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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : Un parcours découverte

 

Les sonates pour clavecin et violon de Johann Sebastian Bach

Sous cette stricte appellation, où on notera que le clavecin tient la première place, se cachent les six sonates BWV 1014 à 1019 que Bach écrivit au cours des belles années passées au service du prince Léopold de Coethen.

A l'exception de la sixième et dernière qui, du moins dans la forme où Bach nous l'a laissée après révisions, se présente dans une structure en cinq mouvements (le troisième étant en fait un solo de clavecin), ces sonates « sont construites selon le schéma de la sonate d'église […] de type corellien, avec son alternance de quatre mouvements lent-vif-lent-vif.  Bach réussit la synthèse entre les diverses influences qu'il avait subies dans ses années d'apprentissage, puis à Weimar et à Coethen. Il mêle le contrepoint sévère que lui avaient appris les musiciens d'Allemagne du Nord et la mélodie souple et pure qu'il avait découverte chez Corelli, pour créer une polyphonie chantante. »100

La vraie singularité de ces œuvres  –— et ceci nous renvoie au titre que Bach leur a donné — est en fait ailleurs : ce sont , dans une large mesure, des sonates en trio pour deux instrumentistes où les deux mains du claveciniste conduisent deux lignes distinctes, la droite dialoguant avec le violon alors que la gauche dessine la basse. Ce faisant, le musicien n'a pas fondamentalement innové, mais, une fois de plus, il a utilisé la formule avec un bonheur jamais atteint avant lui, ce qui fait regretter que ces six sonates, pourtant riches en contrastes et en inventivité, ne bénéficient que d'un empressement modeste de la part des interprètes, du moins en dehors des trois premières. Un phénomène qu'il faut peut-être relier aux délicats problèmes d'équilibre qu'elles imposent de résoudre entre les deux instrumentistes.

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Sonate en la majeur BWV 1015,
par Veronika Schreiber-Kadlubkiewicz et Juliette Ciesla

 


Sonate en sol majeur BWV 1019,
par Pablo Valetti & Céline Frisch

Parfois évoquées sous le vocable voisin de Sonates pour violon et clavecin, quelques autres sonates (ou suites) apparaîssent au catalogue sous les numéros BWV 1021 à 1025. Deux seulement — la première en sol majeur et la troisième en mi mineur — seraient effectivement de Bach, et il s'agit de sonates pour violon et basse continue, un genre qui n'a pas passionné le compositeur. K. Geiringer le souligne, et cela s'entend, même s'il faut reconnaître à ces pages un vrai pouvoir de séduction, voire plus dans le cas des deux premiers mouvements de la BWV 1023.

Notes

100.  De Place Adelaïde, dans Françoi-René Tranchefort (dir.), « Guide de la Musique de chambre », Fayard, 1998, p. p. 26.

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ISSN2269-9910

Références / musicologie.org 2013

Lundi 16 Juin, 2014 15:58

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