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Le 250e anniversaire de la naissance de Mozart est
célébré par la presse, la radio et la télévision. il n'est pas sans
intérêt, dans ce contexte, de se pencher sur sa personnalité et sa vie
sous un angle médical, ce qui est aussi l'occasion de remuer de nombreuses
légendes et idées reçues qui nécessitent réexamen .
Mais avant toutes choses et en guise d'introduction, je
voudrais faire deux remarques : l'une sur la personnalité musicale
de Mozart, l'autre sur sa correspondance.
Un cliché très répandu est celui de l'enfant Mozart,
qui a été mis à la mode en 1846 quand Carl Gollmick écrivait que « c'est
cette qualité enfantine de sa personnalité qui illumine chacune de ses
oeuvres ». Ce qui donc caractérise Mozart, c'est une sérénité élégante, le
calme, la grâce dont parlait à son sujet Robert Schumann, ce regard tourné
vers le ciel alors qu'il écoute la musique des anges. Pour Schopenhauer,
Mozart n'est jamais devenu un homme. La musique de Mozart, nous dit-on,
porte le signe irrésistible de la facilité
1. Cette image de Mozart, qui nous vient du 19ème siècle, nous
le dépeint comme un musicien baroque, compositeur de salon, avec un parfum
de galanterie, superficiel et angélique, serein et délicat, mignard et
affété, doué d'une sensibilité presque maladive, tel une poupée de
porcelaine de Saxe, les lèvres peintes de rouge.
S'il est vrai que Mozart est un enfant des Lumières, de
l'
Erklärung, c'est à dire attaché aux valeurs d'intégrité, de
sincérité, de cohérence, d'ordre et de bon usage de la raison, il est vrai
aussi, par exemple dans
Don Giovanni, qu'il opère un renversement complet de ces valeurs. «
Comment peut-on nous dire que Mozart a
composé Don Juan ? écrit Goethe en 1830. Comme s'il 'agissait
d'un gâteau ou d'un biscuit que l'on prépare en mêlant des oeufs, de la
farine et du sucre !... le créateur ne réunit pas des fragments
d'inspiration selon son propre caprice, mais il est tout entier au pouvoir
de l'esprit démoniaque (
dämonisch) de son génie et agit selon ses ordres ». La langue
allemande dispose de deux termes
dämonenhaft qui signifie diabolique et
dämonisch qui s'apparente à l'
Angst existentiel et à son alliance avec l'
Unheimlich dont parlait Freud, ce qui est quelque chose de
diabolique c'est à dire tout à la fois d'irrésistible, d'inquiétant,
d'étrange, d'ambigu, de souterrain et donc de profond. Nous voilà bien
loin du Mozart facile et superficiel.
Il s'agit ici d'un changement philosophique d'attitude
devant la tragédie. Pour les Grecs et pour les Illuministes, la tragédie
résulte d'une erreur. Mais avec Don Giovanni, la tragédie prend sa source
dans un conflit inévitable de valeurs inconciliables. Et ceci reflète donc
cette brisure et cette transformation dans la conscience européenne qui se
développe entre 1760 et 1830, celle du
Sturm und Drang, « un emprunt sur hypothèque, écrit Pestelli
2, qui ne sera remboursé que plus tard, par les romantiques ».
Cette idée du démoniaque que Goethe soulevait à propos de Mozart, a été
reprise et développée dans un article important d'Alfred Heuss, un
musicologue allemand du début du 20éme siècle, mais c'est le grand
musicologue mozartien qu'était Alfred Einstein (le cousin d'Albert) qui la
fait connaître au monde de la musique. C'est ainsi qu'on distingue parfois
les interprètes dits « pré-einsteiniens » (on devrait plutôt dire
pre-heussiens) de Mozart, comme Walter Gieseking, Marguerite Long, ou Emil
Gilels, qui n'ont pas la vigueur, les tensions, la dynamique, le goût des
contrastes, le sens de l'architecture et le volume sonore à la fois viril
et lyrique d'Arthur Schnabel dans son interprétation de Beethoven, ou de
Wilhelm Kempf, Rudotf Serkin ou Murray Perahia dans Mozart. De cette
fusion des contraires, écrit le musicologue italien Georgio Pestent, vient
un sentiment de joie en même temps que ce serrement de gorge qui est
l'empreinte digitale du Mozart de la maturité.
Le second point que je voudrais souligner c'est que
Mozart a pris une place cardinale dans l'histoire de la littérature
épistolaire germanique. Le lecteur de langue française a la chance de
pouvoir lire la correspondance complète de Mozart dans une édition
critique établie par la bibliothécaire du Mozarteum de Salzbourg, Madame
Geneviève Geffray. Or, c'est Mozart, en même temps que la mère de Goethe,
qui casse le moule formel et rigide du style des lettres en usage. Tous
deux, pour la première fois, écrivent comme on parle. Après eux le style
épistolaire abandonne les formules de politesse stéréotypées que la langue
française est probablement la seule en Europe à ne pas avoir complètement
abandonnées.
