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D'après un dessin d'A. Bilis
(1929) [BnF]

Roussel Albert
[Charles Paul Marie]
1869-1937

|| bibliographie || catalogue des oeuvres || liens || discographie || documents ||


Eugène Gigout


Vincent d'Indy


Erik Satie


Paul Le Flem


Edgard Varese

*Tourcoing 5 avril 1869 — † Royan 23 août 1937. Compositeur. Issu d'une famile d'industriels, il a un an à la mort de son père et huit à celle de sa mère. Son grand-père, Charles Roussel-Defontaine, maire de Tourcoing le recueille. À sa mort ce sera son oncle, Félix Réquillart, qui le prendra en charge. A l'âge de 15 ans, il entre au Collège Stanislas à Paris, passe le baccalauréat,prépare l'École Navale, où il est admis en 1887.

Il suit ses études sur le Borda, navire-école ancré à Brest. Enseigne de vaisseau, il parcourt les mers et fait de la musique pendant ses loisirs.

En 1892, il crée un Andante, Ave Maria pour cordes et orgue à l'église de la Trinité de Cherbourg.

Au retour d'une campagne il prend un long congé et s'installe à la fin de l'année 1893 à Roubaix dans sa famille.

Il suit des cours d'harmonie avec  Julien Koszul, directeur de l'École nationale de musique de Roubaix. Plus tard, à Paris, il travaille le piano, l'orgue, l'harmonie, le contrepoint et la fugue avec Eugène Gigout (1844-1925).

Il démissionne de la marine pour se consacrer à la musique et se fixe à Paris en octobre 1894.

En 1897 il présente, sous deux noms différents, 2 Madrigaux à 4 voix. au concours de la SACEM qui sont primés ex aequo. Il dirige leur exécution 1898 à la Salle Pleyel.

En 1898, il s'inscrit aux cours de composition et d'histoire de la musique de la Schola Cantorum. Il y suit les cours d'orchestration de Vincent d'Indy. De 1902 à 1914, il y assure les cours de contrepoint, et a comme élèves Ecik Satie, Edgard Varese (1883-1960), Roland-Manuel (1891-1966), Paul Le Flem (1881-1984).

En 1902 il est réformé de la marine pour des raisons de santé. En 1908 il épouse Blanche Preisach, et en 1909, voyage aux Indes et au Cambodge, qui lui inspirent les Évocations (1910-1911).

En 1912-1913, il compose le ballet le Festin de l'Araignée, une de ses œuvres les plus célèbres, sur un arguement. G. de Voisins, d'après  les Souvenirs entomologiques d' Henri Fabre.
Le ballet est créé le 13 avril 1913, au théâtre des Arts de Paris. La même année, il en extrait Les Fragments symphoniques, créés en 1914.

En 1914 il s'engage dans l'armée de terre, en 1918 il s'installe à Perros-Guirec, achève Padmâvati commencé avant la guerre. En 1922 il achète une propriété en bord de mer à Varengeville

Composé en 1928, le Psaume LXXX est créé en 1929, année de son soixantième anniversaire.

En 1930 il assiste à la création aux États-Unis de sa 3e Symphonie par Koussevitzky.

Août 1936, il va se reposer à Royan à la suite d'une crise cardiaque.

