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Plusieurs chercheurs viennent d'exploiter
- pour la première fois - les archives disponibles
sur Pierre Souvtchinski. Trois d'entre eux ont accepté
de livrer le fruit de leurs recherches. Ils se nomment
: Konrad Walterskirchen (Autriche), Elena Poldiaeva
(Russie) et Serge Glebov (USA).
Walterskirchen a rédigé
la biographie de Souvtchinski (jusqu'en 1930). Poldiaeva
a commenté les lettres qu'il reçut de
Prokofiev (1920-1938), là où est effleuré
le scénario d'opéra de Souvtchinski, Le
Soleil Humain (un projet qui aboutira - osons-le
- à l'émerveillement de Boulez lorsque
Souvtchinski définira dans les années
50 le mot-fantôme « pour cristalliser
un certain rapport de l'énoncé poétique
et du texte musical »). Quant à Glebov,
il a problématisé le cadre historico-idéologique
de l'apparition de Souvtchinski en 1920, installant
une génération, notamment son questionnement
de la modernité. Les contributions de ces chercheurs
sont inédites.
Pierre Souvtchinski a porté
en lui un temps fulgurant, reconnaissant en une personne,
un événement, une doctrine ou une tradition,
une matérialisation possible de ses vues sur
la création. Evidence spontanée aussi
fugace dans son être-au-réel que le musical
dans son être-au-temps, il épousa son siècle
tout en détenant le pouvoir énigmatique
de rester inconnu du grand public.
Éric HUMBERTCLAUDE, organiste
né en 1961, a écrit sur les œuvres de
Tristan Murail, Pierre Boulez, ainsi que sur les écrits
de Pierre Souvtchinski. Il a élargi ces recherches
à la créativité gestuelle de Federico
Gualdi (Venise, xvif s.)y Melech Hultazob (Allemagne
du nord, XVIIIe s.) et de Johann August Starck (Kônigsberg,
XVIIIe s.).
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