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Les Sourds-Doués : quatre garçons dans les vents

 

14 mars 2014, par Jean-Marc Warszawski ——

 

Les Sourds Doués

 

Les Sourds-Doués se produisent les jeudis et les dimanches depuis le 13 février à l'Auguste Théâtre de Paris. Ils videront les lieux après leur dernière représentation le 16 mars. C'est à guichets fermés, on refuse du monde. Même avec seulement 90 places, ce n'est pas évident.

Ce soir le petit théâtre coincé dans une impasse entre Ménilmontant et Charrone est donc plein, le public est enchanté, rieur, il se prête au jeu. Claque des doigts pour West Side Story, participe à une comptine mimée en se tapant sur la tête, sur la poitrine, en battant des ailes, toujours en riant.

Sur scène, Adrien Besse (clarinette), Pierre Pichaud (trompette), Nicolas Josa (cor), Émilien Véret (clarinette basse), accompagnent leurs excellents arrangements de succès passés, plutôt jazz, chanson, musiques de film, d'une succession soutenue de pitreries et de gags efficaces.

Le choix de ce rythme soutenu dessert peut-être quelque peu l'installation des moments d'émotion dans leur nécessaire longueur et tension particulière, mais ils sont très bien mis en scène, voire chorégraphiés. D'autre part, musicalement l'effet de pot-pourri et de citations, de cassure permanente qui assure la vivacité du spectacle, nous a un peu frustré dans le bel arrangement du Blue Rondo a la Turk de Dave Brubeck brisé par un gag bien venu, mais musicalement destructeur.

Ces quatre garçons de cuivres et bois assurent une performance remarquable en abolissant le hiatus entre la concentration et la fonctionnalité du jeu musical et celui de la comédie. Il y a de vraies lumières, une vraie mise en scène, une belle richesse d'idées et bien sûr de la bonne musique. Cela nous fait penser aux Frères Jacques, qui dans une tenue insolite (on, dirait aujourd'hui contre-performante) nous faisaient aussitôt passer du fou rire (avec la chanson Les spermatozoïdes signée Ricet Barrier par exemple) à l'émotion, poignante (Barbara de Kosma et Prévert par autre exemple).

Pour le rire on y est. Pour l'émotion poignante, au cas où ces quatre-là voudraient nous faire pleurer, pas trop, on n'en est pas loin.

Pas la peine de se précipiter, c'est complet complet. On comprend pourquoi.

Le site des Sourds-Doués

Jean-Marc Warszawski
15 mars 2014

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ISSN 2269-9910

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Vendredi 14 Mars, 2014 18:46

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