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Yves Chartier, Professeur d'histoire de la musique à l'Université d'Ottawa : Documents pour servir à l'histoire de la théorie musicale.

Les modes paraptères, source : traité de modis (Gerbert I, 149-150 ; Migne, PL 132.954-955). Hüs 113.

Contexte 

Petit traité sur les tons ou modes ecclésiastiques, apparenté à la tradition du chap. VIII de la Musica Disciplina d'Aurélien de Réôme. L'intérêt de cette compilation anonyme, que l'on peut dater de la seconde moitié du IXe s., sinon du début du Xe, réside dans le fait qu'elle est l'une des rares sources médiévales à nous renseigner sur l'existence des quatre tons intermédiaires ou "paraptères", et à nous donner leurs formules échématiques, avec exemples d'antiennes à l'appui : Paraptère (p) I : apparenté aux tons I (intonation de l'antienne) et II (fin) ; pII : au ton IV (fin ou conclusion de l'antienne) ; p III : aux tons VII (intonation) et IV (conclusion) ; p IV : aux tons VIII (inton.) et, peut-être, VII (conclusion).

Les formules échématiques de ces tons paraptères, qui devaient servir à classer les antiennes dites "bâtardes" (nothae) ou irrégulières qui échappaient au moule contraignant de l'octoéchos latin, sont les suivantes : nenoteneagis - anos - anaietanenagis - aianeagies.

Le De Modis est à rapprocher - outre le chap. VIII d'Aurélien - d'un texte greffé à l'Epistola de Armonica Institutione de Réginon de Prüm dans sa version longue (Leipzig, Bibl. Univ. Rep. I.8.93, f° 35, Xe s.).

Manuscrits

1. Césène, Biblioteca. Malatestiana, Plut. S.XXVI.1, f° 196v-197, XVe siècle
2. Oxford, Bodleian Library, Canon. misc. 212, f° 39v-40, XVe siècle
3. Ms. détruit en 1870 : Strasbourg, Séminaire protestant, XVe s., étroitement apparenté au ms. de Césène et collationné par Gerbert.

Éditions

T. Bailey, in Kirchenmusikalisches Jahrbuch 61-62 (1977-78), 50-54. [édition critique]

Le texte

L'authente est préséant et investi d'autorité : voilà pourquoi les Pères ont déclaré les livres très anciens "authentiques"1 , parce que renforcés par l'autorité <divine>.

Le protus est le premier : voilà pourquoi, dans l'Ancien Testament, Abel est le "protomartyr" ; dans le Nouveau Testament : Étienne. Le deuterus est le second : deuterus, en effet, signifie en grec "second" : voilà pourquoi "Deutéronome" signifie en grec "Seconde Loi". Le tritus est le troisième. Le tetrardus est le quatrième : on se souviendra, en effet, dans l'Évangile 2, de la "quatrième partie du Royaume". Mais le plagal du premier authente, et des autres <modes authentes>, ne requièrent pas d'explication, car ils sont inférieurs <aux authentes>. Les voici :

premier authente : premier plagal ; deuxième authente : deuxième plagal ; troisième authente : troisième plagal ; quatrième authente : quatrième plagal.

De même, en grec :

NNANEANE
NANNA NEAGIES
AIA NEAGIES
NENOTE ANES
GAGIES
NOEAGIS
NANA NAGIES
NOEAGIS

De même, pour les <modes> paraptères :
NENNOTENEAGIS. Antienne : Miserere mei Deus.
ANOS. Antienne : O mors <eros mors tua>.
ANAIETANENAGIS. Antienne : Benedicta tu <in mulieribus>.
AIANNEAGIES. Antienne : Nos qui vivimus.

Ainsi, pour les <modes> paraptères ci-devant mentionnés, il faut retenir qu'ils sont justifiés pour les petites antiennes - et surtout pour la psalmodie- qui ne finissent pas ainsi qu'elles commencent. Les paraptères sont ainsi nommés parce qu'ils préparent la voie aux versets qui accompagnent les antiennes

NENOTENEAGIS. Le premier paraptère confine au second ton et pénètre le verset comme le second ton mais se termine comme le premier ton, comme dans l'antienne Miserere mei Deus et a delicto4, et dans bien d'autres.

ANOS. Le second paraptère confine au quatrième ton et se termine comme celui-ci. Telles sont les antiennes Quia mirabilia. Sede a dextris meis. Speret israel. Omnis terra, et bien d'autres5.

ANAIETANENAGIS. Le troisième paraptère confine au septième ton et se termine comme le quatrième ton. Nombreuses sont les antiennes qui appartiennent à ce ton <paraptère> et qu'il nous serait trop long d'énumérer, mais en voici quelques exemples : Benedicta tu <in mulieribus>. Rorate caeli desuper. Erit enim magnum6.

AIANEAGIES. Le quatrième paraptère confine au huitième ton, mais ne monte pas à l'aigu et se termine ordinairement [mediocris] dans le même ton. On ne trouve que quatre ou cinq antiennes de ce type : Nos qui vivimus. Martyres Domini. Angeli Domini. Virgines Domini7.

Que le chantre lecteur de ce <petit traité> ne le méprise pas : nombreux, en effet, sont ceux qui nous raillent et nous tournent en dérision, nous qui psalmodions en l'honneur du Seigneur. Que Dieu ne leur donne pas raison, mais que le Très Haut se manifeste <à eux>. 

[notes : à venir]

 

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ISSN  2269-9910

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bouquetin

Dimanche 5 Juin, 2016 0:44