À propos du site

S'abonner au bulletin
Collaborations éditoriales

Biographies
Encyclopédie musicale
Discographies
Articles et études
Textes de référence

Analyses musicales
Cours d'écriture en ligne

Nouveaux livres
Périodiques

Petites annonces
Téléchargements

Vu et lu sur la Toile
Presse internationale
Forums et listes

Colloques & conférences
Universités françaises
Quelques bibliothèques
Quelques Institutions
Quelques éditeurs

Bulletin Officiel
Journal Officiel
Bibliothèque de France
Library of Congress
British Library
ICCU (Opac Italie)
München (BSB)
Deutsche Nationalbib.
BN Madrid
SUDOC
Pages jaunes
Presse internationale

S'abonner au bulletin

 

  A suivre…  Saint-Thibault, 10 juillet 2011
par Eusebius

 

Il n'est pas habituel de voir relaté un concert donné dans un petit village, inconnu de la critique, par deux jeunes virtuoses, encore inconnues en France . Et pourtant…

Le cadre d'abord : Saint-Thibault, minuscule village de l'Auxois (en Bourgogne) dont l'église du xiiie siècle, avec un magnifique chœur des xiiie et xive siècles, constitue le joyau (classé).

Et, naturellement, les interprètes :

Anna Hashimoto, clarinettiste exceptionnelle de maîtrise technique et musicale, a été lauréate de concours prestigieux et se produit principalement en Grande-Bretagne, où elle poursuit sa formation de concertiste sous  la tutelle de Michael Collins, et au Japon.


Anna Ashimoto

Manon Ablett, pianiste remarquable, distinguée dans plusieurs grands concours, travaille actuellement à Londres (Master d'accompagnement à la Royal Academy of Music). Toutes deux ont en commun leur jeune âge,  un talent exceptionnel et une complicité parfaite dont le récital de ce 10 juillet est l'illustration.


Manon Ablett

Les trois romances opus 94 de Schumann ouvraient leur récital. Présent de Noël 1849 (l'année des Phantasiestücke pour clarinette et piano), écrit pour Clara, elles étaient l'occasion d'apprécier la parfaite entente des deux solistes pour créer ce climat tour à tour intime et simple, lyrique et passionné caractéristique de l'écriture schumanienne.

Mais c'est dans la seconde sonate de Brahms que nos jeunes talents allaient confirmer toutes leurs qualités. A tous ceux qui pensaient que le vieux compositeur s'était mué en un romantique assagi, il faudrait faire écouter l'extraordinaire interprétation dont nous nous sommes régalés : une musique faite de vigueur et de tendresse, jeune et cependant mûrie. Ainsi le second mouvement atteint-il une véritable dimension symphonique dans laquelle le piano n'aurait pas été désavoué par Julius Katchen. L'émotion contenue du finale où la virtuosité de la clarinette n'est jamais gratuite couronnait cette interprétation exemplaire.

Le programme se poursuivait avec la rhapsodie de Debussy, fluide, fantasque, rêveuse, qui exploite tous les registres des deux instruments, en sollicitant leur large palette expressive. On oubliait que cette pièce, tout comme la suivante, avait été composée comme morceau de concours. L'élégance raffinée du Solo de concours de Messager, naturellement virtuose, achevait ce récital.

Les ovations du public appelaient un bis. Ce fut – surprise ! – le Tambourin chinois, de Kreisler, que l'on n'avait pas encore entendu à la petite clarinette en mi bémol. La version violonistique était oubliée tant la transcription, et son interprétation, étaient réussies.

On connaissait déjà Manon Ablett comme une brillante soliste. Elle se révèle une chambriste, une accompagnatrice exceptionnelle. Quant à Anna Hashimoto, le vocabulaire est pauvre ou redondant pour en décrire les qualités. Deux jeunes solistes qui ont déjà l'étoffe des grands interprètes et dont il faut retenir les noms, car elles sont promises à une brillante carrière.

Eusebius
20 juillet 2011


Références / musicologie.org 2011