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Anne Queffélec, « Satie et Compagnie » au 9e Été Musical de Barfleur

 

Barfleur, 10 août 2013, par Alain Lambert.

 

Anne Queffélec Anne Queffélec à Barfeur le 10 août 2013. Photographie © Patricia Segretinat.

 

Bien du monde dans l'église de Barfleur ce samedi, et en bonne compagnie : Anne Queffélec, la marraine du festival, au piano, Erik Satie, de Honfleur, en visite en voisin, et toute une bande de ses contemporains, connus ou méconnus, mais dont l'astucieux vagabondage proposé par l'artiste ne pouvait laisser personne indifférent. Un puzzle de paysages, de climats, de couleurs et de palettes sonores dans une acoustique superbe. Et pour les gens assis sur les côtés, deux écrans vidéos comme dans les grands concerts d'aujourd'hui. Qu'on se le dise : à Barfleur, on ne se refuse rien.

 

A commencer par ce récital que d'autres pourront entendre à la Roque d'Anthéron mardi prochain, et sur France Musique en direct à 21h.

 

La première partie nous  a fait redécouvrir les Gnossiennes et Gymnopédies du maître normand, mais aussi une Pastourelle de Poulenc, la toujours très étourdissante Vieille boite à musique de Déodat de Séverac, un très beau Clair de lune de Debussy, une Hivernale bien oubliée de Rénaldo Hahn, ou encore, et parmi d'autres, un Glas, de Florent Schmitt, moins lugubre que son titre, mais très finement architecturé, avec d'étonnants jeux de transposition.

 

La deuxième partie était consacrée à Maurice Ravel, et à sa suite de cinq pièces pour piano Miroirs, très virtuose dans ses déferlements de notes, comme des miroitements d'insectes nocturnes (Noctuelles), de vagues qui déferlent en scintillant (Une barque sur l'océan), ou de cloches qui se font écho dans La vallée des cloches. Miroitements mais aussi reflets dans le miroir aux vanités pour ces insectes qui se cognent aux vitres dans l'illusion de l'infini, pour ce bouffon déformé qui se croit gracieux dans la déformation du miroir (Alborada del gracioso), ou pour les oiseaux tristes que nous sommes en nous voyant tous les jours vieillir. Et là, les envolées virtuoses laissent la place à la gravité et à la lenteur méditative.

 

Miroir aussi, pour nous spectateurs, et peut être en son temps pour le compositeur réfléchissant à son piano, le jeu des mains se reflétant sur le panneau du clavier, s'entrecroisant, s'emmêlant, se repoussant ou se poursuivant sans répit, sauf pendant les courts silences entre chaque pièce.

 

En rappel, un Impromptu de Chopin et un Menuet de Haendel avant de retrouver le silence des étoiles, ou la fête foraine voisine...

 

Un superbe concert donc, d'autant que chaque partie  débutait par une introduction vive et explicative d'Anne Queffélec, ravie d'être ici. De quoi nous rendre l'artiste encore plus proche, ce qui n'était pas très difficile dans la petite église marine toute  illuminée.

 

Pour le dernier concert de l'Été Musical de Barfleur 2013, à 20h30 le 17 août : le duo violoncelle piano Henri Demarquette et Victoria Shereshevskaya  jouera des œuvres de Glinka, Scriabine, Tchaïkovski, de Falla, Granados, Villa-Lobos.

 

Alain Lambert
10 août 2013

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