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New Gary Burton Quartet à Jazz Sous les Pommiers, plus quelques impressions du festival, in et off

Coutances le 9 mai 2013

Par Alain Lambert

 

JSLP, c'est la (presque) diversité du jazz actuel sur une semaine d'ascension non stop dans une jolie petite ville normande en haut de sa butte campagnarde. Tout tourne autour du centre : le parvis de la cathédrale, le théâtre, la salle Marcel Hellie, les Unelles et ses jardins, le village, très animé, du festival...

Dans la cour de l'école Jules Verne, un spectacle de rue, dans la tonalité ambiante. Le jongleur Frédéric Pérant y installe sur sa platine un vieux  33 tours de Bobby Mc Ferrin, The Voice, pour jouer pendant les 20 minutes que durent la face, avec balles et chapeaux, dextérité et émotion, poésie et humour. La pirouette finale : le bras de l'électrophone, en revenant au repos, propulse une des balles dans une gouttière  faisant tourner le perroquet à chapeaux et le portrait de pochette du partenaire, d'où le titre de ce joli spectacle : « Bobby et moi », bien jazzy, parmi tous les spectacles de rue proposés.

Frédéric PérantFrédéric Pérant, « Bobby et moi ».

Autre ambiance du in, la scène ouverte dans les jardins de l'évêché, qui accueille tous les jours, les classes et ateliers jazz des écoles de la région, ou les groupes amateurs, comme par exemple ce soir la grande fanfare du Barouf Orkestar et sa musique d'Europe de l'est, pour le plaisir du nombreux public présent.

En off, des jongleurs encore, ou  du jazz klezmer local. Les cinq musiciens de « Klez sur Mer », avec leurs danses et leurs chansons, ont réussi à chasser les gros nuages humides qui planent sur nous. Plus tard, musique dans les bars ou dans la rue, encore, avec les Stampers, quatre rockers venus de Saint-Lô. Une énergie punk déjantée loin de la pop FM, mais des chansons bien troussées et bien arrangées, un guitariste mélodique, un chanteur survolté, un batteur et un bassiste efficaces. Tous comédiens et très à l'aise, depuis dix ans qu'ils jouent ensemble.

Et Gary Burton ? Après une attente pas trop longue, on s'installe dans la salle polyvalente, toujours un peu inquiet pour le son. Mais pas de problème, la sonorisation est bonne et le jeu de lumières transforme agréablement le lieu, pour laisser la musique nous emporter.

New Gary Burton Quartet.New Gary Burton Quartet.

Le vibraphoniste, virtuose et aérien, a joué avec les plus grands, Stan Getz, Larry Corryel, Chick Corea, Ralph Towner, Carla Bley, Pat Metheny...  Aujourd'hui, il se produit avec Julian Lage, un jeune prodige de 25 ans à la guitare, plus Scott Colley à la basse et Antonio Sanchez à la batterie, une section rythmique attentive et souvent énergique.

Des standards revisités (Afro Blues, My Funny Valentine...) alternent avec les compositions des membres du groupe, plus modernes, et un magnifique thème en hommage à Astor Piazzola. L'ensemble est bien équilibré, dans l'écriture, l'arrangement et l'improvisation, chacun prenant son tour en souplesse dans l'évidence, et l'élégance, du swing. En rappel, Bag's Groove, de Milt Jackson, l'autre grand vibraphoniste disparu.

Un album doit paraître ce mois de mai.  Profitez en !

Alain Lambert

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