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Sérinelle, opéra de Marc Colson et Yves Rouil

Sérinelle

Marc Colson et Yves Rouil, Sérinelle, opéra en deux actes. Petit Label 2013 (plblanc 007).

 

28 novembre 2013, par Alain Lambert ——

J'ai composé des petites femmes qui tournent parmi les parfums et les sons... Non-sériel, non-acousmatique, non-mixte et un peu tout cela à la fois, Sérinelle est un opéra de samples orchestrés par des notes et réciproquement... Sérinelle est une sensation d'opéra.

Voilà ce que dit Marc Colson de son travail de composition et d'écriture dans ces extraits du texte de pochette. Il suffit ensuite de traduire la première phrase pour obtenir « des petites formes qui tournent parmi les mots et les sons », et l'on s'approche d'une définition possible.

Car des formes musicales, beaucoup sont reprises au cours des deux actes et six scènes : Intermezzo, Ouverture(s), Passepied-Bourrigodon, Écossaise, Thème-variations, Scherzo, Final(s).

Des hommages aussi : Boulez, Webern et Stravinsky en musique, Seurat et Guy Colson en peinture. Freud aussi pour le dernier final de cet opéra électroacoustique. Les mots ne sont pas vraiment chantés mais dits dans des interludes plus ou moins théâtralisés, ou repris, intégrés (La Femme-Trompette, La Gestalt) dans la matière musicale qui mixe les sons acoustiques et synthétiques, numérisés ou samplés, joués ensuite au fil des notes des claviers et autres machines. Ce qui n'est pas sans rappeler les différents groupes de recherche en musique contemporaine des années soixante et soixante-dix, autre forme d'hommage aussi sans doute.

Composé par Marc Colson et Yves Rouil, cet immense collage sonore frôle les territoires de l'inconscient (Le vouvoiement définitif). Sérinelle, sérénade, série d'elle,  le mot valise est permis en vertu du bourrigodon et du travail de condensation des mots ou des rêves décrit par Freud, étendu ici  aux sons et aux notes.

Les trois textes du 1er acte, dits par des voix féminines, viennent visiblement d'observations faîtes de la table d'un café, dans un rapport à la fois fasciné et distancié aux femmes. Mais le texte du « gros » annonce la suite, le 2e acte (La bonne santé inquiétante, Le vouvoiement définitif), peut être une tentative de description de ce rapport distancié.

En tout cas, un travail très riche et très complexe, avec ces deux actes en noir et blanc, où les mots et les sons tournoient dans un maelström un peu vertigineux. À écouter en fermant les yeux, conseil de Wagner en personne à la fin du texte de pochette.

Voir le site du Petit Label pour lire ce texte, écouter (bientôt) des extraits et découvrir la distribution.

 

plume Alain Lambert

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ISSN 2269-9910

Références / musicologie.org 2013

Saturday 30 November, 2013 15:27

 

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