Catalogue des oeuves

  • 1804-1906, [3] Rustiques, op. 5, pour le piano
  • 1897, 2 Madrigaux à 4 voix [inédit]
  • 1898, Des heures passent, op. 1 pour piano, Paris, Hamelle
  • 1902, 1 er Trio, op. 2, pour piano,  violon, violoncelle, Salabert (Rouart-L.)
  • 1903, 4 poèmes d'Henti de Régnier, op. 3 pour chant et piano [ Le Départ, Vou, Le jardin mouillé, Madrigal lyrique], Salabert (Rouart-L.)
  • 1903, Résurrection, op. 4, Prélude symphonique, Salabert (Rouart-L.)
  • 1904, Conte à la poupée, pour piano, album de la Schola Cantorum
  • 1904-1906, Le Poème de la Forêt (1ère Symphonie), op. 7, Salabert (Rouart-L.)
  • 1906, Divertissement, op. 6 pour flûte, hautbois, clarinette, basson, cor et piano, Salabert (Rouart-L.)
  • 1907, 2 poèmes chinois sur des poèmes de P. H. Roché op. 12 pour chant et piano [ Ode à un jeune gentilhomme ; Amoureux séparés], Salabert (Rouart-L.)
  • 1907, 4 poèmes d'Henri de Régnier, op. 8, pour chant et piano [ Adieux, Invocation, Nuit d'Automne, Odelette] Salabert (Rouart-L.)
  • 1907, La Menace sur un poème d'Henri de Régnier pour chant et piano, Salabert (Rouart-L.)
  • 1907-1908, 1ère Sonate piano et violon, op. 11, Paris, Salabert (Rouart-L.)


Dans sa maison de campagne de Varengeville.
Supplément de la «Revue musicale» de novembre 1937  [BnF]

  • 1908, Flammes sur un poème de G. Jean-Aubry pour chant et piano, op. 10, Salabert (Rouart-L.)
  • 1908, Le Marchand de sable qui passe, op. 13 musique de scène pour l'oeuvre de G. Jean-Aubry, mus. de scène, création au Havre en 1908. Eschig [une Suite]
  • 1909-1910, Suite en fa dièse, op. 14 pour le piano, Paris, Salabert (Rouart-L.)
  • 1910-1912, Évocations, op. 15, texte de D. Calvocoressi, pour soli, choeurs et orchestre
  • 1912, Sonatine, op. 16, pour piano
  • 1912, Le Festin de l'Araignée, op. 17, ballet-pantomime sur un argument G. de Voisins), création au Théâtre des Arts de Paris en 1913 [Suite symphonique]
  • 1913, Petit canon perpétuel, pour piano
  • 1914-1918, Padmdvati, op. 18, opéra-ballet sur un livrei de Louis Laloy, créé à l' Opéra de paris en 1923 [2 Suites]
  • 1918, 2 mélodies, op. 19 pour chant et piano [ Light de G. JeanAubry ; A Farewell d'E. Oliphant]
  • 1918-1921, 2ème Symphonie, op. 23, en si b
  • 1919, 2 mélodies op. 20 sur des poèmes de R. Chalupt pour chant et piano [ Sarabande, Le Bachelier de Salamanque]
  • 1919, Doute, pour piano
  • 1919, Impromptu op. 21, pour harpe
  • 1920, L'Accueil des Muses, pour piano (à la mémoire de Debussy)
  • 1920, Pour une Fête de Printemps, op. 22, pour orchestre


photographie d'un portrait par Gloetz
Revue musicale avril 1929 [BnF

  • 1923, Madrigal aux Muses, op. 25, poème de Gentil Bernard, pour 3 voix féminines a capela
  • 1924, 2 Poèmes de Ronsard, op. 26 pour chant et piano [ Rossignol, mon mignon, Ciel, aer et vens]
  • 1924, 2ème Sonate pour piano et violon, op. 28
  • 1924, Joueurs de flûte, op. 27, pour flûte et piano
  • 1925, Duo pour basson et contrebasse (ou violoncelle)
  • 1925, Segovia op. 29, pour guitare ou piano
  • 1925, Sérénade, op. 30 pour flûte, violon, alto, violoncelle, harpe
  • 1926, Le Bardit des Francs, sur un poème de Chateaubriand, pour choeurs à 4 voix masculines a capela ou avec accompagnement de cuivres et batterie
  • 1926, Odes anacréontiques op. 31-32, sur de straductions de Leconte de Lisle [XIX Qu'il faut boire, XVI et XXVI Sur lui-même, XX et XXXIV Sur une jeune fille, XIV Sur un songe]
  • 1926, Suite en fa, op. 33, pour orchestre
  • 1926-1927, Concert pour petit orchestre, op. 34
  • 1927, 2 poèmes chinois op. 35 pour chant et piano sur des poèmces de P. H. Roché [ Des fleurs font une broderie, Réponsee d'une épouse sage]
  • 1927, Concerto pour piano et orchestre op. 36
  • 1927, L'Éventail de Jeanne, ballet en collaboration, créé à l'Opéra de Pazris en 1929, Heugel
  • 1927-1928, Vocalises pour chant et piano, Lemoine, Leduc


