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Dandy touche-à-tout, coqueluche
des salons à la mode dès la parution de
son premier livre de poésies en 1909, la création
par les Ballets russes du Sacre du Printemps
de Stravinski en 1913, semble être pour
lui une révélation. Cocteau disait que
toute son œuvre était poésie, peut-être
est-elle chorégraphique. Chorégraphie
de la poésie, du roman, du théâtre,
chorégraphie du cinéma, du dessin, de
la peinture, de la fresque, de la poterie, chorégraphie
de la danse. Dans toutes ses productions, Jean Cocteau
évoque et nourrit avec génie l'avant-garde
qui s'épanoui entre les deux guerres.
Il a laissé à la poésie,
au roman, au théâtre, au cinéma
une série d'oeuvres remarquables.
Il n'est pas musicien, et pourtant son
amitié, sa collaboration avec des musiciens comme
Erik Satie, ou Darius Milhaud, son action organisatrice
s'impose à l'histoire de la musique, particulièrement
par le rôle qu'il joua dans l'animation du groupe
formé par les compositeurs Germaine Tailleferre,
Darius Milhaud, Arthur Honegger, Louis Durey,
Francis Poulenc et Georges Auric. Le «Groupe des
Six», selon le nom de baptême donné
par le journaliste Henri Collet et qu'on adopta,
sans tenir compte du fait que cette assemblée
d'amis n'a jamais milité pour une esthétique
commune.
Le livre, dirigé par David Gullentops
et Malou Haine, s'attache à un autre apport de
Cocteau à la musique, celui des textes. Des textes
qu'on a mis en musique, y compris ceux qui n'étaient
pas prévus à cet usage.
Ce livre en recense plus de 600 qui ont
été mis en chansons populaires, sérieuses,
en opéra, en oratorios, en cantates, en poèmes
orchestraux. Plusieurs fois pour certains textes, dans
tous les styles. De nombreuses musiques ont illustré
les oeuvres théâtrales et cinématographiques
de Cocteau.
On y retrouve les «Six»,
Erik Satie, Reynaldo Hahn, Jean Wiéner, Igor
Marjkévitch, Roger Désormière,
Igor Stravinski, Kurt Weill, Djengo Reinhardt, John
Cage, Jean Absil, Georges Van Paris, Martial Solal,
Claude Debussy, Mauricel Jarre, Claude Nougaro, Phil
Glass, Hans Werner Henze etc.
La première partie du livre contient
une série d'études éclairant certains
aspects
des relations de l'oeuvre de Cocteau à
la musique.
Bien entendu, le «Groupe des Six»
et l'ouvrage manifeste sur l'art de Cocteau, Le
Coq et l'Arlequin sont à l'honneur. Mais
encore on porte réflexion sur la musique des
ballets, des spectacles, des films, les oeuvres pour
voix et orchestre, sur un oratorio inédit de
Cocteau et Yves Claoué, Patmos, et la
relation entre dessin et musique. On découvre
également plusieurs textes inédits
La seconde partie est un catalogue
raisonné de l'ensemble des textes mis en musique
(ou soutenus de musique) à travers le monde jusqu'à
nos jours. Ce catalogue est complété par
un index chronologique et un index des noms cités.
Ont collaboré à cet
ouvrage : Catherine Miller, Jacinthe Harbec, Jessica
De Saedeleer, Catherine Steinegger, Angie Van Steerthem,
Lynn Van de Wiele.
Jean-Marc Warszawski 26 octobre
2005
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