À propos du site

S'abonner au bulletin
Collaborations éditoriales

Biographies
Encyclopédie musicale
Discographies
Articles et études
Textes de référence

Analyses musicales
Cours d'écriture en ligne

Nouveaux livres
Périodiques

Petites annonces
Téléchargements

Vu et lu sur la Toile
Presse internationale
Forums et listes

Colloques & conférences
Universités françaises
Quelques bibliothèques
Quelques Institutions
Quelques éditeurs

Bulletin Officiel
Journal Officiel
Bibliothèque de France
Library of Congress
British Library
ICCU (Opac Italie)
München (BSB)
Deutsche Nationalbib.
BN Madrid
SUDOC
Pages jaunes
Presse internationale


proposer un texte      s'abonner au bulletin      retour à l'index par auteurs

 Joaquín Turina
 
Sanluqueña,
Clara Cernat (violon) & Thierry Huillet (piano)
Tarbes, La Nuit Transfigurée
paru le 13 octobre 2005. (référence LNT 340116
avec le soutien de France Musiques)

Clara Cernat et Thierry Huillet ont déjà interprété deux disques de qualité pour le label tarbais « La Nuit Transfigurée » : les sonates pour violon et piano du compositeur roumain Georges Enesco et la musique pour violon et piano du suisse Ernest Bloch. Pour leur troisième proposition chez le même éditeur phonographique, ils présentent un programme autour du compositeur andalou Joaquín Turina, né à Séville en 1882 et décédé en 1949 à Madrid.

D'abord élève de E. García Torre à Séville puis de José Tragó à Madrid, Joaquín Turina part à Paris en 1905 et suit les cours de composition de Vincent d'Indy à la Schola cantorum. Pendant ces années parisiennes, il développe de solides amitiés — parmi lesquelles De Falla, Albeniz, Fauré, Dukas… — et connaît ses premiers succès en tant que compositeur. Une fois ses études de composition achevées, en 1914, il retourne à Madrid.

Tout cela, vous le trouverez dans le livret d'une soixantaine de pages qui accompagne le CD : la pianiste espagnole Carmen Martínez a rédigé une présentation, une biographie et une mise en regard des sensibilités andalouses de Joaquín Turina et de Manuel de Falla. Le tout est agrémenté de photographies, dessins, extraits de partitions et de correspondance issus des archives Joaquín Turina. Nous y avons trouvé des documents émouvants, tels un poème de son ami Manuel Machado, les dédicaces réciproques que se sont offertes Turina et De Falla, ou encore la vie culturelle et les scandales parisiens de l'époque ( La Mer et Le Sacre du Printemps) relatés par Turina lui-même. Dans un dernier volet, Thierry Huillet effectue une présentation des œuvres.

C'est poussé par Albeniz que Joaquín Turina entreprend dès ses débuts de compositeur de développer un style andalou flamenco au langage très sensible et personnel, au moyen des techniques de compositions européennes — dans le même temps que Bartok et Enesco s'intéressaient aux musiques populaires de leurs pays et à l'inclusion de ce « folklore » dans la musique écrite.

Un rapport très élaboré au pictural — sans doute lié au fait que son père était peintre —, aux images évocatrices et au rêve, rend la musique de Joaquín Turina d'une plasticité presque palpable et pourtant jouant tout autant d'échappées subtiles et de sinuosités. Dans El poema de une sanluqueña, Turina nous raconte une histoire non dénuée de poésie et d'humour. Il nous entraîne ensuite, en une succession de tableaux tour à tour romantiques, légèrement impressionnistes et tragiques, vers la danse échevelée ou les sentiments graves que sont la joie infinie et la profonde mélancolie ( Première et Deuxième Sonate), vers une expression lyrique ( Variationes clasicas) et colorée ( Homenaje a Navarra). L'immense sensualité dégagée par sa musique nous est transmise puissamment et avec vigueur, dans toute sa force évocatrice, par Clara Cernat et Thierry Huillet. L'aspect émotionnel contenu dans cet œuvre submerge parfois l'auditeur, réceptacle de tensions et d'élans poussés à leur paroxysme.

Seule ombre au tableau : si l'on sait, à la lecture du texte de Carmen Martínez que Sanluqueña a été composé en 1923-1924, les dates de composition ne sont malheureusement pas mentionnées pour les autres pièces. Des œuvres qu' il est fort appréciable de pouvoir découvrir ou redécouvrir aujourd'hui dans cette interprétation exceptionnelle.

Catherine Heyden


La Nuit Transfigurée, 41 bis, rue Victor Hugo, 65000 Tarbes
Tél. : 33 (0) 562 519 760
lanuittransfiguree@wanadoo.fr
http://www.lanuittransfiguree.com

©Références / Musicologie.org 2005
site conçu et administré par
jean-Marc Warszawski