Mengelberg et Albert Roussel (cliché Henri Manuel).
Revue musicale avril 1929  [BnF

  • 1928, Aria (d'après la vocalise n° 2) pourpiano (ou orchestre) et solo (bois ou corde), Paris, Leduc
  • 1928, Psaume LXXX, op. 37, pour ténor, choeur et orchestre, Boston, Birchard ; Vienne, Universal Edition ; Paris, Fortin
  • 1928; harmonisation de O bon vin où as-tu crû ? chant populaire
  • 1929, 2ème Trio, op. 40 , pour flûte., alto, violoncelle
  • 1929, Petite Suite pour orchestre, op. 39
  • 1929, Prélude et Fughetta, op. 41, pour orgue
  • 1929-1930, 3ème Symphonie, op. 42, en sol mineur
  • 1930, Bacchus et Ariane, op. 43 ballet sur un argument de A. Hermant, créé à l'Opéra de Paris en 1931 [2 Suites]
  • 1931, 2 Idylles, op. 44, pour chant et piano sur une traduction de Leconte de Lisle [ Le Kerioklepte, Pan aimait Ekko]
  • 1931, A flower given to my daughter op. 44 pour chant et piano sur un poème de James Joyce
  • 1931-1332, Quatuor à cordes, op. 45
  • 1932, 2 poèmes chinois, op. 47 pour chant et piano sur des poèmes de P. H. Roché [ Favorite abandonnée, Vois de belles filles]
  • 1932-1933, Le Testament de la Tante Caroline, opéra bouffe sur un livret de Nino, créé en tchèque à Olmütz en 1936 ; 'Opéra-Comique de Pzaris en 1937. Heugel [une Suite]
  • 1932-1934, Prélude et Fugue, op. 46, pour piano (hommage à Bach)


A Varengeville. Supplément de la «Revue musicale»
novembre 1937  [BnF

  • 1933, 2 mélodies op. 50  pour chant et piano sdes poèmes de R. Chalupt [ Cour en péril, L'heure du retour]
  • 1933, 3 Pièces, pour piano, op. 49
  • 1934, Andante et Scherzo, op. 51, Pour flûte et piano
  • 1934, Pipe in D major, pour pipeau et piano, Paris, L'Oiseau-Lyre
  • 1934, Sinfonietta pour orchestre à cordes, op. 52 (1934) : 4` Symphonie, op. 53, en la mai. (1934)
  • 1935, 2 mélodies, op. 55 pour chant et piano sur des poèmes de G. Ville [ Vieilles cartes, Si quelquefois tu pleures]
  • 1935,  Aeneas, op. 54, ballet avec choeurs sur un argument de J. Weterings, créé à Bruxelles en 1935
  • 1936, Concertino pour violoncelle et orchestre op. 57
  • 1936, Prélude du 2ème acte de 14 Juillet du drame de Romain Rolland, créé en 1936. Chant du Monde
  • 1936, Rapsodie flamande, op. 56
  • 1937, Andante du Trio inachevé, pour hautbois, clarinette, basson, dans in RM, nov. 1937
  • 1937, 3e Trio, op. 58, pour violon, alto, violoncelle
  • sd., Elpénor, op. 59, poème radiophonique pour flûte et quatuor à cordes
  • sd., Jazz dans la nuit, op. 38 pour chant et piano sur un poème de R. Dommange


Portrait par Mela Muter (Musée de Dieppe)

