Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : Un parcours découverte

 

 

 

Les pièces pour luth de Johann Sebastian Bach

Par Michel Rusquet —

À divers moments de son existence et jusque dans ses années leipzigeoises, Bach s'est intéressé à cet instrument qui, il est vrai, était encore très prisé sur les terres germaniques. Il nous en reste un total de sept partitions qui se partagent entre pièces originales et transcriptions et méritent toutes une réelle considération.

S'agissant des pièces originales, les spécialistes y relèvent des traits d'écriture qui en feraient des œuvres conçues au moins autant pour le clavier que pour le luth. C'est en particulier le cas de la suite en mi mineur BWV 996, une œuvre qui est en effet volontiers adoptée par les clavecinistes au motif qu'elle pourrait bien avoir été écrite pour le Lautenwerk, cet instrument hybride entre le luth et le clavecin dont on sait que Bach  possédait au moins un exemplaire. Ce pourrait être aussi le cas de la belle partita (ou suite) en ut mineur BWV 997 dont une copie de l'époque la présente avec une écriture répartie sur deux portées. L'hypothèse est encore plus de mise pour le Prélude, Fugue et Allegro en mi bémol majeur BWV 998, une œuvre tardive dont le titre même semble indiquer la double destination. Quant au bref mais fort célèbre prélude en ut mineur BWV 999, on a vu qu'il a été par la suite purement et simplement intégré aux petits préludes pour clavier écrits pour le jeune Wilhelm Friedmann.

Les trois autres œuvres, qui sont des transcriptions ou adaptations que Bach réalisa de quelques-unes de ses propres œuvres, ne soulèvent évidemment pas ce type d'interrogations. La suite en sol mineur BWV 995 est une adaptation de la cinquième suite pour violoncelle seul BWV 1011; la fugue en sol mineur BWV 1000 est la transcription de la fugue de la sonate pour violon seul BWV 1001 ; et la magnifique partita (ou suite) en mi majeur BWV 1006a, qui fait à juste titre les délices des grands guitaristes et de leurs auditeurs, tout spécialement grâce à son somptueux prélude, n'est autre que la transcription — très tardive — de la Partita pour violon seul BWV 1006.


Partita (ou Suite) en ut mineur BWV 997 (I. Prélude), par Stephan Schmidt, guitare à 10 cordes.


Prélude, Fugue et Allegro en mibémol majeur BWV 998 (II. Fugue), par Robert Hill, Lautenwerk.


Fugue en sol mineur BWV 1000, par Andreas Martin, luth.


Partita (ou suite) en mi majeur BWV 1006a (I. Prélude), par Yasunori Imamura, luth.

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ISSN2269-9910

Références / musicologie.org 2014

Samedi 14 Juin, 2014 15:45

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