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Kinneret Sieradzki et Arno Waschk

 

Vitteaux, 25 août 2013, par Eusebius ——

 

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On connaissait déjà Kinneret Sieradzki, merveilleuse violoniste, abordant avec une réussite consommée les répertoires les plus larges. Pour son quatrième concert en Bourgogne, elle avait choisi Arno Waschk comme partenaire dans un programme riche et varié.

Les Six danses roumaines de Bartók ouvraient le récital. On craignait la lassitude tant ces œuvres sont connues : ce fut encore un régal. L'entente parfaite entre les musiciens, la dynamique servie par la splendide sonorité du violon, alliant rondeur, charme et puissance, emportaient tous les suffrages. Les n° 3 (Pe loc - Sur place), très retenu, irréel, ppp en harmoniques et 6 (Maruntelun – danse vive), endiablé, puissant, bondissant, ont été particulièrement réussis.

Les six sonates « palatines » de Mozart sont généralement considérées comme d'aimables divertissements. On oublie aussi qu'elles portaient le titre « Six sonates pour clavecin ou forté piano avec accompagnement d'un violon », et qu'ainsi, comme il était d'usage, Mozart imposait une hiérarchie. L'interprétation de la première de ces sonates, en sol majeur (K 301), a rendu grâce à la riche et inventive partie pianistique, avec la complicité parfaite du violon. Premier mouvement respirant le bonheur, second dans l'esprit parisien, rondeau dont la partie centrale, mineure, est une belle sicilienne, qui apporte sa touche d'émotion mélancolique, avant de renouer avec l'esprit général de l'œuvre.

Eusebius fronce le sourcil lorsque se profilent des transcriptions. Quatre des 24 préludes opus 34 de Chostakovitch (n° 10, 15, 16 et 24),  arrangés par Tziganov pour violon et piano, vont infirmer ces préventions. De la romance sentimentale à la gavotte cocasse, humoristique, c'est tout l'esprit de Chostakovitch. Même ceux qui connaissaient la version originale ne pouvaient qu'être séduits par cette version.

L'ultime Sonate écrite par un Debussy physiquement diminué est un chef-d'œuvre. L'Allegro vivo, d'une force expressive extraordinaire, paraît pathétique. L'intermède central, espiègle et ému, introduit le finale tournoyant et s'animant d'une fébrilité poussée au paroxysme pour conclure. Sans doute le point culminant de ce récital, tant par la qualité de l'œuvre que par le talent de ses interprètes.

La Louange à l'immortalité de Jésus (8e partie du Quatuor pour la fin du temps) de Messiaen est un des deux duos que comporte l'œuvre. Choix opportun que cette pièce qui conclut dans une atmosphère de paix mystique.

Le nombreux public est ravi et ses applaudissements nourris appellent deux bis: le justement célèbre Liebesleid de Fritz Kreisler, toujours émouvant, suivi de la Jamaican rumba de Arthur Benjamin, endiablée.

Un excellent récital servi par deux interprètes de haut vol, à la carrière prometteuse.

Kinneret Sieradzki et Arno Waschk

 

plume Eusebius
25 août 2013

 

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