Bibliographie

  • Albert Roussel (1869-1937), cinquantenaire. Dans « La Revue musicale », Paris 1987, p. 103-110]Colloque international Albert Roussel (1987 ; Lyon / Saint-Etienne). Albert Roussel  : musique et esthétique : actes du Colloque international Albert Roussel (1869-1937), Lyon, Saint-Etienne, 12-14 novembre 1987 ; organisé par le CERMIM, Centre d'études et de recherches sur la musique, l'informatique musicale et les medias, et le CIEREC, Centre interdisciplinaire d'études et de recherches sur l'expression contemporaine... textes réunis et édités par Manfred Kelkel. Paris, J. Vrin, 1989
  • Albert Roussel. Paris, Salabert, 1993 [12 p..]
  • BOUJU CAROLINE et PAZDRO MICHEL, Albert Roussel. École normale de musique, Sacem, Paris : Actes Sud-Papiers, v. 1987
  •   Catalogue de l'oeuvre d'Albert Roussel, Paris, 1947.
  • KELKEL MANFRED (dir.),  Albert Roussel : Musique et esthétique « Musique et esthétique », Vrin, Paris 1989 [352 p. ]
  • LABELLE NICOLE, Catalogue raisonné de l'oeuvre d'Albert Roussel. Musicologica neolovaniensia. Studia (6) Louvain-la-Neuve, Collège Erasme, 1992 [XII-159 p.]
  • LANDORMY PAUL, Albert Roussel, 1869-1937. Suivi d'un : Hommage à Albert Roussel, poème de René Chalupt. Introduction de Gabriel Astruc. Paris, Draeger, 8 juin 1938 [In-8 °, 14 p. n. ch., figure, portraits, musique]
  • LESURE FRANÇOIS, A lbert Roussel, (1869-1937)... Catalogue... Paris, Bibliothèque nationale l969
  • MILLER CATHERINE, Albert Roussel (1869-1937), mélodiste. René Chalupt (1885-1957), poète et critique. Analyse musico-littéraire de mélodies de Roussel sur des poèmes de Chalupt. Faculté de Philosophie et Lettres . Département d'Histoire de l'Art et Archéologie, Louvain-la-Neuve, 1998.
  • ROUSSEL ALBERT (1869-1937), Le Carnet de bord: 1889-1890. Pésentation-analyse, Daniel Kawka. Saint-Etienne : CIEREC, Centre interdisciplinaire d'études et de recherches sur l'expression contemporaine, 1987. [207 p.]
  • ROUSSEL ALBERT (1869-1937), Lettres et écrits. Textes réunis, présentés et annotés par Nicole Labelle. Harmoniques : Série Ecrits de musiciens, Paris, Flammarion, 1987. [361 p.]
  • SURCHAMP DOM ANGELICO, Albert Roussel : l’homme et son œuvre. « Les «Les introuvables - Musiciens de tous les temps », Seghers, Paris 1937 , 1967, p. 37
  • TOP DAMIEN, Albert Roussel. Carré musique, Séguier, septembre 2000
  • VUILLEMIN LOUIS, Albert Roussel et son oeuvre. Poitiers, Société française d'imprimerie, Pris, Drand, 1924 [123 p.]

Discographie

03 /

Solstice1979, SOCD 08

Albert Roussel
Oeuvre de piano

Alain Raës, piano

Enregistré du 20 au 22 octobre 1979 au Conservatoire de musique de Roubaix 

Des heures passent (Op. 1) : 01 Graves, légères — 02 Joyeuse — 03 Tragiques — 04 — Champêtres — Rustiques (Op. 5) :  05 Danse au bord de l'eau — 06 Promenade sentimentale en forêt — 07 Retour de fête — Suite (Op. 14) : 08 Prélude — 09 Sicilienne — 10 Bourrée — 11 Ronde — 12-13 Sonatine (Op. 16) : 14 Prélude et fugue (Op. 46) — 15-17 Trois pièces (Op. 49)

01/

EMI 1986, CDC 7 47376 2 

Roussel
Bacchus et Ariane
Le festin de l'araignée

Orchetres national de France
Georges Prêtre dir.

