie est entière. Une danse slave, peut-être, évoquée au troisième mouvement, redevient plus loin une danse du Far West, dont de nombreux musiciens de western se souviendront plus tard de l'orchestration. Une mélopée indienne, un spiritual, une ballade écossaise encore. Toute l'Amérique est présente, et possible dans ce magnifique poème musical, et la fin du voyage, après la dernière envolée des instruments fanfarons, se fait en douceur, aux contrebasses, sans points d'exclamation, pour ne pas interrompre brutalement notre rêverie.

Le chef est en nage, d'avoir entraîné si loin ses musiciens. Mais ce fut un bien beau voyage. Merci à lui et à eux.

Le prochain concert de l'Orchestre de Caen aura lieu le mardi 26 novembre à 20 heures au Conservatoire avec des œuvres de Beethoven, Kummel, Bellini et Mozart. Jean Michel Douillard sera au hautbois et Vohan Mardirossian à la direction. Le dimanche 24, à petit prix, un mini-concert pour toute la famille à 16 h et 17 h 30 présentera les deux dernières œuvres du grand concert.

Plus d'infos sur le site de l'Orchestre de Caen.

 

plume Alain Lambert
12 novembre 2013

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