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Ropartz Joseph-Guy
1864-1955

Né à Guingamp le 15 juin 1864, mort à Lanloup le 22 novembre 1955.

Il naît dans une famille fortunée. Son arrière-grand-père est juriste, avocat au parlement de Bretagne, puis procureur impérial. Son, grand-père, est chirurgien, et son père, devenu orphelin, recueilli par Jean-Marie de Lamennais, devient un avocat prospère, écrivain et historien, très actif dans la vie socio-culturelle. Il préface une édition des Annales briochines de Christophe-Michel Ruffelet (1725-1806) (L. Prud'homme, Saint-Brieuc 1850), édite, péface et anote Le Registre de Concoret, mémoires d'un prêtre réfractaire pendant la Terreur, publiées pour la première fois sur le manuscrit de l'abbé Guillotin (L. Prud'homme, Saint-Brieuc 1853), publie une Histoire de saint Yves,... (L. Prud'homme, Saint-Brieuc 1856), des Portraits bretons des XVIIe et XVIIIe siècles (Prud'homme, Saint-Brieuc 1857, un Guingamp, études pour servir à l'histoire du Tiers-Etat en Bretagne (A. Durand, Paris 1859), une Notice sur la ville de Ploërmel ( A. Durand, Paris 1864), il écrit le livret d'un opéra comique en 1 acte, Michel Columb, le sculpteur breton, mis en musique par  P. Thielemans (Rennes, 9 mars 1867 ; N. Forest et E. Grimaud, Nantes 1867) ; il traduit du latin en français et édite les Poèmes de Marbode, évêque de Rennes (XIe siècle) (Verdier, Rennes 1873), rédige La vie et les oeuvres de M. Jean-Marie Robert de La Mennais, prêtre ... 1780-1860 : d'après sa correspondance et autres documents en majeure partie inédits (Lecoffre, Paris 1874), puis Exil du Parlement de Bretagne à Vannes 1675-1690 (L. Saint-Brieuc Prud'homme, 1875, et enfin La Famille Descartes en Bretagne. 1586-1762 (Verdier, Rennes 1877)

Guy Ropartz, Nocturne no 3, pour piano, par Stephane Lemelin.

Guy Ropartz.

En 1867, la famille s'installe à Rennes. Ropartz y étudie le droit, et obtient sa licence. Son père décède en 1878.

Il gagne Paris pour continuer ses études de droit. D'abord attiré par la littérature, il entre au Conservatoire de Paris en 1885, où il suit la classe d'harmonie de Théodore Dubois et celle de composition de Jules Massenet.

De gauche à droite : Albéric Magnard, Guy Ropartz, Ysaÿe.

Guy Ropartz et Vincent d'Indy.

Guy Ropartz et son épouse.

En 1886, il choisit de suivre la classe d'orgue de César Franck.

En 1889, il publie avec Louis Tiercelin (1849-1915), Le Parnasse breton contemporain, une anthologie de la poésie bretonne de la seconde moitié du XIXe siècle (A. Lemerre, Paris 1889), puis participe à L'Hermine, « revue mensuelle de décentralisation littéraire, artistique et scientifique », dirigée par Tiercelin, qui paraît de 1889 à 1911

En 1894, il est nommé directeur du Conservatoire de Nancy (à cette époque, maison-fille du Conservatoire de Paris), et des Concerts Symphoniques de la ville.

Guy Ropartz, Requiem, Introït, Kyrie, Offertoire, Sanctus, Pie Jesu, Agnus Dei, Libera, In paradisum, Catherine Dubosc (soprano), Jacqueline Mayeur (mezzo-soprano), Chœur Régional Vittoria d'Île-de-France, ensemble Jean-Walter Audol, sous la direction de Michel Piquemal (1991).

M. Guy Ropartz, Directeur du Conservatoire de Nancy : Ce Guingampais exilé en Lorraine évoque au son du cor les échos de son pays (que l'Opéra-Comique a récemment joué). Dessin d'Yves Berthou (Kaledvoulc’h). Carte postale « Galerie bretonne », publiée par le journal Ar Bobl (1904-1914).

Au Conservatoire, il y crée en 1894, les classes d'alto et de de trompette, en 1895, celle de harpe, en 1897, la classe d'orgue, en 1900, la classe de trombone.

Avec l'orchestre qu'il dirige, il crée entre autres des œuvres de Chausson, d'Albéric Magnard, ou ses propres œuvres.

Il devient membre de l'Union régionaliste bretonne en 1898.

