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Johannes Ciconia
V. 1340 - 1411

Johannes Ciconia de Leodio ; Johan Chiwongne ; Jean Cigogne.

Il est peut-être issu d'une famille de pelletiers du quartier de l'Île, à Liège. On ne sait rien de son apprentissage.

En 1358, il est clerc au diocèse de Liège. Il appartient à la suite du cardinal Gil Álvarez Carrillo de Albornoz (1310-1367), légat  auprès du pape Innocent IV en Avignon.

Albornoz se rend en Italie pour une mission de réconciliation. Il est à Gêne le 5 novembre 1358, le 13 à Pise, séjourne à Florence. Le 23 décembre, il est à Cesena où il installe sa chancellerie.

Le 7 mai 1359, Johannes de Ciconia obtient l'autel de Notre-Dame de Saint-Jean-Baptiste, laissé vacant par un certain Nicolas Talvard.

Le 11 mai, il dépose une demande pour obtenir une prébende canoniale à Saint-Jean l'évangéliste de Liège. Le cardinal lui octroie un canonicat à Cesena, mais le pape lui accorde  Liège. Il apparaît comme « prêtre de Liège ». Il est aumônier du cardinal (responsable de la distribution des aumônes).

Le 30 avril 1367, le pape Urbain V quitte Avignon et le cardinal Albornoz meurt à Viterbe le 22 août. Sa maison est dispersée.

En 1366, Ciconia est cité comme un des chanoines de Saint-Jean l'évangéliste ne résidant pas à Liège.

En 1372, sa présence est attestée à Liège, où il occupe une maison claustrale.

À Liège, il a une concubine « de haut lignage », une des filles de Jacques d'Heur, avocat à la cour de l'official, avec laquelle il a des enfants.

Il enseigne la musique à la cathédrale de Padoue.

En 1397, il ne semble pas être à Liège. Il compose pour des dignitaires de Padoue.

Il est appointé à Liège en 1399 et 1401, année où sévit une épidémie de peste, et pendant laquelle il est chargé d'arbitrer une querelle entre deux chanoines,  s'étant achevée  par une agression à coups de couteau.

À la même époque, l'archiprêtre de la cathédrale de padoue Zabarella Francesco (1360-1417), lui obtient un bénéfice à Saint-Blaise de Roncaglia, non loin de Padoue.

Son ralliement au  « schisme d'Avignon », étant connu, Jean de Bavière lui retire son canonicat de Saint -Jean, le 20 décembre 1403.

En avril 1404 (peut-être déjà en 1402), il est en Italie. Le 27 avril, il est reçu custos et cantor à la cathédrale de Padoue. Son nom disparaît des archives liégeoises.

La même année, il est recteur de l'hôpital et de l'église de Saint-Pierre (in Asticho), le 9 juin 1405, il obtient un canonicat à Saint-Laurent (in Conselve).

Le 17 novembre 1405, Padoue est vaincue par Venise, et capitule le 21. Les Carrara sont égorgés dans leur cellule le 17 janvier 1406. Zabarella est le négociateur pour Padoue. Le Palais est rasé, les armoiries effacées. Il ne reste que 9 chanoines à la cathédrale, et les douze Mensionarii et custos, dont Johannes de Ciconia.

Celui-ci compose un motet pour le nouvel évêque imposé par Venise, Albano Micheli, un savant juriste, puis, vers 1407, pour le doge de Venise, Michel Steno.

En 1408, il a un assistant, le clerc Franciscus de Montagnana. En 1409, il renonce au bénéfice à l'église Saint-Jean (in Hospitale). La même année, il reçoit 200 livres de la cathédrales en plus de ses prébendes, sur ordre de Zabarella.

En 1412, il est attesté qu'il bénéficie d'une prébende à Saint-Foi de Mediolano.

Selon les distributions en nature dont il bénéficie, il serait mort entre le 15 novembre et le 25 décembre 1411. On lui fait de somptueuses funérailles.

On conserve 42 compositions, des madrigaux, ballades, motets, chansons, canons, parties de messe.

Le traité est à l'usage de ses élèves. Références à Pythagore, Ptolémée, Aristoxène, Saint Augustin, Boèce, Isidore, Saint Bernard, Rémi d'Auxerre.

Dans sa Nova Musica, il prévient qu'il rejette les auteurs antiques qui ne sont pas aptes à la pleine connaissance.

Son traité se divise en quatre livres suivant quatre propositions : Consonances ; les espèces du chant ; les proportions ; les accidents et déclinaisons.

Il affirme la supériorité de la musique divine: L'harmonie céleste est la musique des anges. La musique naturelle est d'inspiration divine. Elle se meut dans les cieux ou dans la voix humaine. Elle est donnée à tous.

La musique artificielle (faite) est réservée à un petit nombre. Elle comprend les sons audibles, les consonances, les espèces, les modes et les proportions. Elle procède de la confusion de la musique céleste et de la musique mesurée.

Les cantilènes sont de trois matières : harmonique, voix des hommes et des animaux, organique. Il y a les sons soufflés, rythmiques, frappés. Il y a trois espèces de sons : son de la voix ; son des chalumeaux et flûtes ; son des lyres et des cithares.

La musique vient des muses comme l'affirment les auteurs anciens. Mais on doit repousser les superstitions.

La musique céleste dispose ses nombres circulairement. À chacun de ces nombres correspond une muse. Au grave du monocorde correspond la procession des filles de Jupiter qui accompagne celle des planètes. Le nombre musical remonte à Dieu (comme Saint Augustin : source divine des nombres). La proportion du dièsis est si petite (253/256) qu'elle appartient au monde des anges plutôt qu'à celui des humains (inaudible).

Les consonances tirent leur perfection de la simplicité de leurs proportions, qui révèle les plus hautes réalités de la foi chrétienne : la quarte: quatre sons, les quatre évangiles. Trois intervalles, les trois temps (passé, présent, futur). Quatre divisions, les quatre parties du monde. La quinte : trois divisions, les trois vertus théologiques (foi, espérance, charité). L'octave : deux divisions, vie active et contemplative.

Écrits

Nova musica, de proportionibus

De tribus generibus

Éditions

Bibliographie

 

Jean-Marc Warszawski
Novembre 1995-10 juillet 2009
Nouveau miroir de page 14 décembre 2016

TéléchargementsPresse internationale -

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Références / musicologie.org 2016
ISSN 2269-9910

Jeudi 15 Décembre, 2016 2:07