Que penser enfin de la nature dite sulfureuse ou
obscène de sa correspondance avec sa cousine Maria Anna Thekia (
das Bäsle) ?
3 ll ne faut pas oublier que la société autrichienne avait ses
tabous, et que nous avons les nôtres. Les plaisanteries érotiques étaient
de mauvais goût parmi la bourgeoisie autrichienne du 18
ème, tout comme les plaisanteries scatologiques le sont
aujourd'hui en France.
De plus, n'y a-t-il pas quelqu' ironie à condamner la
scatologie de Mozart alors que l'on accepte sans sourciller les remarques
tout aussi scatologiques de certains de ses commentateurs nourris de
psychanalyse ? Ne lit-on pas sous la plume d'un éminent musicologue, que
la passion de Mozart pour la musique est la « sublimation du pet
originel » ou en encore que la tension émotionnelle dans sa musique
traduit son origine anale
4. Ou encore que « la défécation et l'expression musicale sont
associées dans son esprit à plus d'une occasion ». La musique dérive dont
du pet, et non l'inverse, car il faut donner la préférence aux
interprétations qui dégradent plutôt qu' à celles qui exaltent. Et quant à
l'humour de Mozart, on nous apprend encore que le rire est analogue au
vomissement.
5 En d'autres termes quand Mozart fait une plaisanterie
scatologique, il s'agitd'une régression infantile et d'une immaturité
émotionnelle, mais quand un musicologue, ou un psychanalyste localise
l'orifice anal dans les lieux tes plus inattendus, nous somme censés
écouter ces considérations avec respect. Il y a donc deux poids et deux
mesures, une mesure pour Mozart, une autre pour ses commentateurs, avec
cette différence que ces derniers semblent totalement dépourvus du sens de
l'humour. Thomas Szasz, professeur de psychanalyse, n'écrit-il pas: «
Méfiez-vous du psychanalyste qui analyse les plaisanteries plutôt que d'en
rire ».
En réalité les lettres de Mozart à sa cousine sont un
exercice littéraire, qui rappelle Folengo, Rabelais, James Joyce et
Raymond Queneau, et qui se sert de licences littéraires consacrées par
l'usage, telles que lapsus linguae ou calami, jeux de mots, jeux et
déformations syntaxiques, énumérations, associations sonores, vers
amphigouriques et cliquettes verbales, associations d'idées ou de crudités
inattendues, qui transgressent tabous et convenances. Ces lettres
s'apparentent à ses
Canons énigmatiques (K.73 (89 a II), et à son goût pour les
mascarades et les bals masqués, pour les bouffonneries et le funambulisme,
les devinettes et les parodies, les farces et mystifications, pour
l'humour arithmétiques
6 et la musique combinatoire (K.Anh.294d/Anh.C30.01), pour les
calembours musicaux et la recherche du non-sens, c'est à dire de
l'inintelligibilité tant verbale que musicale (K. 522). En bref, les
lettres de Mozart ainsi que certaines de ses oeuvres musicales ne sont
rien de moins qu'une critique de la déraison pure.
7
Ce n'est pas le lieu de m'étendre sur ces différents
sujets, mais ceci me rapproche de mon propos. La médecine s'est emparée du
personnage de Mozart et alors que, de toute l'histoire de la musique, il
était probablement, avec Joseph Haydn, le personnage le plus sain de corps
et d'esprit, on a réussi a faire de sa biographie une véritable
encyclopédie médicale.
8
On a voulu voir dans les lettres à sa cousine un signe
d'hypomanie et de paraphasie, c'est à dire une incapacité de parler
correctement par un processus qui entremêle les mots et les substitue les
uns aux autres; ou encore, par exemple selon Stendhal, le signe d'une
personnalité immature; sa biographie, nous dit-on, révèle des signes d'une
névrose d'angoisse et d'une personnalité obsessionnelle, narcissique et
paranoïaque. Inutile de poursuivre cette liste: plus de vingt diagnostics
de désordres psychiatriques ont été attribués à Mozart, y compris une
passion pathologique du jeu. Cependant c'est dans dans la littérature
psychanalytique ou psycho-biographique que l' imagination médicale
engendre un véritable sottisier. La musique de Mozart se caractérise par
sa féminité et son manque de provocation sexuelles
9, car les hommes qui manifestent une inclination musicale
semblent posséder des personnalités plus féminines que les hommes qui
n'ont guère d'intérêts pour la musique
10. C'est pourquoi l'inversion du conflit oedipien propulsait
Wolfgang dans une attitude accommodante, passive et soumise – si pas
totalement féminine – envers son père
11. Car en aiguillant son agressivité sur un travail créateur,
et en restaurant l' objet haï, par le moyen de la création musicale, il
déniait inconsciemment ses impulsions hostiles envers son père, apaisant
ainsi le danger de castration, et regagnant l'approbation des éléments
maternels de son superégo
12. Ces affirmations péremptoires en style d'oracle, ne sont ni
justifiées ni documentées par leurs auteurs. Avec sa finesse d'esprit,
Mozart, qui adorait parodier les fadaises, nous aurait fait sourire de ces
balivernes.
