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 Franz Liszt
Lectures

Nicolas Stavy, piano

 

Franz Liszt, Lectures : Liszt d'inspiration littéraire, Nicolas Stavy, piano. Hortus 088, 2011.

Enregistré du 13 au 15 janvier 2011. Présentation par Michel Le Naour.

La conception du programme de ce disque privilégie des œuvres inspirées à Liszt par des lectures : Bénédiction de Dieu dans la solitude (Lamartine), Sonnet de Pétrarque, Six consolations (Sainte-Beuve, Lamartine), Après une lecture de Dante, bien sûr, et Du berceau jusqu'à la tombe, qui est un poème symphonique, inspiré d'un dessin de Mihali Zichy, composé originellement pour piano.

J'avoue que les concepts littéraires en musique ne m'enthousiasment pas, parce qu'on évoque alors plus les titres que ce qui est sur les portées. Lorsqu'on parle d'un opéra attribué au seul compositeur, c'est en général et surtout de l'œuvre du librettiste qu'on le fait. On mettra en avant les motivations, mais là encore, c'est bien autre chose qu'une Élise de Beethoven ou qu'une Mona Lisa de Léonard de Vinci qui habite les artistes, et peut-être encore faut-il faire une différence entre affect existentiel et inspiration artistique.

Il fallait faire un choix, pourquoi pas celui-ci, plutôt que jouer aux dès, tirer à la loterie, ou se servir de ses notes d'épicerie. En fin de compte, parmi les nombreuses œuvres de Liszt faisant écho à la littérature, Nicolas Stavy a tout de même choisi celles qu'il avait envie de mettre entre ses doigts et le clavier.

Cela a peut-être aussi l'avantage de rappeler que Liszt a été un grand explorateur de la narration en musique.

Et puis, je me méfie du piano de Liszt, qui me semble être souvent une carte de visite pour jeune virtuose : et que je t'y roule mes doubles trilles, que je te descende mes cascades d'octaves, je les remonte aussi, et tiens ! le tricotage des pouces entre les deux mains, et cela sans un grincement de neurone (c'est aussi ce que disait le vieux Liszt au jeune Liszt, et ce qui fâchait Chopin).

J'ai donc mis un certain temps avant de faire chauffer ma platine avec ce disque, bien que j'aie beaucoup beaucoup aimé, en son temps, l'enregistrement des œuvres d'Hélène de Montgeroult par Nicolas Stavy.

Ce disque ravira et remuera qui aime la musique romantique, le spleen des quatrièmes dessous, la méditation extatique, l'explosion tellurique, et toute la rare diversité dont Liszt est capable, le piano impérial et totalitaire.

De la nuance précieuse à l'emportement sans retenue, Nicolas Stavy semble également être musicalement sans limites. Comme la musique de Liszt, revendiquant fermement la modernité, pour cette année anniversaire, Nicoals Stavy ne joue ni un piano d"époque, ni un vénérable Steinway, mais le  dernier né de la technologie Yamaha, qui est ici inauguré dans un enregistrement, le CFX.

1. Bénédiction de Dieu dans la solitude (Harmonies poétiques et religieuses, 1849)

2. Sonnet de Pétrarque n° 104 (Deuxième années des Années de pélerinage, 1838, 1839)

3-8. Six Consolations, 1850

9. Après une lecture de Dante, « Fantasia quasi sonata » (Deuxième année des Années de pélerinage, 1837)

10. Du berceau jusqu'à la tombe, 1881 (Le Berceau, Le combat pour la vie, La tombe : le berceau de la vie future

Formé auprès de Gérard Frémy, de Dominique Merlet et de Gyôrgy Sebôk lors de master-classes, Nicolas Stavy a profité des conseils d'Alfred Brendel. Il est lauréat de plusieurs concours internationaux : Prix spécial au concours Chopin à Varsovie en 2000, deuxième Prix au concours international de Genève en 2001, quatrième Prix au Concours Gina Bachauer aux États-Unis en 2002, deuxième Prix du Young Concert Artists de New York en 2003...

Il participe à de nombreux festivals (Roque d'anthéron, Klavier Ruhr Festival, Chopin à Bagatelle, Chopin à Nohant...) et joue avec des formations telles que l'orchestre de la Suisse romande, l'orchestre philharmonique de Bucarest... Ses partenaires de prédilection en musique de chambre sont Patrick Messina, Tatjana Vassilieva, le Quatuor Ebène, Françoise Masset, Cédric Tiberghien...

En 2007, il a présenté au public un disque consacré à la compositrice française Hélène de Montgeroult (1764-1836), « A la source du piano romantique », pour le label Hortus (Hortus 058) ; en 2009, il a gravé Brahms, une jeunesse intrépide, disque récompensé par ffff de Télérama (Hortus 068).


Références / musicologie.org 2011

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