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Compagnie Inouïe « La
Face Cachée de la Lune »
au Volcan maritime

Le Havre 7 mai 2013

Par Alain Lambert

 

Quittant Caen pour le Volcan de Niemeyer, au Havre, les quelques nuages qui atténuent la canicule à Honfleur, pour les nombreux touristes encore en vacances,  ont laissé place à un ardent soleil estival. Et le Volcan est en chantier, la billetterie a oublié de nous prévenir. Le concert aura lieu dans les locaux de l'ancienne gare maritime, là où on embarquait sur le France. Il fait une chaleur de sauna. C'est normal, il faut brûler beaucoup de kérosène pour s'arracher à l'attraction terrestre.

Compagnie Inouïe

A Saucerful of Secrets, à l'orgue, permet aux musiciens d'arriver chacun leur tour. Puis le maître de cérémonie, Thierry Ballaste, s'installe  au magnétophone pour nous concocter, à partir d'un tissus claqué devant un micro par un des musiciens, une boucle de sept battements de cœur, qu'il va faire tourner jusqu'à la dernière seconde du concert, pour lancer cette reconstitution de « Dark Side of the Moon » avec instruments d'époques et sons en direct, ceux des premiers synthétiseurs, des réverbs à ressorts, des bruits quotidiens et des voix off.

Avec en morceaux de bravoure, les synthés d'On The Run, les horloges et réveils de Time, déclenchés sur scène, et surtout la boucle de Money, reconstituée avec une vieille caisse enregistreuse, deux bols de pièces et un journal déchiré. En bonus, le même, chanté en préambule par la chanteuse et le guitariste, façon Chicago blues, pour nous rappeler que  c'en est un, malgré sa structure complexe en 7/4. Et que le nom du groupe ne signifie pas flamand rose, qu'il  est simplement la juxtaposition de deux prénoms de bluesmen des années soixante.

Autre bonus, une version déjantée, à la basse surtout, de One of these days. Et, juste avant le final (Brain Damage-Eclipse), le début d'Echoes en fin de solo de la pianiste, pour nous faire entendre comment le son de sonar a été créé en branchant le piano sur la cabine Leslie de l'orgue.

Une dimension pédagogique passionnante, un peu écourtée par la chaleur, hier, en fin de spectacle. Cette recréation ne se contente pas de copier-coller comme le font les tribute-band du Floyd mais renouvelle une émotion ancienne, pour une grande partie du public.

Les musiciens sont tous à la hauteur, en particulier les deux vocalistes et chanteurs sur The Great Jig In The Sky et  sur Money. Un petit regret toutefois, le manque de clarté, parfois, de la guitare, parmi tous les claviers,  car si David Gilmour ne sait pas improviser en 7/4, nous apprend-on, sa voix comme sa guitare ont une présence qui contribue, au moins autant que les autres membres du groupe, ou leurs expérimentations sonores, au son de Pink Floyd, du moins celui de la face cachée de la lune, et des autres titres joués ce soir.

Prochaines dates les 21 et 22 mai à Blagnac.

Les musiciens : Thierry Balasse, synthétiseur ; Benoit Meurant, synthétiseur ; Yannick Boudruche, chant ; Élisabeth Gilly, chant ; Éric Groleau, batterie ; Éric Löhrer, guitare ; Cécile Maisonhaute, piano ; Julien Padovani, claviers ; Olivier Lété, guitare basse .

 

Alain Lambert
8 mai 2013

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