Bacchus et Ariane, Acte I : 01 Introduction ; 02 Jeux des éphèbes et des vierges ; 03 Danse du labyrinthe ; 04 Bacchus apparaît (la danse est interrompue) ; 05 Thésée est ses compagnons se précipitent ; 06 Danse de Bacchus. Acte II : 07 Introduction ; 08Réveil d'Ariane ; 09 Bacchus danse seul ; 10 Le baiser ; 11 L'enchantement dionysiaque ; 12 Le thiase défile ; 13 Danse d'Ariane ; 14 Danse d'Ariane et de Bacchus ; 15 Bacchanale — Le Festin de l'Araignée : 16 Prélude ; 17 Entree des fourmis ; 18 Danse du papillon ; 19 Eclosion de l'éphémère ; 20 Danse de l'éphémère ; 21 Funérailles de l'éphémère ; 22 La nuit tombe sur le jardin solitaire

04/

Philips 1989, 2 cédéroms  

Albert Roussel
Intégrale des oeuvres pour piano

Jean-Boguet, piano
Vienne, 1969

Intégrale des phonogrammes enregistrés avec Albert Roussel (1927-1929)

Claire Croiza, soprano
Gabrielle Ritter-Ciampi, soprano
Albert Roussel, piano, dir.

Disque 1 : 01-02. Sonatine Op. 16 — 03-13 Des heures passent Op. 1 — 14. Prélude et fugue Op. 46 — 15-17. Trois pièces pour piano —   Disque 2 : 01-04 Suite pour piano — 05. Le jardin mouillé Op. 3 n° 3 — 1927-1929, Claire Croiza, Albert Rousse : 06. Invocation Op. 8 n° 2 — 07. Amoureux séparés Op. 12 n° 2 — 08. Light Op. 19 n° 2 — 09. Sarabande Op. 20 n° 2 — 10. Jazz dans la nuit Op. 38 Philips 1989 — 11. Le festin de l'araignée Op. 17

02/

EMI 1987 

Roussel
Évocations pour orchestre Op. 15
Résurection, prélude symphonique Op. 4 (d'après Tolstoï)

José Van Dam; Nicolaï Gedda; Nathalie Stutzmann
Orféon donostiarra
Orchestre du Capitole de Toulouse
Michel Plasson dir.

Évocation : 01 Les Dieux dans l'ombre des cavernes — 02 La ville rose — 03 Aux borde du fleuve sacré — 04 Résurection 

05/159

Timpani, c1064 (2 volumes)

Albert Roussel
Les mélodies

Marie Devellereau, soprano
Yann Beuron, ténor
Laurent Naouri, baryton
Billy Eidi, piano
Étienne Plasma, flûte

Orchestre Philharmonique du Luxembourg
Jeau-Yves Ossince, dir.

