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Liszt, Berlioz et Schumann au Teatro
Nacional de São Carlos de Lisbonne
(5 novembre 2011)

Par Eusebius

S'inscrivant dans un cycle d'hommage à Liszt, bicentenaire oblige, le concert de ce soir articulait, autour de la Fantaisie hongroise et du 2e concerto, des œuvres de Berlioz et de Schumann.

Le vénérable opéra de Lisbonne, construit en 1793 et demeuré en l'état — théâtre à l'italienne de 1100 places, où le bois domine — sonne à merveille. Et les œuvres colorées de ce soir y prennent une dimension particulière.

Teatro Nacional de São Carlos de Lisbonne
Teatro Nacional de São Carlos de Lisbonne 

Emmanuel Plasson, dirige tout par cœur, avec des tempi parfois surprenants, particulièrement dans Berlioz (début du Carnaval romain, extraits de la Damnation), mais avec un souci particulier des progressions et de la dynamique. L'orchestre, dont la moitié des membres est originaire d'Europe de l'Est, s'il suit scrupuleusement son chef, manque encore d'homogénéité et de maturité. Les bois sont en net retrait, ce qui nuit à l'équilibre, particulièrement dans le 2e concerto de Liszt.

L'Ouverture du Carnaval romain ouvrait le programme, et on l'écoute toujours avec plaisir. L'andante sostenuto introduit par le cor anglais est pris avec retenue, mais Berlioz l'a effectivement noté la noire à 53. L'orchestration subtile et éclatante et le déchaînement de la saltarelle endiablée n'ont pas pris la moindre ride. Merci de nous rappeler le génie de notre Berlioz.

Plamena Mangova
Plamena Mangova 

Les deux œuvres de Liszt ont en commun leur caractère concertant virtuose et leur popularité. La jeune soliste bulgare, Plamena Mangova, s'y révèle proprement prodigieuse, et je pèse mes mots. Imposante par son jeu irréprochable, à la palette la plus riche, et … par sa stature (une super Blanche Selva), je n'ai pas mémoire d'interprétations de cette qualité, tant au concert qu'au disque. Le tout joué sans aucun effort apparent, avec une évidente simplicité qui forcent l'admiration. Elle se produira en janvier au Théâtre des Champs-Elysées, allez juger vous-même.

En bis, une pièce latino-américaine, également virtuose, dont la bonne humeur est très contagieuse.

La symphonie « Le printemps » de Schumann rayonne de joie et de fraîcheur. Emmanuel Plasson en donne une interprétation particulièrement juste à laquelle l'orchestre prend manifestement plaisir. Mais pourquoi avoir fait figurer cette page inspirée en seconde partie, après la pyrotechnie de la première ? Et l'avoir fait suivre des célébrissimes « Menuet des follets » et « Marche hongroise » de la Damnation de Faust, de Berlioz ? Programmation bancale, qui nuit à la structuration de l'écoute.

Les deux pièces finales sont l'occasion pour l'orchestre de démontrer sa virtuosité, d'autant que la tendance du chef à outrer les tempi le conduit à terminer à une allure quasi inouïe, que ses musiciens maîtrisent remarquablement.

Pour conclure, un nom, celui de Plamena Mangova, pianiste déjà reconnue, à laquelle on souhaite une prestigieuse carrière qui ne soit pas handicapée par son physique.

Eusebius
(6 novembre 2011)


Références / musicologie.org 2011

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