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Michael Abramovich
un musicien habité
Saint-Thibault, le 12 juillet 2012

Par Eusebius

Il y a un an, dans ce lieu magique, nous découvrions un pianiste d'exception. Il était de retour ce 12 juillet…

Michael Abramovich

Les variations sur un thème de Paganini, de Brahms, qui ouvraient son récital, ne sont pas une pièce de bravoure, comme on les entend trop souvent. L'interprétation inspirée qu'en donne Michael Abramovich est proprement habitée et captivante : chaque note, chaque phrase suscite un intérêt renouvelé par le recours à la palette la plus large de l'expression brahmsienne. Une technique transcendante, jamais histrionique, qui permet de mettre en valeur — entre autres — la prodigieuse invention rythmique. La redécouverte d'une œuvre que l'on croyait pourtant bien connaître.

De la même veine relève la Chaconne pour la main gauche. Certes, le tempo allant adopté pour l'exposition du thème estompe sa gravité au profit de la dynamique, mais quelle clarté polyphonique, quelle richesse de timbres !

Les 6 études de concert d'après Paganini, op. 10 de Schumann, sont rares au concert. La lecture fantastique, hallucinée, qu'en donne Michael Abramovich est convaincante : nous avons affaire au plus grand Schumann. La prodigieuse richesse d'invention du musicien, servie à la perfection par son interprète, nous fait regretter de ne pas l'entendre plus souvent.

Dans son élan, avec une simple césure qui coupe court aux applaudissements, le pianiste enchaîne les 3 pièces (Prélude, gavotte et gigue) transcrites par Rachmaninov de la 3e Partita pour violon de Bach. Manifestement sa joie profonde est communicative et le public est conquis. Là encore, la riche polyphonie, amplifiée, magnifiée par Rachmaninov, est toujours limpide, lumineuse. Se trouvera-t-il un producteur pour enregistrer ce moment de profond bonheur musical ?

Pour conclure, le mieux n'est-il pas de confirmer la critique rédigée il y a un an ? « Son jeu, quasi improvisé, respire la liberté dans un respect absolu du texte et de l'esprit : un merveilleux conteur nous tient extraordinairement en haleine, comme si nous ignorions le dénouement de l'histoire… Michael Abramovich est un très grand virtuose… un musicien sensible et inspiré ».

Eusebius
13 juillet 2012

Michael Abramovich offrira le même programme au public du Festival de Montpellier-Radio France le mardi 17 juillet. D'autre part, il donnera la saison prochaine l'intégrale des sonates de Beethoven au cours de 8 concerts à Berlin, puis une série de 9 concertos de Mozart, qu'il dirigera simultanément, à Bucarest.

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Références / musicologie.org 2012

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