Enregistré de mai à juillet 2001

Disque 1 : QUATRE POÈMES op. 3 (Henri de Régnier 1903) : Le départ ; Vœu ; Le Jardin mouillé [2'59] Madrigal lyrique — QUATRE POÈMES op. 8 (Henri de Régnier, 1907) : Invocation ; Nuit d'automne ; Odelette — FLAMMES op. 10 (Georges Jean-Aubry, 1908) — DEUX POÈMES CHINOIS op.12  (Traduction H. P. Roché, 1907 / 1908) : À un jeune gentilhomme (Ode chinoise) — (Fu-Mi) — DEUX MÉLODIES op. 19 : Light (Georges Jean-Aubry) ; A Farewell (E. Oliphant) — DEUX MÉLODIES op. 20 (René Chalupt, 1919), Le Bachelier de Salamanque ; Sarabande — Disque 2 : DEUX POÈMES DE RONSARD op. 26 (1924) : Rossignol, mon mignon... ; Ciel, air et vents... — ODES ANACRÉONTIQUES op. 31 (Traduction Leconte de Lisle, 1926) : Ode XVI : Sur lui-même ; Ode XIX: Qu'il faut boire ; Ode XX: Sur une jeune fille — ODES ANACRÉONTIQUES op. 32 (Traduction Leconte de Lisle, 1926) : Ode XXVI : Sur lui-même ; Ode XXXIV : Sur une jeune fille ; Ode XLIV : Sur un songe — DEUX POÈMES CHINOIS op. 35 (Traduction H. P. Roché, 1927) : Deux fleurs font une broderie... (Li-Ho) ; Réponse d'une épouse sage (Chang-Chi) — VOCALISE (1927) — JAZZ DANS LA NUIT op. 38 (René Dommange, 1928) — VOCALISE- ÉTUDE (1928) — A FLOWER GIVEN TO MY DAUGHTER (James Joyce, 1931) : DEUX IDYLLES op. 44 (Traduction Leconte de Lisle, 1931) : Le Kérioklepte (Théocrite) ; Pan aimait Ekhô... (Moskhos) — DEUX POÈMES CHINOIS op. 47 (Traduction H. P. Roché, 1932) : Favorite abandonnée (Li-I) ; Vois, de belles filles... (Huang-Fu-Ian) — DEUX MÉLODIES op. 50 (René Chalupt, 1933-1934) : L'Heure du retour ; Coeur en péril — DEUX MÉLODIES op. 55 (Georges Ville, 1935) : Vieilles cartes, vieilles mains... ; Si quelquefois tu pleures... — LA MENACE op. 9 (Henri de Régnier, 1908)

06/159

Disques Montaigne, 1988

Roussel

Symphonie n° 3 en sol mineur op. 42
Symphonie n° 4 en la majeur op. 53
Bacchus et Ariane : Suite n° 2

Orchestre National de France
Charles Munch, dir
 Enregistré en 1964 et 1966 à Edimbourg, Besançon et Paris.

Documents

l'Hommage de Paul Landormy à Albert Roussel (1938)
Voir bibliographie

Élève du Collège Stanislas à Paris, il se prépara aux examens de l'École Navale. A 18 ans, il entrait au Borda.

Comme enseigne de vaisseau, Albert Roussel faisait, quelques années plus tard, le voyage de Cochinchine à bord de la canonnière cuirassée Le Styx.

En 1894, à 25 ans, il démissionnait pour se livrer entièrement à la musique. Il demandait des conseils d'abord à des professeurs de Roubaix, puis à l'organiste Gigoux. Enfin, en 1898, il entrait à la Schola Cantorum où il travaillait jusqu'en 1907 avec Vincent d'Indy.

A son maître, il ne ressemblait point à tous égards. Il n'en avait pas l'âme romantique. Mais il apprit de lui le culte de la forme, des vastes architectures sonores, des constructions solides et bien équilibrées. Seulement, ce qui est singulier, c'est que cet art de la sévère logique musicale il l'appliquait à exprimer des images et des émotions qui, souvent, sont celles d'un impressionniste. Albert Roussel est quelque chose comme un Debussy formé à l'école du contrepoint. Rien de plus curieux ni de plus savoureux que le contraste perpétuel entre une sensibilité très vive, très mobile, une imagination très fantaisiste et la rigidité des cadres dans lesquels l'une et l'autre s'expriment.

Ainsi le voulait Albert Roussel, par le fait même de son éducation première, mais aussi sans doute par le fait de sa nature complexe qui associait des contraires, qui s'attachait avec autant d'ardeur à la construction des belles lignes d'un vaste ensemble et à la recherche de la sensation rare, d'un accord étrange, d'un rapprochement de timbres inédit, d'un effet de couleur saisissant.

Albert Roussel se présente à la fois comme un constructeur d'édifices spacieux aux nobles proportions et comme un peintre ou un poète minutieusement appliqué à la notation des infiniment petits du sentiment et du rêve.

Il y a en lui du Loti et du Proust.

Dans ses dernières années, son style se dépouille et il aboutit à une sorte de néo-classicisme qui fait peu de part à l'évocation du réel : musique pure dans toute sa rigueur.

