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La seconde édition du Concours international de musique
de chambre de Lyon a été, après le
trio avec piano en 2004, consacré au
quintette de cuivres.
Les organisateurs, comme pour la première édition, ont
eu l'heureuse idée de convoquer la réflexion musicologique pour nourrir le
contenu d'un livre. La coordination a été confiée à Gérard Streletski,
chef d'orchestre et Directeur du département de musicologie de
l'Université Lumière de Lyon.
Par le sous-titre « aspects historiques et
actualités », il faut entendre « problématiques ».
En effet les auteurs n'ont pas cherché à
collectionner des faits et des dates relatifs au sujet pour en faire cette
espèce de muséographie chronologique qu'on baptise histoire de la musique.
Ils ont posé et croisé des problèmes, et au bout de leur peine produit un
livre heureux, intéressant, demandant une certaine attention à la lecture,
mais qui est tout à fait abordable par un large public relativement motivé.
Un ensemble de cinq instrumentistes, en la
circonstance, deux trompettes, un cor, un trombone et un tuba, est assez
anecdotique. Pourtant, loin d'être évidente, il y a dans la possibilité
d'une telle réunion, beaucoup de volontés
et dimagination humaines tissées dans divers mouvements de société.
On nous rappelle comment les premiers livres notés de
musique instrumentale au XVIe siècle témoignent de l'émancipation par
rapport à la musique chantée ; du fait que les personnes de qualité
exemplarisent leur distinction par la pratique d'un instrument ; de
comment la tradition orale des joueurs d'instruments à vent, les
« hauts ménestrels » a rencontré la culture savante des lecteurs de
musique. Mais encore, comment la musique de chambre a été identitaire pour
l'aristocratie en réaction, après la Révolution Française.
Il y a la question essentielle de la lutherie. Pour des
raisons mécaniques, mais peut-être aussi idéologiques, celle-ci a été en retard
sur les exigences du développement musical.
Ces exigences sont pour un instrument, d'être d'une
part parfaitement chromatique, juste dans toutes ses notes, avec un timbre
stable et cohérent sur une étendue correcte. D'autre part de pouvoir être
apparié dans une famille homogène de timbres pour jouer toutes les notes
l'étendue musicale, comme les cordes.
Mais un violon c'est quatre instruments en un (quatre
cordes accordées dans des tons différents). Un instrument de cuivre c'est
un seul tuyau. Longtemps, les joueurs de cuivres on dû posséder plusieurs
instruments dans plusieurs tonalités et, avec des emboîtement de tubes, il
ont eu la possibilité de raccourcir ou de rallonger la colonne d'air de
leur instrument, selon les besoins.
On comprend comment, dans la première moitié du XIXe
siècle, un corniste virtuose comme Pierre-Joseph Meifred, protégé par le
duc de La Rochefoucault, s'attache à améliorer la facture de son
instrument à partir du système des pistons inventés par Stölzel.
Alors que les cuivres sont encore des instruments
instables, Jean Bellon, violoniste de son état, inventeur d'une
sourdine pour le violon et le violoncelle en 1832, compose 12 quintettes
pour instruments de cuivres, qui ont un certain succès. Il est difficile
de cerner les motivations de Jean Bellon, dont les propos, au sujet des
instruments en cuivre se croisent avec ceux de Berlioz.
Berlioz, tenait Jean Bellon pour le spécialiste de
l'instrumentation des cuivres. Ce qui n'est pas rien de la part du maître
de l'orchestration, dont les chapitre sur les cuivres dans « Le Grand
traité d'instrumentation » sont d'un grand intérêt dans la mesure où sont
évoqués conjointement les problèmes techniques et esthétiques.
La notice sur le quintette de cuivres « Odyssée » qui
fête cette année vingt ans d'existence, est d'une certaine manière le
témoignage d'un aboutissement, puisque toute les questions essentielles du
XIXe siècle semblent avoir disparu des préoccupations de l'ensemble. Par
contre, il est clair que les ensembles de cuivres n'ont pas acquit
l'engouement (les fantasmes aussi) dévolu aux ensembles de cordes. Ce sujet qui court en
filigrane tout au long du livre, est à lui seul une grande question, qui
relève peut-être plus des représentations symboliques que strictement
de la
musique.
