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Il est vers les années 1300,
à Paris.
Écrits relatifs à lamusique
De musica
Commentaires et citations
Divise le domaine musical en trois catégories
1- Musica simplex. (profane et vulgaire)
2- Composita (d'après les canons de la mesure)
3- Ecclesiastica
Autrement dit, musique populaire, musique savante, et
musique d'église. D'une façon générale, les théoriciens s'en tiennent
académiquement à la proposition de Boèce, à savoir, musique du monde,
musique humaine et musique instrumentale. Il y a donc une reconnaissance
des genres musicaux, qui révèle un ecertaine indépendance intellectuelle
de Jean de Grouchy par rapport aux institutions. Son traité réserve une
place à ses propres observations. Ainsi, donne-t-il des transcriptions de
danses populaires, par lesquelles on peut se rendre compte que les modes
employés sont proches de nos modes mineurs et majeurs (J. Wolf :
Die Tänze des Mittelalter. "Archiv für Musikwissenschaft" (I)
1918-1919).
Il en fera d'ailleurs la remarque :
Les règles de la tonalité ecclésiastique ne sont pas applicables aux
chansons, ductiae, estampies. (
Non per tonum cognoscimus cantus vulgarem, ductiam, stanpidem).
Musique plane et musique mesurée
On divise la musique en musique plane ou non mesurée
et en mesurée. On entend par musique non mesurée celle de l'église selon
Saint Grégoire, et déterminée par plusieurs tons.
Le conduit
Au XIIIe siècle, on ne compose plus guère de nouveaux
conduits, mais les anciens sont toujours en usage. Jean de Grouchy cite le
genre dans son traité : c'est un genre musical destiné aux fêtes et aux
banquets. (Gérold Théodore.
Histoire de la musique des origines à la fin du XIVe siècle. H.
Laurens Paris 1936. Pages 256, 357)
Motet et organum
Le ténor est la partie sur laquelle les autres sont
construites, de même que la maison s'élève sur un fondement... Celui qui
veut composer (un motet) doit donc d'abord donner au ténor une bonne
ordonnance, en fixer la mesure et le mode. Dans les motets, de même que
dans les organa, le ténor est un chant composé antérieurement et emprunté
à une mélodie ancienne... Après avoir bien disposé le ténor, on composera
au dessus de lui le motettus, qui sera en général à la distance d'une
quinte du ténor, mais peut monter plus haut ou descendre.À ces deux voix
on ajoute le triplum qui est proportionnellement au ténor à l'intervalle
d'une octave, mais peut descendre jusqu'à la quinte. Quoique ces trois
voix forment déjà une consonance complète, on peut leur adjoindre encore
le quadruplum qui déterminera la consonance tandis que les autres voix
monteront ou descendront ensemble ou s'interrompront ou auront des pauses.
Tandis que dans la composition d'organa on changera souvent de mode, dans
les motets on conservera plutôt le même mode. Dans les commotelli il y a
plusieurs textes. Si dans ces textes le nombre des syllabes ou des mots
dépasse celui des autres, on peut les égaliser par l'emploi de brèves et
de semi brèves. Jean de Grouchy ajoute que ces chants ne sont pas pour les
gens du peuple qui ne sauraient ni en comprendre les subtilités, ni y
prendre du plaisir. C'est dans les fêtes organisées par les lettrés et les
personnes qui recherchent les finesses de l'art que l'on chante les
motets. Au cours des réjouissances populaires, on chante des cantilènes et
des rondels.
Ductia et carole
La ductia est une composition sans paroles (Sonus
illiteratus) mesurée avec un battement approprié. Je dis sans paroles,
parce que la voix humaine puisse l'exécuter et qu'il puisse être
représenté par des signes de notation, on ne peut l'écrire avec des
lettres parce qu'un texte lui fait défaut. Et je dis avec des battements
réglés parce que les rythmes règlent la ductia elle-même et les mouvements
de l'exécutant et qu'ils incitent l'âme humaine à faire des mouvements
élégants correspondant à l'art qu'on appelle la danse, et déterminent le
mouvement dans les ductiae et les caroles.
L'estampie
La stantipe est une composition musicale sans parole
ayant une progression mélodique compliquée (habens difficiles
concordantiarum discretionem) et divisée en points (puncti). À cause de sa
difficulté, il occupe entièrement l'esprit de l'exécutant et de
l'auditeur, et souvent il distrait l'esprit des riches de mauvaises
pensée. Et je dis que son caractère est déterminé par les points, parce
qu'il manque de la mesure précise que nous trouvons dans la ductia, et
qu'il ne se distingue que par les points. Quelques uns fixent les points
pour l'estampie à six, d'après les six voyelles, d'autres se basant sur
les sept concordances ou laissant guider par leur instinct naturel, à
sept, par exemple Tassyn; C'est de ce genre que sont les estampies à sept
cordes ou les compositions difficiles de Tassyn.
Manuscrits
- Ms. 2663, Darmstadt, Hessische Landes- und Hochschulbibliothek, fin
XIVe siècle, f. 56-59
- Ms. Harley 281, London, British Library, XIVe siècle, f. 30-52
Éditions
- PAGE CHRISTOPHER, Johannes de Grocheio on Secular Music: a Corrected
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Leipzig 1943, p. 41-67 ; 1972
[édition
électronique de l'Université d'Indiana]
- —, Die Quellenhandschriften zum Musiktraktat des Johannes de Grocheio.
Leipzig 1967 [éd. et trad.]
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«Colorado Springs College Music Press, translations» (1), Colorado Springs
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- WOLF JOHANNES, Die Musiklehre des Johannes de Grocheo. Dans
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69-120
[édition
électronique de l'Université d'Indiana]
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- CSERBA SIMON, Über den Vortrag des Gregorianischen Chorals im
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Leipzig 1904 [3 v.]; Hildesheim-Wiesbaden 1965, p. 14, 363
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1918-1919
- YOSHIDA TAISUKE, Yakobusu kontora Gurokeumu. Dans «Mélanges Daigoro»
p. 297-324 [compare Jacques de Liège et Jean de Grouchy]
Jean-Marc Warszawski
Novembre 1995-5 avril 2009
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