De 1919 à 1929, il est directeur du Conservatoire de Strasbourg, redevenue française, non sans quelques tumultes. Il assure parallèlement la direction de l'Orchestre philharmonique de Strasbourg.

Il prend sa retraite en 1929 et se retire dans son manoir de Lanloup, où il continue à composer. En 1949, il est élu à l'Académie des Beaux-Arts. En 1953, il est atteint de cécité.

Guy Ropartz, Soir sur les Chaumes, Orchestre Philharmonique du Luxembourg, sous la direction d'Emmanuel Krivine.

Le manoir de Lanloup.

Guy Ropartz.

Catalogue des  œuvres musicales

Écrits, pédagogie

Guy Ropartz.

Bibliographie

Ropartz

Documents

LANDORMY PAUL, La musique française après Debussy. Gallimard, Paris 1943 (6e édition), p. 217-220

J'étais alors, après deux armées déjà d'exil en province, professeur de philosophie au lycée de Bar-le-Duc. J'étais sevré de musique. Je n'avais plus entendu un orchestre depuis mon départ de Paris. Or nous lisons, ma femme et moi, dans un journal, le programme d'un concert symphonique de Nancy où figurait en première place une cantate de Bach. Nous prenons le parti de faire le voyage pour aller l'écouter. J'écris à Ropartz, qui réunissait les fonctions de directeur du Conservatoire et de chef des concerts symphoniques et suscitait, dans la vieille cité nancéienne, qui s'était depuis longtemps endormie dans ses souvenirs, un renouveau musical vraiment incroyable. J'écris à Ropartz que je ne connaissais nullement, pour lui demander deux places au dernier étage de la salle Poirel. Il me les renvoie par retour du courrier. Nous voilà partis, dans la joie, dans l'exubérance d'un espoir qui ne devait pas être trompé. Dès les premières mesures de la cantate, nous fondons en larmes, rien que d'entendre le son de l'orchestre. O jeunesse 1 Le concert ne fut qu'un long enchantement, et j'avais senti le contact vivant d'un très grand artiste.

D'abord un merveilleux chef, qui sentait profondément toutes les musiques et savait les mettre extraordinairement en valeur. Bien des fois par la suite je l'ai vu conduire. Mais je me rappelle surtout, outre cette première fois, un concert parisien au cours duquel il dirigea, avec Blanche Selva au piano (inoubliable association de deux interprétations de même style et de même rang), les Variations symphoniques de César Franck et la Symphonie montagnarde de Vincent d'Indy, avec quelle ampleur, quel sentiment pénétrant, quelle dévotion, on ne saurait le dire. Aucune hâte, aucune vaine précipitation, aucune recherche déformante du brillant. Rien de languissant non plus, ni de traînant. La vérité, et l'émotion. Et une grandeur incomparable !

Mais Guy Ropartz n'est pas qu'un étonnant chef d'orchestre,-c'est un compositeur qui compte parmi les premiers que nous ayons.

Ropartz (Joseph-Guy-Marie)' est né à Guingamp (Côtes-du-Nord) le 15 juin 1864. Il fit ses études secondaires à Rennes au collège Saint-Vincent et à Vannes au collège Saint-François-Xavier. A l'Université de Rennes, il prit sa licence en droit. Au Conservatoire de Paris, il travailla d'abord sous la direction de Th. Dubois et de Massenet. Mais l'audition du Chant de la Cloche de Vincent d'Indy, en 1886, le décidait à quitter ses premiers maîtres pour demander des conseils et des leçons à ce César Franck qui avait su former un si grand musicien.

Il appartient donc à ce groupe des franckistes qui comprenait Castillon, Duparc, d'Indy, Chausson, Lekeu, Pierre de Bréville, Charles Bordes, Louis de Serres. Prétendra-t-on que l'enseignement du maître ne fut point fécond ? Ou bien soutiendra-t-on que le hasard seul fit passer par ses mains de si beaux artistes ?

Je n'examinerai pas dans le détail la production de Guy Ropartz. Elle est d'une abondance telle qu'il m'y faudrait un volume entier. Je n'insisterai que sur la haute valeur d'un drame lyrique, le Pays, qui obtint, à sa création à l'Opéra-Comique par Germaine Lubin (alors à ses débuts) et par Salignac, un succès considérable. C'est une des plus belles œuvres que le théâtre musical français ait produites depuis le commencement du siècle. Maintes fois les critiques les plus compétents réclamaient la reprise de cet ouvrage si vivant, si prenant et d'une si noble allure. Jamais ils ne furent écoutés. Joignons une fois de plus notre prière instante à la leur. Je me rappelle surtout une admirable symphonie de l'enlisement dans les marais d'Islande, la page capitale de la partition.

