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Gabriel Pierné
Correspondance romaine
Présentée et annotée par Cyril Bongers
Préface de Denis Herlin  


«Prix de Rome», Éditions Symétrie, Lyon 2006
Avec le soutien de l'Académie des Beaux-Arts
[ISBN 2-914373-12-0 ; 40 €]

« Je ne puis absolument pas écrire sur le papier l'admiration qui m'a frappé en voyant la villa Medici. Quand je pense que pendant deux ans j'habiterai là-dedans, mais c'est un rêve réalisé. Oh, je suis trop heureux ! »

Si la postérité n'a voulu retenir de Gabriel Pierné (1863-1937) que ses importantes activités de chef d'orchestre, il n'en reste pas moins un grand compositeur, auteur d'une oeuvre de qualité encore à découvrir. Signe manifeste de la multiplicité de ses talents, c'est par le prestigieux Prix de Rome qu'il acheva ses années d'études au Conservatoire. Cette récompense très convoitée lui valut le privilège de vivre quelques années dans le cadre idéal de la villa Médicis, avec pour seule obligation d'y parfaire son art. La correspondance présentée dans ces pages, totalement inédite, en représente le témoignage unique ; celui d'un jeune compositeur ambitieux partagé entre l'espoir d'un avenir glorieux et l'insouciance de la jeunesse. Dans ce véritable journal de bord où se côtoient sans distinction les noms de Grieg, Liszt, Wagner et Debussy, Gabriel Pierné relate jour après jour, dans un style des plus vivants, l'émerveillement suscité par chacune de ses découvertes.

« Cependant, dans les Meistersinger, Wagner a été bien plus musical que dans sa Tétralogie, où le chanteur n'est absolument que l'humble explicateur de ce qui se passe. À la 1èoe audition c'est indigeste, mais à la 2e on est empoigné, émerveillé. Quant à faire de la musique comme celle-là, je ne le souhaite pas. Vous voyez chers parents que tout en aimant Wagner, je ne suis pas encore Wagnérien. »

Professeur de guitare, d'harmonie au clavier et de culture musicale dans diverses écoles de la région rennaise, Cyril Bongers a centré depuis plus de sept ans la grande majorité de ses recherches sur le compositeur et chef d'orchestre Gabriel Pierné (1863-1937). Après une maîtrise et un DEA, il prépare actuellement une thèse de doctorat sur ce sujet. Historien de l'art, il s'intéresse également à l'oeuvre du peintre académique Luc-Olivier Merson (1846-1920).

http://www.symetrie.com  

Note de lecture
Par Jean-Marc Warszawski

Voici le premier ouvrage d'une collection consacrée aux Prix de Rome. Créée en 1663 par l'Académie Royale de peinture et de sculpture, cette distinction attribuée sur concours permettait aux gagnants de séjourner trois ans aux frais de la couronne à l'Académie française à Rome (à partir de 1666), et  leur permettait de se consacrer à leur art dans un cadre prestigieux. Cadre d'autant plus prestigieux que ce Prix s'adressait à l'origine aux architectes et aux plasticiens. Ce n'est qu'en 1803 que le Prix s'ouvrit à la composition musicale.

Selon les années, les gagnants séjournèrent à la Villa Médicis de 2 à 5 ans, les seconds Prix un peu moins longtemps.

Pour ce concours, il  fallait en épreuve préliminaire composer une fugue, en concours d'essai une œuvre chorale sur un texte imposé et en épreuve finale une cantate sur un texte imposé. Cette cantate était composées en loge, c'est-à-dire en mise en isolement surveillé, au château de Compiègne dans les premières années puis à celui de Fontainebleau.

Les conditions d'attribution de ce Prix ont été assez tôt critiquées, particulièrement par Berlioz qui souligna l'incompétence du jury composé essentiellement de non-musiciens. Ce Prix a été supprimé en 1969, et remplacé à partir de 1971 par une commission indépendante composée de pairs et renouvelable chaque année.

Selon les responsables de la collection, on aurait tort de mépriser les œuvres présentées à ce concours. Il y a parmi elles de belles musiques, d'ailleurs quelques unes sont toujours aux programmes des concerts, comme la cantate de Debussy.

Est-ce suffisant pour justifier une collection de livres. Il n'est pas sûr que ces Cantates présentées entre 1803 et 1968 forment un corpus cohérent, et que la compréhension esthétique de ces  œuvres soit spécifique à ce concours, et non  à une histoire de la musique et du goût musical à Paris en général. Il n'est pas sûr que l'histoire du Prix de Rome soit celle des œuvres qui ont concouru.

Les prémices de justification, la beauté de certaines musiques présentées au concours du Prix de Rome, me semblent plutôt appeler des cycles de concerts,  d'enregistrements ou d'éditions de partitions plutôt que l'édition en principal de document méta-musicaux.

Mais soit. Le premier volume d'une telle collection aurait alors peut-être  dû en être la justification. Il aurai- peut-être fallu commencer par nous raconter l'histoire de ce Prix de Rome, la difficile accession de la musique aux bonnes grâces de l'Académie, les enjeux, l'importance pour la carrière, l'obtention de postes dans les administrations, les polémiques, enfin touts ces choses utiles à pourvoir en connaissances des faits et d'air des temps, et a donner les curiosités nécessaires qui rendent lisibles le type de documentaire proposé ici.

Ce très bon travail de Cyril Bongers, qui édite et annote avec un soin et une érudition assurés, 220 lettres relatives au séjour à la Villa Médicis de Gabriel Pierné, a quand même à mon avis du mal à faire un livre qui ne se trouve pas dans une première partie ici trop succincte.  Trop succincte quant à ce qu'est le Prix de Rome (dans ses problématiques), quant à la personnalité de Gabriel Pierné, quant à son séjour à Rome.

Il y a peut-être derrière cette manière de faire l'idée que le document parle de lui-même, et qu'en publiant «tout» on a montré tout ce qu'il y avait à voir. Ce qui est une erreur, parce que sans point de vue, on ne voit pas.

©Références / Musicologie.org 2006
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Jean-Marc Warszawski