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Roland Guillon « Le blues dans le jazz instrumental des années 1950 et 1960 »

 

Le blues dans le jazz  instrumental

Guillon Roland, Le blues dans le jazz instrumental des années 1950 et 1960. « Univers musical », L'Harmattan, Paris 2013 [196 p. ; ISBN 978-2-343-00787-8 ; 20 €]

 

24 juillet 2013, par Alain Lambert ——

Roland Guillon est un sociologue aux multiples centres d'intérêt, le syndicalisme, le capital social, la globalisation, le jazz, l'art et la société ; et qui ne sont pas sans liens entre eux, comme le montre la liste de ses multiples ouvrages.

Le dernier paru, Le blues dans le jazz instrumental des années 1950 et 1960, est le huitième concernant cette musique et cette période, la plus importante selon lui car la globalisation va entraîner un fort développement de l'industrie du divertissement au dépend de l'imaginaire.

Le blues, aussi bien dans ses dimensions gospel ou rythm'n blues, va servir ici de trame pour comprendre comment le jazz après Ellington et le be bop, a pu évoluer en deux grands courants : le hard bop et la new wave.

La naissance d'un jazz non strictement communautaire, le cool, dont l'accouchement a été autant permis par les compositeurs et musiciens blancs que par la figure tutélaire de Miles Davis, avait un peu brouillé certaines évidences admises jusque là.  Même si le jazz est profondément métisse par essence, et par son histoire liée à celle du continent nord américain [Voir notre article sur la question des origines].

D'où le recours au blues comme marqueur musical de cette légitimité oubliée, mais aussi comme matériau à retravailler, comme il l'a toujours été depuis l'origine, en le confrontant à de nouveaux rythmes et à de nouvelles influences, latines, caraïbes, africaines, orientales, modales ou atonales.

Le hard bop, initié par le pianiste Horace Silver et le batteur Art Blakey, va ainsi prendre des inflexions funk ou soul avant que des musiciens confrontés ou formés à cette nouvelle école et à ses expériences musicales n'en dépassent les limites en s'engageant dans la nouvelle vague, d'où naîtra le free jazz. Parmi les plus présents, Miles Davis encore, Max Roach, Jacky Mc Lean, Charles Mingus, John Coltrane, Sonny Rollins, Yusef Lateef, Pharoah Sanders ou Archie Sheep...

Tant de jazz et tant de blues.

C'est d'ailleurs un peu le bémol concernant ce livre bien écrit, conçu et documenté, de laisser l'impression d'un inventaire un peu abstrait malgré toutes ses qualités. Bien sûr, le lecteur peut à partir de la discographie  fournie rechercher les enregistrements cités et les écouter. Mais ils sont si nombreux.

Une solution serait de joindre un cédé au livre, celle retenue par Nicolas Beniès pour son essai proche, Le souffle bleu : 1959 : Le jazz bascule chez C et F éditions 2011. Une autre, à l'heure et l'ère d'Internet, serait de proposer sur le site de l'éditeur une liste des titres les plus emblématiques à écouter d'un clic. À lire donc, en prenant le temps d'écouter.

 

Alain Lambert

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