Avec sa large barbe blanche de grand prêtre, de patriarche ou de prophète, sa haute taille, sa large carrure, Guy Ropartz donne, dans sa verte vieillesse, l'impression de la sérénité, de la réflexion, de la force tranquille et sûre d'elle-même.

Depuis 1918, avec une inlassable fécondité, il continue d'écrire et voici la liste de ses œuvres jusqu'à 1941 :

Un des maîtres les plus éminents de l'école franckiste

Ropartz

VUILLERMOZ ÉMILE, Histoire de la musique. « Les grandes études historiques », Librairie Arthème Fayard, Parix 1979 (8e édition), p. 310-311

Ayant, lui aussi, déserté la Faculté de Droit pour entrer au Conservatoire dans la classe de Massenet et de Théodore Dubois, le Breton Guy Ropartz, comme son camarade Pierre de Bréville, termina ses études de composition avec César Franck. Fortement attaché à son terroir natal il demeura toujours profondément imprégné de l'atmosphère mystique, nostalgique et poétique u pays d'Armor. Esprit fort cultivé, caractère indépendant, artiste distingué et modeste, il a poursuivi jusqu'à ce jour une carrière d'une rare dignité qui lui a valu l'admiration et l'estime de tous. Cinq Symphonies, dont l'une avec chœurs, une Petite Symphonie de chambre, deux poèmes symphoniques, les Landes et la Cloche des Morts, le Psaume CXXXVI, Prélude, Marine et Chanson, La Chasse du Prince Arthur, Soir sur les chaumes, A Marie endormie, une Sérénade, un Nocturne, un Concert en ré majeur, une Rhapsodie pour violoncelle et orchestre, cinq Quatuors à cordes, quatre Sonates pour violon et piano, deux Sonates pour violoncelle, des chœurs, des mélodies et de la musique religieuse nous apportent le témoignage de la solidité de métier et de la sensibilité pleine de pudeur de ce rêveur grave et méditatif qui fut quelquefois comparé à Alfred de Vigny. Et ses brèves incursions dans le domaine du théâtre — le Diable couturier, le Pays, deux ballets et la musique de scène de Pêcheurs d'Islande — ont révélé des aspects tout à fait inattendus de son talent et de sa technique.

Car cet artiste libre et fier ne s'est inféodé à aucune formule systématique : s'il a respecté volontiers et très légitimement le scrupule franckiste du cyclisme dans ses symphonies et sa musique de chambre, son amour de la nature lui a inspiré des accents qui rapprochent parfois son écriture de celle des impressionnistes. N'ou-lions pas qu'il a osé écrire un jour cette profession de foi hardie : « On peut tout se permettre. Un musicien qui possède son métier ne doit avoir d'autres lois que son bon plaisir, sa sincérité et sa passion. » Pratiquement, il n'abusa pas de ce dogme. Il demeura, avant tout, un indépendant, un sincère, un consciencieux que dominait le sentiment du devoir. C'est ainsi qu'il sacrifia de longues années de sa carrière personnelle pour aller, à Nancy et à Strasbourg, prêcher la bonne parole en prenant la direction des Conservatoires de ces deux villes et en y organisant des saisons de concerts symphoniques d'une haute tenue. Une sereine vieillesse de patriarche biblique dont rien n'entame la robustesse physique et morale a été la récompense de ce loyal serviteur d'un idéal sans faiblesse.

Discographie

01/154 
Joseph-Guy Ropartz
Requiem
Pasume 129
Messe brève
Cartherine Dubisc
Jacqueline Mayeur
Vincent Texier
François-Henri Houbart, orgue

Choeur régional Vittoria d'Île-de-France
Ensemble instrumental Jean-Walter Audoli
Michel Piquemal, dir
Enregistré à Paris en 1991. ADDA, 1991 ; AD 184

 

02/154
Joseph-Guy Ropartz
La chasse du Prince Arthur
Cloche des morts
Soir sur les chaumes
Odelettes
Quatre poèmes
Cécile Perrin
Vincent Le Texier
Orchestre philharmonique du Luxembourg
Emmanuel Krivine, dir.
Enregistré au Conservatoire du Luxembourg en octobre 2002. Timpani 1C1073

Jean-Marc Warszawki
2005
Révision 14 septembre 2008
Idem, 19 janvier 2018 (miroir de page, illustrations)

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Dimanche 27 Mai, 2018