13
Ces exercices prétendument psychiatriques, supposent
une triste alliance entre le génie et l'immaturité morale, entre la
maladie mentale et la créativité, ainsi qu'entre l'écriture musicale et la
défécation. Cet usage abusif de la psychiatrie sert donc de véhicule de
mépris et de condamnation morale, et permet le déploiement d'un étalage de
stéréotypes tels que ceux du génie efféminé, infantile, graphomaniaque,
souffrant d'insécurité émotionnelle, de mégalomanie et de masochisme
intra-psychique, de grégarisme et d'indécision, d'impulsivité et
d'agitation psychomotrice, de solitude intérieure et d'anomie. Inutile de
dire que ces diagnostics sont sans aucun fondement et que Mozart ne
présentait absolument aucun signe de désordres mentaux.
Mozart sert de prétexte à Bernard Lechevalier
14 pour nous introduire à la neuropsychologie de la musique,
mais quand ce dernier reprend la thèse de Peter J. Davies selon laquelle
Mozart souffrait de tendance maniaco-dépressive, il se trompe. Certes les
arguments de Davies sont convaincants, mais ses prémisses sont fausses.
Davies utilise les critères de diagnostic établis par l'Association
Psychiatrique Américaine. Mais ces critères, pour être valables, doivent
être tous présents, ce que Davies passe sous silence. il choisit donc,
parmi les critères diagnostiques, ceux qui lui conviennent, c'est à dire
à la carte ; cette hypothèse psychiatrique doit donc être rejetée
puisque les critères diagnostiques ne sont pas remplis.
15 Les troubles psychiatriques de Mozart n'étaient rien moins
que de simples
spiritose invention ! (une expression qu'il avait empruntée au
Bugiardo de Goldoni).
Concluons avec Thomas Szasz qui écrit qu'un
psycho-historien c'est quelqu'un qui prétend décrire de grands hommes,
mais qui cherche en réalité à les dépouiller. Et le Neveu de Rameau de
Diderot ajoute: « Lorsque j'apprends de leur vie privée (celle des
grands hommes} quelque trait qui les dégrade, je l'écoute avec plaisir.
Cela nous rapproche. J' en supporte plus aisément ma médiocrité »
16.

Ceci dit, venons-en, à la santé physique de Mozart. On
nous répète que Wolfgang était d'une santé délicate, qu'il souffrait
d'infections fréquentes des voies respiratoires, de maux de tête et de
problèmes dentaires. En réalité le taux de morbidité , c'est à dire le
nombre de maladies par unité de temps dont il a souffert au cours de son
enfance et de son adolescence, est comparable à celui d'un enfant européen
d'aujourd'hui. Il n'y a donc rien d'anormal dans le nombre et la fréquence
des épisodes morbides de Mozart.
17
De plus, Mozart a vécu 13097 jours et a voyagé 3720
jours. Ces nombreuses pérégrinations l'exposaient à des infections
d'origine aérienne, hydriques ou encore alimentaires, et de nature
principalement bactériennes ou virales : il est donc surprenant qu'il
n'ait pas présenté d'avantage d'infections respiratoires, intestinales ou
autres. Tous comptes faits, il était en excellente santé.
A l'âge de six ans, il a souffert d'érythème noueux, et
à dix ans, il a fait un épisode de quatre jours, c'est à dire très bref,
d'arthralgie des pieds et des genoux, à moins qu'il ne s'agisse de
douleurs musculaires. S'agissait-il d'un rhumatisme articulaire aigu ou
d'un épisode d' arthrite postinfectieuse ?
Il contracte la variole à lâge de 11 ans (à moins qu'il
ne s'agisse de la varicelle) car, par une attitude analogue à l'hostilité
de certains aux OGM aujourd' hul, Leopold Mozart était opposé à la
vaccination de Jenner, une nouveauté qui commençait à être connue en
Europe. A l'âge de 9 ans, durant leur voyage en Hollande, Wolfgang et
Nannerl firent tous deux une infection grave de nature indéterminée qui ne
leur a, par la suite, guère laissé de séquelles.
Ceci dit, la littérature médicale, une fois de plus,
s'en donne à coeur joie. Mozart aurait été victime au cours de sa brève
existence de rachitisme, de pellagre, du choléra , de la syphilis, d'une
hépatite
18, de la fièvre jaune, de rhumatisme juvénile (maladie de
Still), d'hydrocéphalie, de coliques biliaires, d'un ulcère duodénal
perforé, de strabisme, de myopie ou d'hypermétropie, de fracture d u
crâne, d'hématome sous-durai ou épidural, d'hallucinations visuelles e
tauditives, soit d'hyper soit d'hypothyroidie, de syndrome de
Stevens-Johnson, de labyrinthite, de surdité de l'oreille gauche, d'abus
d'alcool ou de dysmorphophobie comme l' homme au Loup de Freud, et j'en
passe. Mozart n'aurait, par ailleurs, jamais proprement composé de
musique, car il souffrait, en fait, d'épilepsie temporale et notait tout
simplement ses hallucinations musicales
19 20. Un éminent neurologue qui n'a rien d'un pince-sans-rire,
Ernest Friedman, a défendu avec des arguments douteux sur lesquels je ne
peux guère m'étendre ici, que Mozart souffrait de dysphasie musicale, une
forme mineure d'aphasie musicale
21. Rien, cela va sans dire, ne vient appuyer cette profusion
d'hypothèses.
