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Voici un livre qui tend grand ses
pages vers le papier-cadeau de Noël (par exemple).
Il s'agit du catalogue d'une exposition, qui s'est tenue
au monastère royal de Brou du 5 juillet au 5
octobre 2008. Son thème n'est pas précisément
la vielle à roue, mais le vielleux. Si le catalogue
comporte une importante iconographie relative à
l'instrument lui-même, et des éclaircissements
quant à sa lutherie, c'est l'imagerie consacrée
à l'instrumentiste qui est la partie congrue
de l'ouvrage : dessins, toiles, porcelaines et quelques
photographies.
L'Édition étant très
soignée, cela fait un très beau livre,
à regarder, mais aussi à lire, car les
articles et les descriptions des objets exposés,
à la fois savants et grand public, donc rédigés
avec un souci de bonne vulgarisation, sont non seulement
intéressants et instructifs, mais indispensables,
si l'on veut comprendre ce qui s'offre à la vue
(le texte est révélateur), comment l'image
du vielleux se métamorphose entre les XVIIe et
XIXe siècles (c'est le sous-titre de l'exposition).
Une place importante est faite aux
petits Savoyards, dont on sait la misère, qui
descendaient de la montagne, pour mendier, où
être placés comme personnel de maison.
Parmi eux, de petits vielleux, joueurs de triangle,
et montreurs de marmottes. Comment les représentations
misérabilistes (mais de réelle misère),
deviennent une coquetterie, un jeu de riches, notamment
vers le milieu du XVIIIe siècle, est assez frappant.
Certes, le thème de l'Arcadie,
liée à la rusticité de la vielle
est abordé, quand elle devient un accessoire
des scènes galantes. La reine est à sa
fermette et à ses blancs moutons, et l'on se
fait prendre volontiers en peinture, en jouant de la
vielle. Mais il y a là, à notre sens,
plus que de la pastorale dans cette affaire, où
les riches jouent aux pauvres, si on peut dire, pour
la photo. Ainsi, Monsieur de Choiseul faisant poser
ses enfants en petits savoyards, vielleux et montreur
de marmotte, ou la comtesse de Montagnac qui en fait
autant avec ses filles, ou encore les enfants de la
famille Perceval, acoutrés en musiciens des rues,
et tendant le chapeau à leurs parents.
Il y a de quoi, en même temps
qu'on tourne les belles pages à connaître
de ce livre, à se retourner les idées,
et à en prendre de nouvelles.
Jean-Marc Warszawski 9 octobre 2008.
Présentation
de l'éditeur
L'image et l'univers du joueur de vielle ont connu une histoire
riche et variée tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles, avant de
cesser d'être une figure d'actualité dans le courant du XIXe siècle.
Cette exposition s'attache à montrer l'évolution que connaît la vielle
à roue en presque trois siècles et, dans son sillage, la représentation
de ceux qui en jouent
Tout en se méprenant sur l'origine ancienne de la vielle à roue, le
Littré porte d'emblée notre regard vers une figure « moderne » du
vielleur ou vielleux, proche au XVIIe siècle de celle du philosophe
mendiant. Mendicité, rêve mais aussi danse et nomadisme... autant de
substantifs qui décrivent en effet l'univers du joueur de vielle, et
qui disent tout ou presque, du jeu d'un instrument de musique ayant
connu une histoire riche et variée tout au long des XVIIe et
XVIIIe siècles. Dans le courant du XIXe siècle toutefois, le vielleux
cesse d'être une figure d'actualité dans les arts. En presque
trois siècles, c'est donc une incroyable évolution que va connaître la
vielle à roue et, dans son sillage, la représentation de ceux qui en
jouent. Caractériser l'identité visuelle du joueur de vielle, puis
cerner son évolution iconographique, a été l'objet de la préparation de
l'exposition Le Vielleux, inétamorphoses d'une figure d'artiste du
XVIIe au XIXe siècle.
Marie-Anne Sarda
Sommaire du livre :
p. 7. Maire-Anne Sarda,
Le Vielleux, métamorphoses d'une figure d'artiste
du XVIIe au XIXe siècle.
p. 14. XVIIe
siècle
p. 24. XVIIIe
siècle
p. 36. Petits Savoyards
(1750-1850)
p. 46 IXIe
siècle
p. 55. Florence Gétreau,
L'enfant vielleux en France : mutations d'une pratique
et d'un stéréotype pictural.
p. 65. Jean-Christophe
Maillard, L'association vielle à roue et musette
aux XVIIe et XVIIIe siècle.
p. 73. Paul Fustier, La
vielle à roue : l'entrée en Arcadie.
p. 81. Jean-François
Chassaing, Sécificités de la vielle
bressane.
p. 89. Jean-François
Chassaing, Le joueur de vielle : un musicien entre situation
et représentation.
p. 97. Catalogue.
p. 136. Bibliographie
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