S'abonner au bulletin

 

Quatre normands et un norvégien :
Verona invite Tore Johansen
aux Boréales de Caen

28 novembre 2012

Par Alain Lambert.

Les boréales en Basse-Normandie, c'est le festival des cultures du nord, en novembre depuis 21 ans, proposé par le Centre régional des lettres de Caen. De la littérature et du polar nordique (24h à la Bibli et au cinéma Café des Images d'Hérouville), et aussi des expos et des concerts rock, pop, folk, électro.

 

Du jazz bien sûr, avec Manu Katche et Nils Petter Molvaer ou le quartet du suédois Jonas Kullhammar la semaine passée.

 

Et ce jeudi, la rencontre entre les quatre Normands de Verona : François Chesnel au piano, Remy Garçon aux saxophones soprano et baryton, Bernard Cochin à la contrebasse, Ariel Mamane à la batterie. Et Tore Johansen, trompettiste venu de Bod, dans le nord de la Norvège.

 

Une belle nuit boréale au café du théâtre de Caen qui concluait une tournée de quatre concerts dans la Manche et le Calvados, après une résidence au théâtre de Cherbourg.

 

Au programme, une alternance de compositions du trompettiste (le premier morceau titre aussi de son dernier album, Double Rainbow ; Elegy, Open minds...) ou du pianiste (Berlin, Sète, La septième reine, Flood...) mais aussi du saxophoniste (Cherbourg peninsula). Sans oublier la très belle reprise de Words de Neil Young.

 

Une musique en apparence mélancolique et apaisée, comme Elegy, avec son très beau prélude au piano, prolongé par la trompette venue du nord. Qui sait aussi se faire chaleureuse, et dialoguer avec les deux sax, grondeurs ou éthérés, métalliques ou grinçants, comme dans la très belle progression harmonique et rythmique en fin de premier set. À quoi il faut ajouter un jeu de batterie très coloré, percussif, et tout en retenue, c'est-à-dire presque en déséquilibre. Quant à la contrebasse ronde et pleine, elle contient les autres instruments prêts à tous les excès. Certains thèmes, comme Berlin, oscillent entre la répétition autiste et l'implosion inévitable, en témoigne le tsunami pianistique de Flood (l'inondation).

 

Et la plus douce des ballades cache des tensions et des lancinances étouffées à la limite de la folie, au final un brin exaspéré.

 

Pas le public, nombreux, assis ou debout, et captivé par la musique au point, en seconde partie, d'oublier les traditionnels applaudissements à chaque solo pour se laisser emporter, attendant l'écho du dernier battement, du dernier accord, du dernier souffle ou de la dernière note avant d'applaudir chaleureusement.

 

Le concert enregistré à Cherbourg devrait devenir un disque bientôt. Il est attendu avec impatience.

 

Le premier Verona,La solitude du roi, est encore disponible sur le très beau site du petit label, label indépendant de Caen qui va bientôt fêter ses dix ans et dépasser les soixante albums produits, d'ici et d'ailleurs.

 

Alain Lambert

À propos      S'abonner au bulletin   Liste musicologie.org   Collaborations éditoriales    

rectangle


Références / musicologie.org 2012

 

musicologie.org

30 novembre 2012

Les articles
d'Alain Lambert

 

 

 

rectangle

rectangle

rectangle