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« Café Aman Istanbul » et « Michalis Tzouganakis » à Tatihou

 

24 août 2013, par Alain Lambert ——

Aujourd'hui, arrivée sur l'île en bateau, le Tatihou two, avec un soleil timide et du vent, pour pouvoir assister au point presse avant le concert. Car après cinq jours de traversées et quinze jours de festival, c'est la dernière soirée. Environ 11200 festivaliers venus de la région pour les deux tiers, et pour un quart des autres régions. Pour le reste de l'étranger... L'essentiel, c'est la progression de cinq pour cent, positive en cette période difficile et un an avant la 20e édition du 9 au 14 août 2014, en fonction de la marée. Un bon crû, donc, à tous les points de vue, prometteur pour la suite.

Avec ce dernier concert sur l'île, ce sont les Grecs qui sont à l'honneur. Et leur musique leur permet de relever la tête, et d'oublier un moment leurs préoccupations, ou de les dénoncer. En fait on n'en saura rien. Les deux groupes jouent, chantent avec un plaisir évident mais ne nous disent en français que le strict minimum, bonsoir et merci beaucoup.

Café Amam Istanbul Café Amam Istanbul à Tatihou. Photographie © Patricia Segretinat

Le premier, arrivé de justesse en même temps que nous, pour cause de bagages égarés, joue le rembetiko à la manière dont on le jouait à Istanbul avant que les Grecs n'en soient chassés. Cinq musiciens, un chanteur et une chanteuse, tous aussi excellents les uns que les autres, percus, contrebasse, oud, kanun et violon, ce dernier avec des sonorités graves et orientales qui n'aurait pas dépareillé parmi les trois violons du monde entendus hier. Beaucoup de nostalgie et de mélancolie à faire revivre cette musique métissée des émigrés des quartiers populaires d'Athènes de la première moitié du XXe siècle.

Vient ensuite un groupe de rock crétois mené par Michalis Tzouganakis au chant et au luth électrique. Des arrangements très rock, une voix bien timbrée, qui se mue à tous les rythmes, des solos plutôt flamenco, rapides et à l'arrache, faisant résonner les doubles cordes de l'instrument qu'il faudra ré-accorder pour le rappel.

Michalis Tzouganakis à Tatihou. Photographie © Patricia Segretinat.

Le deuxième luthiste chante aussi, mais de façon plus orientale, comme les musiciens précédents.

La guitare électrique propose des rythmiques ou des riffs qui pulsent bien, en bonne compagnie avec la basse et la batterie.

Du bon rock, donc, colorié de ses racines traditionnelles, qui a marqué agréablement une partie des concerts de Tatihou et Saint Vaast cette année, avec une sono à la hauteur (ce qui n'a pas toujours été le cas sur l'île, jadis, dans les concerts électriques).

Une fois les derniers spectateurs en allés sur le sentier marin, l'île va retrouver la rumeur acoustique des mouettes et du vent pour un peu moins d'un an.

 

plume Alain Lambert
23 août 2013

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