Gaël Horellou Quartet invite Abraham Burton, de New York

 

 

Caen, 13 février 2013, par Alain Lambert ——

Une lune froide a remplacé la pluie et le vent, qui reviendront demain. À NewYork, il neige.   Abraham Burton y a joué avec Roy Haynes, Art Taylor ou le Mingus Dynasty. Il est en France pour accompagner la sortie du disque « Legacy », enregistré il y a un an à Paris, au Duc des Lombards, avec le Gaêl Horellou Quartet, et qui vient de sortir.

Gael HorellouPhotographie © Christian Mariette.

Étape à Caen ce soir, dont Gaël, le sax alto, est originaire et où il revient souvent jouer, avec ses machines lors du dernier Nordik Impact, ou avec ses groupes plutôt hard bop. L'ombre tutélaire de Jacquie Mc Lean est doublement présente, puisque un  titre lui est consacré, et Abraham Burton a été son élève pendant cinq ans. Mais d'autres hommages sont rendus, à Coltrane, à Rollins, et à tous les grands des années soixante.

Le son de l'américain au sax ténor est impressionnant, profond, ample, avec de longs traits qui se succèdent, passant de l'aigu falsetté au  rauque grave et claquant, avant de s'emballer dans des phrases au long cours. Le son de l'alto, plus médium forcément, est tout aussi survolté et inventif. Ils se retrouvent aussi dans des chase, ces impros à deux qui se poursuivent ou se répondent,  entre autres dans le blues final, qui n'était pas sans rappeler ceux, magnifiques, d'Oliver Nelson avec Eric Dolphy.

Les autres musiciens ne souffrent pas de la forte présence du duo de saxs, les accompagnant sans faillir, y compris dans l'exposé des thèmes parfois complexes (Clifford Jordan, autre hommage, ou la ballade Berchida's song)  et prenant chacun leur tour pour montrer leur imagination mélodique ou rythmique. Viktor Nyberg à la contrebasse, au son profond et carré, Etienne Déconfin au piano, avec un jeu souvent en accords qui résonne un peu comme celui de Mc Coy Tyner. Et Antoine Paganotti, dont la batterie semble petite alors qu'il en tire une multitude de sonorités. L'ancien chanteur et batteur de Magma a joué dans de nombreux contextes, et son percutant solo montre qu'il a tout compris pour maintenir l'éveil du spectateur, et sa curiosité.

Gael HorellouPhotographie © Christian Mariette.

Un beau concert, très énergique, mené tambours battant et saxs soufflant, dans un petit auditorium du Conservatoire complet et conquis. De bon augure pour la saison 2014 du Collectif Jazz. Particulièrement dans le cadre de Focus Jazz qui, de mi mars à mi avril, va proposer un mois de jazz dans toute la région bas-normande.

Le Gaêl Horellou/Abraham Burton Quintet joue à Clermont-Ferrand le samedi 15 février.

Voir le programme du Collectif Jazz

Voir le programme de Focus Jazz (à partir du lundi 17 février)

 

plume Alain Lambert
13 février 2014

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Dimanche 16 Février, 2014 20:13

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