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Ce
livre, écrivent les auteurs, est conçu comme un manuel de préparation au
programme de l'Agrégation de musique : « Nouvelles pratiques musicales et statut
des arts au sein des réformes religieuses de la fin du Concile de Trente à la
fin du XVIIe siècle ».
Cela
n'en fait pas un ouvrage neutre, sans choix dans les points de vues et dépourvu
de questionnements. La connaissance est toujours un engagement, et le sens
toujours orienté. Jean-Yves Hamelin et Xavier Bisaro, qui appartiennent aux
meilleurs connaisseurs (et questionneurs) du domaine, ont simplement décidé de
mettre la didactique et l'informatif en avant, de dresser un panorama,
d'identifier et d'ouvrir de multiples directions à connaître et réfléchir,
d'indiquer des problématiques plutôt que de les discuter trop avant.
Le
concile fleuve de Trente est pratiquement muet à propos d'une éventuelle
normalisation des formes musicales, mais le Concile n'est pas sans conséquence,
dans la mesure où il met en mouvement une très importante réadaptation des
traditions canoniques au mouvement des sociétés.
Sensible
aux événements sociétaux, aux modes, à la situation économique, la musique dite
sacrée ou spirituelle, semble toutefois opposer une certaine imperméabilité aux
clivages religieux, et aux assignations absolues. C'est-à-dire que les
différentes musiques de service ont des frontières formelles beaucoup plus
floues que celles qui opposent ou identifient les diverses organisations
humaines, qui cherchent par elle à nourrir leur identité ou mission.
Pour
les auteurs, dans une Europe des XV-XVIe siècles déchirée par les guerres de
religions, les soulèvements paysans, guerres civiles, mais aussi profondément
touchées par le réforme, la musique, sensible au mouvement du monde, est une
ambassadrice tout court, et une ambassadrice d'unité, y compris dans la
colonisation de ce qu'on appelle le Nouveau Monde. Ce qui n'est pas sans une
certaine parenté avec la tradition antique sur l'origine céleste de la musique,
dont la fonction était faire communiquer les différents mondes : ciel, terre,
enfer.
L'exposition
s'appuie sur de nombreux exemples circonstanciés. En cela ce livre révèle
l'effort de pédagogie, et se charge d'informations, lesquelles, si elles ne sont
pas toujours des révélations pour le lecteur averti, peuvent toutefois
réorienter la réflexion, et donner une matière insoupçonnée à des lieux communs
que transmettent encore les histoires traditionnelles de la musique.
Jean-Marc Warszawski
20 décembre 2008
Présentation de l'éditeu
Dans l'Europe des
xvie et xviie
siècles, l'ecclesia médiévale
subit un éclatement sous la poussée de
réformes religieuses dans et hors la confession
romaine. En ce qu'elles prennent part à l'expression
et à la mise en pratique d'une foi, les formes
cultuelles chrétiennes se trouvent au centre
de cette mutation. Restaurées par certains, transformées
par d'autres, elles incluront désormais l'ars
musica parmi les terrains d'expérience spirituelle,
les moyens d'action et les déterminants d'identification
de la chrétienté moderne dont cet ouvrage
propose une histoire musicale.
Xavier Bisaro est maître de
conférences au département de musicologie
de l'Université Paul Valéry (Montpellier
III) et membre de l'IRCL (Institut de recherche sur
la Renaissance, l'Âge Classique et les Lumières).
Jean-Yves Hameline est professeur
honoraire de l'Institut Catholique de Paris.
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