Mozart, nous dit-on, est mort terrassé par une
hémorragie cérébrale, une hémiplégie, une infection streptococcique, une
broncho-pneumonie terminale, une fièvre rhumatismale, une endocardite
maligne, une cirrhose du foie, la malaria, des malformations congénitales
multiples
22 mais il n'y a pas une parcelle d'évidence à l'appui de ces
hypothèses
23. Un article a été publié dans les
Mitteilungen du Mozarteum de Salzbourg selon lequel Mozart n'est en
fait pas mort, mais a été tout simplement enlevé par un extraterrestre. La
littérature qui porte sur les causes de décès de Mozart dresse une liste
impressionnante de diagnostics, au bout de laquelle la question reste en
suspens. Si on regroupe ces diagnostics selon les catégories de la
Classification Internationale des maladies et des Causes de Décès, le
chiffre s'élève à plus de 120 causes de décès. Libre à chacun d'allonger
la liste. Il va de soi que la probabilité de chacun de ces diagnostics est
inversement proportionnelle à leur nombre et que plus ce nombre augmente,
plus la plausibilité de chacune de ces hypothèses diminue. De telle sorte
que peu d'entre elles, peut être aucune d'entre elles ne sont vraies,
c'est à dire que presque toutes, si pas toutes, sont fausses.
24
Comment expliquer cette situation? Pourquoi une telle
inflation diagnostique, une telle explosion d'hypothèses que rien ne
permet ni de confirmer ni d'infirmer ?
La difficulté majeure vient de ce que la plupart des
auteurs s'appuient sur des sources secondaires et n'ont pas lu les sources
primaires, car celles-ci sont en langue allemande du 18
ème siècle, si pas en dialecte autrichien et sont difficilement
accessibles ; de plus, la critique de ces sources, quand elle est
satisfaisante et exhaustive, est éparpillée dans la littérature, notamment
allemande, autrichienne, anglaise et américaine qui n'est disponible que
dans peu de bibliothèques.
A titre d' exemple, Bernard Lechevalier, dans son très
beau livre sur le cerveau de Mozart, nous décrit les maladies et la mort
du musicien. Il s'appuie à cet effet sur les publications de Davies c'est
à dire de nombreux articles et un livre consacrés à ces sujets. Cependant
Davies est un adepte du lit de Procruste : ses écrits sont truffés
d'erreurs commodes, soit qu' il omette des faits qui réfutent ses
hypothèses, soit qu'il décrive des signes ou symptômes non documentés, qui
sont le pur fruit de son imagination, mais qui viennent opportunément à
l'appui de ses thèses. Lorsque Mozart tombe malade et s'alite te 20
novembre 1791, il ne présente pas de maux de tête, pas d'accès répétés de
vomissements ni diurnes ni nocturnes, pas plus que de diarrhée ou de
crampes abdominales et pas de signes d'encéphalopathie.
Le diagnostic de syndrome de purpura de
Henoch-Schônlein est, il est vrai, le plus populaire parmi les diagnostics
dépourvus de fondement. Mozart, au cours de son existence, n'a jamais
présenté ni polyarthralgies, ni purpura, ni hémorragies cutanées, ce qui
sont cependant les signes les plus caractéristiques de cette affection
25. De plus, cette maladie est très rare et quand un choix
s'impose entre une affection rare et une affection commune, il faut donner
la préférence à la seconde. Plus une maladie est rare, plus grand doit
être le poids de la preuve. Si l'on entend des bruits de sabots dans les
rues de Vienne, il est peu probable qu'il s'agisse d'une girafe.
Le médecin traitant de Mozart, le docteur Closset,
diagnostique un
deposito alla testa, ce qui correspond à l'expression de
transport au cerveau utilisée en français à l'époque. Ce terme ne
signifiait pas une complication encéphalique, mais décrivait un état de
détire dû soit à une fièvre élevée, soit à une infection grave, soit
encore à un état psychotique. Les médecins utilisaient encore cette
expression pour un ensemble de processus morbides qui touchaient un organe
ou une fonction vitale, et dont l'issue était fatale.