 

L'impression qui se dégage de la considération des oeuvres d'Albert Roussel est d'ailleurs celle d'une étonnante diversité. Toujours à l'affût, c'est par excellence le chasseur d'imprévu. Félicitons-nous des joies variées que nous vaut cette noble inquiétude.

Les oeuvres de jeunesse, le Trio op. 2, la Sonate piano et violon op. 11, sont écrites dans les cadres où s'enfermait volontiers d'Indy. Longs développements, vastes architectures. Roussel s'exercera plus tard à condenser sa pensée, à « faire court ». Mais on ne saurait négliger ces premières oeuvres si robustes, si fortes et d'un parfum si pénétrant. Il faudrait au moins ne point délaisser cette belle Suite pour piano op. 14 et son Prélude fantastique, hallucinant avec sa basse obstinée, d'un caractère si farouche et si dur, sa gracieuse Sicilienne, son entraînante Bourrée, sa Ronde finale endiablée.

Dans le domaine de la musique de chambre, notons avec quel bonheur Albert Roussel écrit pour la flûte. Rappelons ses quatre pièces intitulées : Pan, Tityre, Krishna, M. de la Péjaudie, - cette dernière surtout dont l'élégance et la passion surannée s'enrubannent ironiquement d'exquises broderies.

Pour la flûte encore, pour la flûte à laquelle s'adjoignent violon, alto, violoncelle et harpe, cette Sérénade (1925) qui s'impose d'emblée par les qualités les plus séduisantes. Il y a dans ces pages une poésie d'une douceur qui enchante. Dans l'Andante, notamment, sorte de nocturne d'un sentiment extrêmement délicat, le chant de la flûte s'élève à une hauteur, à une noblesse, à une grandeur que l'auteur de cette pièce si émouvante n'a peut-être jamais dépassées.

Et que dire encore de l'exquis Trio pour flûte, alto et violoncelle ?

Dans le cadre intime de la musique de chambre, Albert Roussel a encore écrit la Sonatine pour piano op. 16, un magnifique Quatuor à cordes, et tout cet extraordinaire bouquet de mélodies le Départ, le Bachelier de Salamanque, l'Ode à un jeune gentilhomme, Réponse d'une épouse sage, etc., etc., qui comptent parmi les fleurs les plus précieuses du jardin de la musique française.

 

Dans le domaine de la musique symphonique, Albert Roussel a su se faire la place de premier plan qui était due à sa maîtrise.

Son Poème de la Forêt, ses Évocations, sa Fête de Printemps, sa Suite en fa, ses quatre Symphonies, sa Rhapsodie flamande comptent parmi les plus belles productions de l'École française. Il faut y joindre le délicieux Festin de l'Araignée, primitivement ballet, bientôt suite symphonique.

Détachons de cet ensemble imposant, pour les considérer un moment à part, ces si curieuses Evocations qui furent inspirées à Roussel par le voyage qu'il fit en Indo-Chine en 1909 pour renouveler ses impressions de jeunesse. Les titres des 3 parties parlent d'eux-mêmes à l'imagination : I. Les Dieux dans l'ombre des Cavernes. - II. La Ville rose. - III. Aux bords du fleuve sacré.

C'est d'un art extrêmement complexe, où l'on peut démêler bien des éléments divers. D'abord on en admire, surtout dans la  première partie, la belle ordonnance, le développement savamment étudié, la majestueuse distribution des thèmes, des tonalités, des valeurs. Il y a là comme un ressouvenir du Maître dont Roussel fut le disciple, de Vincent d'Indy. Mais si l'on considère surtout la qualité et la signification des thèmes et tout ce qu'ils évoquent, on aperçoit d'importantes différences. De ces deux grands paysagistes, Vincent d'Indy et Roussel, le second a une sensibilité beaucoup plus subtile et plus diverse. D'Indy s'en tient à sa terre de France qu'il aime d'un amour profond et dont il traduit la nature intime avec une poésie intense. Il n'est nullement soucieux d'exotisme, ni d'aucune sorte de sensation rare. Mais avec quelle force pénétrante il rend le sentiment qui l'attache à son Vivarais ! Albert Roussel est toujours en quête de quelque émotion nouvelle qu'il ira chercher jusqu'aux Indes, s'il le faut. Son âme de marin vogue toujours sur les océans du rêve, en désir de quelque ailleurs non encore atteint. Il ne se repose pas dans l'amour du foyer et des lieux familiers. Il part toujours en quelque lointain voyage, fût-ce d'imagination. Ses rêves sont splendides de couleur et de volupté.

