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  Paraphrases d'opéras
par Ryoko Yano et Théo Fouchenneret
Dijon, Grand Théâtre (17 décembre 2011)

Par Eusebius

 

Une Traviata pour les fêtes introduite par ce récital violon et piano, voilà une heureuse initiative.

Par-delà les scènes qui diffusaient opéra, opéras-comiques et opérettes, le principal vecteur de la diffusion du théâtre lyrique au xixe siècle était l'édition musicale. Un ouvrage sitôt créé, son éditeur publiait transcriptions, paraphrases et variations sur tel ou tel motif, composés par les musiciens attachés à sa maison. Notre génération ignore, ou dédaigne, l'essentiel de cette énorme et inégale production. Musiques pour piano, pour violon et piano, pour deux violons et bien d'autres formations, c'était le fonds de commerce des éditeurs, et le régal des virtuoses comme des amateurs.

Ryoko Yano
Ryoko Yano 

Singulière la pièce de Marc-Olivier Dupin qui introduisait le programme. Ces Variations sur La Traviata, s'inscrivent dans sa production d'agréables pastiches insignifiants. Tout juste bons pour les matinées d'une station thermale, même si les qualités techniques et expressives de la violoniste sont mises en valeur. Mais n'est-ce pas le minimum ?

Changement de registre avec la Paraphrase de Rigoletto de Liszt :  l'accompagnateur efficace allait-il se montrer à la hauteur de cette pièce de bravoure ? Tout est là, ou presque. Manque ce brin d'extraversion pour que ce soit parfait. Le Miserere du Trouvère, joué en seconde partie, est de la même eau. Gageons qu'avec l'âge, Théo Fouchenneret, dont la technique est exemplaire, atteindra d'autres sommets. Il a déjà l'étoffe des grands.

Heinrich Wilhelm Ernst est – hélas – tombé dans l'oubli. Elève de Paganini, ayant beaucoup écrit pour son instrument, il joua Harold en Italie sous la direction de Berlioz. Sa Fantaisie brillante sur la marche et la romance d'Otello, de Rossini, est une merveilleuse surprise. Raffinée, extrêmement virtuose, sans jamais sombrer dans la prétention ni dans une sentimentalité douceâtre, elle donne envie de découvrir ses autres œuvres, se rattachant au même genre.

La production de Bazzini ne s'est pas limitée à la Ronde des lutins, bis incontournable de tous les grands violonistes, sa Fantaisie sur des motifs de La Traviata s'inscrit dans ces pièces de genre, d'une écriture très soignée et toujours virtuose, bienvenue dans un tel programme. Ne fut-il pas un des maîtres de Mascagni et de Puccini ? Et la comparaison des Variations de M.O. Dupin à cette Fantaisie ne plaide pas en faveur du premier !

Enfin, couronnement de ce récital, l'Introduction et variations sur « I tanti palpiti » de Paganini d'après le Tancrède de Rossini, pièce réservée aux plus grands virtuoses, tant son exécution requiert une technique prodigieuse. Avec une parfaite aisance, et un bonheur de jouer manifestes, Ryoko Yano confirme sa grande classe dans ce feu d'artifice conclusif. On aimerait l'écouter dans d'autres répertoires (le disque nous le permet, heureusement).

Une aubaine que d'avoir pu apprécier quelques pièces rares, pour ne pas écrire redécouvertes, et surtout cette admirable violoniste, aux qualités stupéfiantes. Un répertoire à défricher et une grande artiste à suivre.

Eusebius
(18 décembre 2011)


Références / musicologie.org 2011

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