Que conclure ? Sauf une infection grippale au cours de
son voyage à Prague en septembre 1791, Mozart est en parfaite santé
jusqu'au 20 novembre quand il s'alite. La maladie commence brusquement,
sans signes avant-coureurs et, dans l'espace d'une quinzaine, suit un
cours fatal avec une immobilité due à une très grande faiblesse, des
œdèmes dont l'évolution et l'importance restent mal définis, un seul
vomissement en jet et probablement de la fièvre en fin de course. Mozart
est conscient, animé et heureux jusqu'à peu avant sa mort. Il parle avec
confiance de ses projets d'avenir et ne se rend compte de l'issue fatale
que quelques heures avant sa mort.
On ignore si Wolfgang ou Nannerl ont jamais joué les
7 Variationen für Klavier sur « une fièvre brûlante » (Anh C 26.02)
que Constanze semble avoir attribuées à Mozart et qui proviennent en fait
d'un opéra d'André Grétry (1741-1813) — qu'on appelle parfois le Mozart
belge — joué à Paris en 1784 et à Vienne en 1788, et qui préfigure la mort
de Mozart. En effet, si les trois certificats de décès (le certificat de
décès du 5 décembre, la notification de décès du 5 décembre inscrite dans
le registre de la Cathédrale Sankt Stephan du 3 au 10 décembre, et la
notification du livre de la paroisse de Sankt Stephan du 6 décembre) ne
sont guère médicalement instructifs, ils portent la même mention de
Hitziges Frieselfieber c'est à dire, fièvre miliaire brûlante, un
terme générique qui avait une fonction administrative mais n'avait pas de
signification médicale spécifique. Il s'agissait d'une fièvre élevée
accompagnée d'une éruption miliaire, due à une sécrétion excessive de
sueur que Balzac appelait
la suette.
Le diagnostic aujourd'hui le plus vraisemblable, est
celui proposé par les médecins qui ont accompagné Mozart durant sa
dernière maladie. Il s'agirait d'une maladie infectieuse de nature non
déterminée (on ne peut guère parler de streptocoque, puisque ce germe
était inconnu à l'époque), qui faisait l'objet d'une épidémie à Vienne,
même si les statistiques de mortalité de cet hiver ne sont guère
concluantes sur ce point. Le corps a, d'ailleurs, été examiné par le
médecin légiste responsable des maladies infectieuses. De plus, à la mort
de son mari, Constanze, désespérée, se jette sur son lit dans l'espoir
« de gagner sa maladie et de mourir avec lui ».
Les médecins concluaient à une « fièvre rhumatismale »
mais ce terme n'avait rien de commun avec son sens actuel, et il est donc
illégitime de transférer ce diagnostic dans le langage médical qui est le
nôtre. S'agissait-il d'une grippe, de la fièvre typhoïde ou du typhus? II
semble bien que le malade ait manifesté des d'œdèmes périphériques, ce qui
suggère soit une décompensation cardiaque soit une affection rénale
terminale. De plus le Dr Closset lui a administré des clystères, émétiques
et purgatifs mais surtout des saignées afin de soustraire les « humeurs
peccantes » — selon la doctrine de l'école du Professeur Stoll à
Vienne — ce qui lui a en réalité soustrait la moitié de la masse sanguine.
Dans ces circonstances, il n'est pas surprenant qu'une infection sérieuse,
ou même bénigne, se termine de manière fatale. Ce qui est clair, c'est que
la mort de Mozart est due à une affection aiguë qui répond à des facteurs
multiples, surmenage, infection, automédications et traitements médicaux
agressifs et inefficaces, conditions d'hygiène défectueuses etc.

Mozart a-t- il été l'objet d'un empoisonnement criminel
? Salieri, cela va sans dire, est hors de cause. Passons sur la lignée
apostolique et national-socialiste qui prend sa source dans les idées et
les écrits du Dr. Mathilde Ludendorff (1877-1966) et de son mari
l'intendant général des armées Erich Ludendorff, pour lesquels Mozart a
été victime d'un meurtre rituel, empoisonné par les Francs-Maçons, les
juifs et les jésuites.
Cependant l'hypothèse de l'empoisonnement n'est pas
exclue quoique très peu probable. Si cela a été le cas, il aurait pu
s'agir de l'élimination par la police impériale d'un personnage gênant.
Mozart ne s'était-il pas fait le champion du radicalisme des Illuminati
dans la
Flûte Enchantée. Après sa mort, l'opéra est déclaré subversif et
interdit par l'Empereur Franz II, et une campagne est menée contre les
Illuminati, accusés de préparer la Révolution Universelle. De plus, Mozart
n'avait-il pas l'intention de créer sa propre loge sous le nom de
La Grotte, alors que la franc-maçonnerie était interdite ?
Constanze Mozart ne reconnaissait-elle pas que son mari avait été menacé
de mort par ses ennemis ?

Retour à la légende. L' histoire qui suit prend
naissance en Janvier 1792, après la mort de Mozart. Mozart aurait reçu la
visite d'un mystérieux messager, le visage masqué et vêtu d'une cape grise
(
Der graue Bote) qui lui aurait remis une lettre anonyme et
cachetée, par laquelle il lui commandait une messe de requiem pour une
somme non négligeable.
