Moi Corinne Dadat, ballet pour une femme de ménage et une danseuse

 

Moi Corinne DadatCorinne Dadat.. Photographie © Élisabeth Renaud.

La Renaissance Mondeville, 26 novembre 2014, par Alain Lambert ——

Corinne Dadat a 50 ans passés, elle écoute régulièrement le premier disque de NTM, mais aussi Schubert (un peu déprimé le gars, mais c'est beau quand même), et si on s'étonne : Eh quoi, tu crois que j'écoute Michel Sardou ?

Pour elle qui passe ses longues journées à faire les mêmes gestes fatigants et douloureux, Le lac des cygnes, c'est le rêve d'une autre vie, d'une autre chorégraphie.

Et quand la vidéo propose le joyeux ballet des quatre danseuses en tutu, Corinne, assise de dos sur son siège à roulette, danse avec elles, puis se lève et vient vers nous pour se faire applaudir, avant que son auto-laveuse ne fasse aussi son tour de piste sur un sample très techno des accords de Tchaïkovski.

Corinne Dadat est une vraie femme de ménage, jusqu'ici du moins, Mohamed El Khatib un vrai auteur de théâtre et comédien, et Élodie Guézou une vraie danseuse contorsionniste. Et tous trois semblent bien complices sur scène, trois fortes personnalités capables d'humour et d'autodérision, qui se renvoient la balle sans concession, mais avec un demi-sourire malicieux.

Le panneau vidéo d'avant spectacle prévient le public « bourgeois »  que la femme de ménage n'a pas été maltraitée pendant les répétitions. Mais nous sommes à la Renaissance, une salle de spectacle de la banlieue ouvrière de Caen dont le public n'est pas l'habituel toucaen du centre-ville.

Car il s'agit bien, derrière l'humour et la provocation, d'une pièce politique sur la vraie vie, sur la position sociale, sur le fantasme de l'idéal aussi.

Ici la danse, d'abord dans les exercices  faits en commun avec Corinne. Révélateur. Mais à quel prix de souffrances et de frustrations Élodie y parvient, elle nous le dit dans une scène très forte, la tête retournée entre ses jambes, d'une voix oppressée. Et le spectacle se termine par ce solo étonnant où le corps de la danseuse devient l'instrument de travail et ses longs cheveux la serpillière pour évacuer toute la tristesse silencieuse que Corinne vient de déverser de ses bidons.

Avant de laisser place à la machine bruyante, qu'elle éteint, pour se faire applaudir avec Élodie, et nous prendre en photo, comme elle fait à chaque représentation depuis cet automne.

Un spectacle étonnant, mi-danse, mi-café-théâtre, avec des vidéos et des entretiens audio pour soulager la comédienne novice qui s'en tire pourtant très bien, qui improvise, bouge et répond de sa grosse voix de fumeuse râleuse, à qui personne ne disait bonjour.

Une pièce en construction, qui va encore gagner en densité si vous allez l'encourager dans la suite de sa tournée quand elle passe par chez vous.

28 novembre 2014 Le Quai des Arts-Argentan (où le spectacle a été en partie répété)

8 janvier 2015 Scène nationale Évreux Louviers

9 janvier 2015 Théâtre de Lisieux

14,15 janvier 2015 Hippodrome de Douai Scène nationale – Tandem Arras-Douai

27, 28, 29 janvier 2015 La Rose des vents -Scène nationale Lille Métropole, Villeneuve-d'Ascq.

12 février 2015, Ormes.

24 au 28 février 2015, Réseau Villes en scène dans la Manche (CG 50)

23 avril 2015 Espace Malraux – Joué-lès-Tours

 

Plus d' infos sur le site de la compagnie Zirlib.

 

plume Alain Lambert
26 novembre 2014

 

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