Ce ne sont pas seulement de merveilleux paysages que l'art d'Albert Roussel excelle à évoquer, ce sont aussi de séduisants spectacles de danse. La danse l'attire et le retient. Il a une prédilection pour les rythmes les plus capricieux qu'il note avec une attention émue. Il se montre extraordinairement sensible à ce genre de volupté et nous le fait éprouver à notre tour.

Un voluptueux peut-être, avant tout, semble-t-il. Et il n'est point de caractère qui le distingue davantage de Vincent d'Indy, ardent, passionné, certes, mais dont le romantisme s'oriente davantage vers les régions de l'idéal.

 

Jusqu'en 1923, Albert Roussel n'avait point encore écrit pour le théâtre, sinon ce charmant ballet : Le Festin de l'Araignée. On le connaissait surtout comme symphoniste. On se demandait comment son talent s'accommoderait d'une action dramatique. Louis Laloy lui fournit le livret d'un opéra-ballet en 2 actes dont le sujet est fort simple. Un roi mogol du XIIIe siècle aime la femme d'un roi hindou. Il assiège la ville et le palais. Il est vainqueur : mais en vain. Car Padmavâti a tué son époux qui voulait la persuader de se livrer au roi mogol pour sauver la cité, et elle est, après cela, montée elle-même sur le bûcher des veuves. Sujet simple, mais violemment tragique et relevé d'une foule de divertissements chorégraphiques. De ce sujet et de cette formule de l'opéra-ballet, tel que l'avait conçu Campra au XVIIIe siècle, Albert Roussel tira le meilleur parti. Sa musique est d'une sonorité prenante, d'une couleur singulière qui étonne et ravit, d'une sensibilité très fine et très aiguisée. Elle charme et elle torture par ses rythmes obsédante et toutes les images qu'elle évoque. Œuvre d'un grand musicien. Padmavâti, montée somptueusement par les soins de M. Jacques Rouché fut en même temps un spectacle captivant.

Il y aurait tant à dire encore de la Naissance de la Lyre, de Bacchus et Ariane, d'Æneas.

Je ne veux plus citer qu'un ouvrage d'Albert Roussel, le Psaume LXXX, ouvrage capital dont l'orchestre Pasdeloup et les chaeurs de la Concordia de Mulhouse sous la direction de M. Strubin ont donné récemment une magnifique exécution au Théâtre des Champs-Elysées.

 

Le monde entier a reconnu les hautes vertus de cet art d'Albert Roussel, art essentiellement jeune et qui a toutes les sympathies des jeunes parce que l'esprit et le coeur de Roussel sont restés perpétuellement ouverte à toutes les nouveautés. En lui nulle trace de tendances conservatrices. Se renouvelant sans cesse luimême, il suivait avec une sympathie généreuse les essais les plus audacieux de ses cadets. Comme il ne redoutait pas leur montée progressive au succès, et comme il ne faisait rien pour l'enrayer, on ne lui en voulait pas non plus d'être parvenu, par des moyens d'ailleurs si probes, à la gloire.

Il y maintint constamment la même attitude modeste et réservée. On aimait l'homme, loyal, désintéressé, scrupuleusement honnête et bon, qui faisait davantage encore apprécier l'artiste.

Il repose maintenant dans le petit cimetière de Varengeville, près de son beau domaine de Vastérival, en face la mer, qu'il aima tant, en face du large et des horizons vastes où se perdaient naguère sa pensée et son rêve.

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Jean-Marc Warszawski
révision 14 octobre 2003
révision 22 novembre 2005
révision 17 septembre 2008

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