Rochlitz, dans ses anecdotes peu fiables sur Mozart,
répand la légende selon laquelle Mozart déclarait écrire son propre
Requiem. Une lettre factice qui aurait été adressée par Mozart à da Ponte
vient confirmer cette fable: « Je suis à bout de force, et je ne puis m'
ôter des yeux l'image de cet inconnu... »
La réalité est très différente. Mozart,
vraisemblablement, connaissait l'identité du messager mais il était de bon
ton de feindre de l'ignorer. Maria Teresia Prenner von Flammenberg meurt à
21 ans. Son mari le comte Franz Paula Josef Anton, Comte von Walsegg, un
riche propriétaire de 28 ans, décide de commander une messe à sa mémoire
au meilleur compositeur du moment, et de la faire passer pour son oeuvre
propre. Il charge le cabinet de son avocat d'envoyer un messager chez le
compositeur.
Par ailleurs le tout Vienne savait que Walsegg
commandait des oeuvres qu'il présentait pour siennes auprès des musiciens
de son orchestre. N'avait-il pas dirigé en 1787 et dans des circonstances
comparables, les
Sept Dernières Paroles du Christ de Joseph Haydn ? De plus Mozart
connaissait Maria Teresia von Flammenberg, qui avait chanté à l'âge de dix
ans dans plusieurs productions de l
'Orphée et Eurydice de Gluck. Et elle avait, plus d'une fois, fait
partie de la même distribution qu'Aloysia Weber, le premier amour de
Mozart et la soeur de Constanze.
Ajoutons que le
Requiem n'était pas le testament de Mozart, ni son chant du cygne.
Alors qu'il portait souvent des œuvres inachevées dans son catalogue
thématique, le Requiem n'y figure pas. Il ne figure pas non plus dans sa
correspondance alors qu'il parle avec enthousiasme de sa
Zauberflöte. En d'autres termes six mois après la commande du
Requiem, la moitié seulement de l'oeuvre est écrite, alors qu' il a
terminé deux opéras,
La Clemenza di Tito et
die Zauberfleite, le concerto pour clarinette et le concerto pour
cor en ré majeur, ainsi que deux cantates maçonniques.
Quant aux instructions que, peu avant de mourir, c'est
à dire le 4 décembre, Mozart aurait données à Süssmayer sur la façon de
terminer le
Requiem, celles-ci sont vraisemblablement une pure légende répandue
par Constanze. Elle s'est toujours efforcée, pour plusieurs raisons, de
présenter le
Requiem, pris dans sa totalité, comme le testament de Mozart ainsi
que le couronnement de son oeuvre.
« Peu de temps avant sa mort », Mozart aurait encore
chanté la partie d'alto et participé à une dernière répétition avec sa
femme (soprano), son beau-frère Hofer (ténor), Franz Xaver Süssmayer, son
ancien élève, Franz Xaver Gerl, compositeur (basse) et Benedikt Schack,
son ami (soprano). Arrivé aux premières barres de mesures du
Lacrimosa, Mozart aurait éclaté en sanglots et se serait étendu sur
son lit pour y mourir. Il n'est pas vraisemblable que Mozart ait été
capable de chanter après quinze jours d'une maladie débilitante qui se
manifestait par une faiblesse telle qu'on était obligé de l'aider à se
relever pour s'asseoir dans le lit. Cette légende ne s'appuie d'ailleurs
que sur un seul document, basé sur de simples ouï-dire, et publié trente
cinq ans après sa mort.
Plus encore, on est en droit de se demander s'il avait
l'intention de finir sa messe des morts, et s'il n'était pas excédé par
les entourloupettes de Walsegg. N'écrivait-il pas à son père en 1777 : «
Je suis prêt à tout... pour autant que cela ne touche pas à mon honneur et
au nom de Mozart».
L'éditeur de musique Johann André qui avait acheté à
Constanze une grande partie des manuscrits autographes de Mozart, écrivait
en 1826 : « Je pense que l'anecdote répandue concernant la naissance du
Requiem est une légende fabriquée par sa veuve.... Je n'ai,
personnellement, jamais été capable de croire un mot de l' histoire de la
commande mystérieuse, qui ressemble avec toutes ses variantes à un conte
de fées ».

Il reste le mystère du crâne de Mozart.
26
Un premier crâne attribué, sans preuves solides, à
Mozart fait surface en novembre 1865, quand Andreas Schubert, le jeune
frère de Franz Schubert déclare que le crâne de Mozart est entre les mains
d'un graveur, peintre et violoncelliste de talent Jacob Hyrtl. Ce dernier
meurt en 1868 et le crâne passe entre les mains de son frère, Joseph Hyrtt
(1810-1894), anatomiste de grand renom, qui en fait une description
détaillée, qu'il dicte à son assistant Ludwig August Frank et qu'il
contresigne en ajoutant: « Lu avec émotion et joie, 22 novembre 1868.