Goethe relate comment après avoir été séduit par Maria
Szymanowska et sa musique de piano, il a pris goût à aller écouter la
musique militaire de la garnison...
La présentation de l'éditeur
Le deuxième Concours international de musique de
chambre de Lyon, consacré en avril 2005 au quintette de cuivres, a
récompensé trois formations parmi les six retenues. On trouvera au sein de
cet ouvrage une notice pour chacune d’elles, de même qu’une biographie des
membres du jury international appelé à les départager.
Parallèlement aux épreuves du concours, une réflexion
musicologique menée par des chercheurs retrace l’apparition du répertoire
instrumental pour cuivres à la Renaissance, s’arrête sur le premier des
douze quintettes de Jean Bellon (composé en 1848), détaille l’évolution
organologique du cor avec l’apport des pistons par Joseph Meifred au début
du XIXe siècle et apporte un commentaire sur le Traité d’instrumentation
de Berlioz. Deux membres du quintette l’Odyssée ensemble & cie
témoignent de leur pratique et montrent comment de larges horizons
artistiques peuvent s’ouvrir pour l’évolution d’un ensemble classique.
Les textes publiés constituent les actes du colloque «
Le Quintette de cuivres » qui s’est déroulé le 23 avril 2005 à la salle
Proton de la Chapelle de l’Auditorium de Lyon lors de la Journée cuivrée,
dans le cadre d’une coopération du Concours international de musique de
chambre de Lyon et du département de musicologie de l’université
Lumière-Lyon II.
Avant-propos de David Pastor
Parler des cuivres pose d’emblée la question du
répertoire. Musique romantique ou baroque, jazz, musique de film ou de
rue, les cuivres jouent de – et sur – tous les registres. Une
extraordinaire flexibilité qui permet à ces instruments d’être présents
dans tous les styles de la création musicale.
Le colloque musicologique publié à présent, placé dans
le cadre du deuxième concours international de musique de chambre de Lyon
« Quintette de cuivres », contribue pleinement à l’intégration de ces
instruments dans l’univers de la musique de chambre tant par la qualité et
l’originalité des recherches qui sont ici présentées que par les
différents parcours artistiques dont il s’est fait l’écho.
Confié pour la seconde année à la coordination de
Gérard Streletski, directeur du département de musique et de musicologie
de l’université Lumière-Lyon II, le colloque a pris place dans une «
Journée cuivrée », point d’orgue au concours et conçue comme un hommage
aux lauréats. Le public a pu découvrir tout à la fois l’extraordinaire
variété des pratiques cuivrées mais aussi se retourner sur l’histoire de
ces instruments. Une histoire marquée par les grands compositeurs qui,
sans rien nier des fonctions de circonstance des cuivres (sonneries,
appels, fanfares), ont su exploiter l’étonnante virtuosité et la
formidable puissance de ces instruments.
Le nombre important des oeuvres contemporaines jouées
pendant les épreuves du concours témoigne de la vitalité de leurs
pratiques. Le colloque comme le concours contribuent à faire connaître le
niveau d’excellence qui est celui des cuivres aujourd’hui et leur apport à
l’écriture de l’histoire de la musique.
Table des matières
Avant-propos, David Pastor
Le concours 2005 pour quintette de cuivres
Introduction, Serge Dorny
Notes sur le répertoire imprimé pour ensembles
instrumentaux dans la première moitié du XVIe siècle, Jean Duchamp
Pierre-Joseph Meifred (1791-1867) précurseur du cor
chromatique en France, Nicolas Gouilloux
La trajectoire d’Odyssée ensemble & cie de 1986
à 2005 : la construction d’une identité, Philippe Genet &
Catherine Bosc
Le Quintette pour instruments de cuivre n° 1 en mi b
majeur de Jean Bellon, Isabelle Bretaudeau
Les Cuivres dans le Grand Traité d’instrumentation
et d’orchestration modernes de Berlioz : l’exemple du cor, Gérard
Streletski
Biographies des auteurs ; Bibliographie
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