Hyrtl » (
Mit Rührung und Freude gelesen)
27.
Joseph Hyrtl meurt en 1894 et le crâne, dépourvu de
maxillaire inférieur, disparaît jusqu'en 1901, quand il réapparaît et
qu'on en fait don à la ville de Salzbourg. Ce crâne est à présent à la
Fondation Internationale Mozarteum de Salzbourg.
La question se pose alors de savoir s'il s'agit ou non
du même crâne que celui que possédait Joseph Hyrtl. La réponse est
complexe mais elle se résume en ceci : il ne s'agit pas du même crâne. Le
crâne du Mozarteum ne montre aucune séquelle des problèmes dentaires dont
a souffert Mozart et qui sont bien décrits dans la correspondance
familiale ; de plus il présente quatre dents de plus que celui de Hyrtl.
La pousse des dents n'a plus lieu chez un sujet adulte, et généralement
moins encore, sur un crâne déposé sur l'étagère d'un laboratoire.
De plus l'inscription que portait le crâne de Hyrtl
n'est pas celle du crâne du Mozarteum. Enfin, cette dernière mentionne le
nom de « Josef » au lieu de « Johann » Rothmayer et par
ailleurs, ce dernier n'était pas le fossoyeur de Mozart, car il n'a pris
ses fonctions au cimetière de Sankt Marx qu'en 1802, 11 ans après la mort
du musicien.
Les conclusions tirées des reconstructions du visage
effectuées par des anthropologues français
28 et autrichiens
29 sont fallacieuses pour deux raisons majeures. La première,
c'est qu'il y a peu de portraits authentifiés de Mozart. Une proportion
significative de ceux reproduits dans la presse française ces derniers
temps ne sont pas de lui. De plus les portraits authentifiés ne se
ressemblent guère entre eux.
En second lieu, les reconstructions pèchent par une
faute méthodologique fondamentale : elles auraient dû. être faites en
double aveugle. Les anthropologistes qui ont fait ces travaux, ne sont pas
malhonnêtes, ils sont sincères et ont travaillé avec rigueur, mais ils
sont humains et susceptibles, comme tout chercheur, d'être victime
d'erreurs ou de biais.
Comment procède-t-on en science pour éviter ce genre de
biais ? Si au lieu de faire un exercice de reconstruction avec un seul
crâne et un seul portrait, les anthropologues avaient travaillé sur une
trentaine de crânes d'autrichiens du même âge et morts à la même époque,
matériel qui était disponible
30 ; et si dans l'ignorance de la question posée, c'est à dire
de Mozart comme objet, ils avaient effectué leur travail de
reconstructions ; et si le seul visage qui ressemblait au profil du dessin
à la pointe d'argent de Doris Stock, c'est à dire le dernier portrait de
Mozart, était celui reconstruit à partir du crâne du Mozarteum la
démonstration eut été plus convaincante. C'est donc à juste titre qu'elle
a été rejetée par un collège d'experts réunis par le Mozarteum. Et c'est à
juste titre, et pour éviter un débat vide de contenu, que le Mozarteum
refuse, en l'absence de faits nouveaux, de délivrer des photographies du
crâne qui est en sa possession.

L' historiographie médicale de Mozart cherche à
expliquer sa mort précoce comme le point d'impact d'une trajectoire qui la
précède, c'est à dire de quelqu' affection chronique. L'application du
principe de parcimonie (
entia non sunt multiplicande praeter necessitatem) pousse les
auteurs à relier les événements et les conjonctures de son existence en
une narration médicale linéaire, qui en quelque sorte couvre et embrasse
sa vie entière. Ceci répond à un sourd besoin de trouver une cause unique
ou un ensemble de causes convergentes au destin des grands hommes, et, en
conséquence, de reconstruire la vie de Mozart sous forme d'un drame, d'une
tragédie cohérente qui conduise à sa mort précoce et inexorable. Ces
stratégies narratives sont à la recherche de la clef d'une énigme, comme
si la vie de Mozart était le résultat d'une sorte de dessein ou de
destinée, plutôt que d'évènements fortuits et imprévisibles: sa mort prend
alors une signification providentielle
31. Mais, n'est-il pas vrai que « le destin » est un
terme qui se conjugue qu'au passé ?
La même préoccupation explique le besoin d'analyser les
marques dun génie chez Mozart. Cette question repose sur une tradition qui
remonte au romantisme et selon laquelle il existe une discontinuité
biologique ou neurophysiologique entre Mozart et un homme « normal ».
Norbert Elias a montré que cette dichotomie entre un génie et une personne
ordinaire, exprime une inhumanité profonde, enracinée dans la culture
occidentale, et qui reflète un conflit ancestral entre une humanité
civilisée et son animalité, parallèlement à d'autres dichotomies comme
celle du corps et de l' esprit, de la nature et de la culture ou du
conscient et de l' inconscient. Le psychiatre Eliot Slater écrit que le
mot de « génie » est une pétition de principe qui semble
répondre à un ensemble de questions avant même que celles-ci n'aient été
clairement formulées
32.
Mozart était un enfant doué d'un talent musical
exceptionnel, à qui la vie a donné l'occasion de s'épanouir, aidé par un
père attentif à son éducation et lui-même musicien, aidé encore par ses
voyages précoces et sa culture musicale cosmopolite et enfin, par sa
personnalité obsessionnelle : il ne cessait pas de penser à la musique.
C'est donc cet ensemble de facteurs qui, une fois réunis, donnent
naissance à un individu prodigieusement créateur. La psychologie
contemporaine substitue donc le concept scalaire de créativité à celui,
romantique et binaire, de génie.
Pourquoi dit-on de Mozart qu'il était un grand créateur
? A cause de certains processus internes ou neurophysiologiques ? Ou
plutôt par la constatation de ce qu'il a écrit, de ses idées de ses
oeuvres musicales ? Plutôt que d'attribuer à certains êtres humains
exceptionnels, du génie, un prédicat catégoriel, on préférera donc dire
que la créativité que révèlent leurs oeuvres est dimensionnelle, car elle
correspond à un spectre continu tout au long d'une échelle de
créativité.
Walter Bodmer, lors du Congrès International de
Génétique tenu à Washington en 1991, déclarait que si Mozart était
né dans une tente de Bédouin quelque part dans le Sahara, il est probable
qu'il ne serait pas devenu ce qu'il est. A quoi un professeur canadien de
pédiatrie, Philip Welch, répondait que si Walter Bodmer était né le
septième enfant de Léopold Mozart, le monde eut été dépourvu de l'héritage
créateur de Wolfgang Amadé Mozart.
A la lumière de ce qui précède, il n'est pas surprenant
que, pour certains auteurs, comme Hocquard
33, Hildesheimer
34, ou Hans Küng
33, la personnalité de Mozart soit une énigme, un mystère. Tout
comme s' il y avait une « vraie » personnalité cachée derrière
le comportement apparent de Mozart. N'est-ce pas une illusion commune de
croire à la possibilité de faire toute la lumière sur un être humain,
comme s'il y avait en Mozart — ou en chacun d'entre nous — un noyau dur de
traits de caractère fixes et invariables qui permette de définir sa — ou
notre — personnalité ? L'illusion réductrice qui consiste à croire que
nous pouvons comprendre Mozart et que sa biographie devrait être
réductible à une explication nécessairement discursive et linéaire,
conduirait à une image du musicien unidimensionnelle, incomplète, dégradée
et appauvrie, qui laisserait entière et sans réponse les question les plus
profondes. Pour Saül Bellow, nous ne pouvons pas plus comprendre Mozart
que nous ne nous comprenons nous-mêmes.
Mais Saül Bellow ajoute, qu'en fait, et jusqu'à un
certain point, il nous est cependant possible de comprendre Mozart. Car il
s'adresse à nous, non pas dans un langage cognitif, mais par un mode
d'expression que nous avons appris à saisir. Si « la musique de
Mozart est le langage des affects, comment pouvons-nous qualifier ce
dernier, sinon que de
mystérieux ? »
36 Bellow renvoie donc les psychologues et les biographes de
Mozart à la doctrine des affects, une des idées qui a dominé la musique
classique, selon laquelle l'objet principal de la musique est d'émouvoir
et d'agiter des passions. Si vous cherchez à comprendre Mozart, écoutez
donc sa musique.
Dr. Lucien R. Karhausen
20 février 2006
Notes
- 1
. TUBEUF A.,
Le miracle de Mozart. Dans «
La légended'Amadeus Mozart », Le Figaro », Hors Série, 2006, p.
48
- 2. PESTELLI G.,
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- 3. KARHAUSEN L. R.,
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1955, p.181
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Correspondance », Flammarion, Paris 1989, Vol. 3, n°
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- 10. FARNSWORTH P.R.,
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(Letter). Dans « TLS », December 1990, p. 21-27
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Mozart's last illness. Dans
« Journal of the Royal Society of Medicine » (84) 1991, p. 323
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Contra Davies : Mozart's terminal
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Medecine» (84), décembre 1991, p. 734-736
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Mozart's terminal illness : unravelling the clinical
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Was Mozart's final illness preceded by a gathering storm
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- 26. —,
The Mozarteum's skull : a historical
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(9), février 2001, p. 109-117
- 27. ENGI J.,
Hyrtl's Mozart-Schâdel. I. Dis geschichtliche
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- 31. WYZEWA T. DE, DE SAINT-FOIX G.,
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- 32. SLATER E.
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Dans « Acta Psychiatrica Scandinavica » (219 ; Supplement) 1970,
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Éditions Alphonse Leduc, Paris.1982, p.19
- 34. HILDESHEIMER,W.,
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1977
- 35. KÜNG, H.,
Mozart Spuren der
Transzendenz. Serie Piper, München.
1991
- 36. BELLOW S.,
Mozart. Arnoldo Mondadori,
Milano 1993
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