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Hugues de Saint Victor

v. 1096-1141

 

 

Philosophe et théologien. D'origine inconnue, peut-être saxonne ou flamande. 1127, son nom apparaît sur une charte de l'abbaye de Saint-Victor à Paris. Dirige l'école de Saint-Victor (dont il fonde la renommée). Il fut surnommé par ses contemporains «le nouvel Augustin». Le Didascalicon est consacré aux arts libéraux et comporte donc un passage sur la musique

Hugues de Saint Victor 1 recommandait à ses disciples de tout apprendre parce que rien n'est inutile. Une grande partie de ses écrits est consacrée aux arts libéraux, aux sciences ou à la philosophie (Didascalicon). Mais il s'est surtout consacré à la théologie. Des sacrements de la foi chrétienne est une somme théologique ou l'on retrouve l'influence de pseudo-Denys l'Aréopagite dont il a commenté La Hiérarchie céleste ( De caelesti Hierarchia ). Il est de ce point de vue dans la tradition ouverte par Jean Scot Érigène 2. Il aborde également le problème brûlant de la transmutation du pain et du vin dans l'eucharistie, soulevé par les thèses de Béranger de Tours 3 quelques années auparavant. Il transforme l'enseignement des sept arts libéraux en enseignement encyclopédique, et dénombre 21 disciplines. Pour Hugues de Saint-Victor, « la chute originelle » a brisé l'unité des savoirs humains, il œuvre à retrouver cette unité. Il suit la tripartition des sciences selon Boèce mais y ajoute les arts mécaniques. La philosophie qui est la connaissance universelle comprend : La philosophie théorique qui s'attache à la vérité ; la philosophie pratique, tournée vers la morales et les mœurs, la mécanique règles les actions des hommes, la logique avec laquelle on apprend à parler.

Notes

    1.      On a surnommé Hugues de Saint Victor « le second Augustin. Cette renommée tient à son importante activité théologique et à son savoir encyclopédique. Mais aussi, au caractère particulier de l'abbaye de Saint Victor, qui est une abbaye urbaine et fondée par un brillant prélat. C'est en 1108 que Guillaume de Champeaux, maître de l'école cathédrale de Paris, fonde, avec quelques disciples, l'abbaye de Saint Victor, qui tient son nom de la proximité d'une chapelle dédiée à ce saint, sur les pentes de la Montagne Saint Geneviève. Les moines adoptent l'ordre nouveau, prôné par saint Bernard, mais ils font des choses de la pensée leur première occupation. En 1113, le roi Louis VI donne la charte de fondation de cet ordre, et Gilduin remplace Guillaume de Champeaux qui est nommé évêque de Châlons sur Marne. Il sont des réformateurs par vocation. Ont fait appel à eux pour réformer les chapitres et les collégiales, et fournissent de nombreux évêques. Présents vers le milieu du siècle en Angleterre, ils compteront une trentaine de maisons et une quarantaine de prieurés.

    2.      « Toute créature visible ou invisible est une lumière portée à l'existence par le Père des Lumières » écrivait Jean Scot Érigène. (E. Panofsky, Architecture et pensée scolastique. Paris 1970, p.  39)

    3.      À l'époque carolingienne, Paschase Radbert et Ratramme de Corbie s'opposent déjà à ce sujet. Paschase prétendait que le pain et le vin étaient réellement le corps du Christ. Ce que l'on nomme la position réaliste, contre la position de raison. C'est mettre, pour les théologiens, le mystère en évidence. Ratramme, dans la tradition augustinienne, prétend qu'il s'agit là d'une symbolique de caractère sacramentel. Béranger de Tours défend, contre ce qui est devenu la coutume commune, la thèse réaliste. Le Christ, ressuscité ne peut être à la fois au ciel et sur l'autel. Béranger de Tours sera contraint de lire devant le concile en 1059, une profession de foi réaliste.

Écrits relatifs à la musique

Didascalicon

Manuscrits

  • Ms. Lat 15256, Paris, Bibliothèque nationale, XIIIe siècle (Didascalicon)
  • Ms. Barb. Lat. 283, Roma, Biblioteca Vaticana, XIVe siècle pour cette partie. f. 1r-36r, Didascalion (De musica, f. 10)

Éditions

  • BUTTIMER CHARLES H., Hugonis de Sancto Victore Didascalicon: De studio legendi. The Catholic University of America. Dans «Studies in Medieval and Renaissance Latin» (10), Washington 1939
  • MIGNE JACQUES-PAUL (1800-1875), Patrologiae cursus completus. Serie latina [221 v.]. Petit Montrouge 1844-1855; Turnhout 1966, (175-177) [éd. défectueuse, reprise sans revenir aux sources: textes authentiques et autres mêlés, omissions]

Autres écrits

  • De la contemplation
  • De la méthode et de la science
  • Des sacrements de la foi chrétienne (De sacramentis fidei christianae)
  • À la louange de la charité
  • Chronicon (Chronique universelle)
  • Plusieurs commentaires de livres de l'Écriture

Bibliographie

  • DOLCH JOSEF, Die Ars musica in den Studienberichten Walthers von Speyer (984) und Hugos von St. Viktor (1127). Dans «Festschrift Joseph Müller-Blattau zum 70. Geburtstag», Kassel 1966, (1) p. 59-68
  • POIREL DOMINIQUE, Initiations au Moyen-Âge. Éditions du Cerf, Paris 1998 [100 p.]
  • ROESNER EDWARD H., Johannes de Garlandia on Organum in speciali. Dans «Early Music History» (2) 1982, p. 129-160
  • WHITE ALISON, Boethius in the Medieval Quadrivium. Dans M. Gibson (éd.), «Boethius. His Life, Thought and Influence», Oxford 1981, p. 179
  •  

Jean-Marc Warszawski
Novembre 1995 - 1er septembre 2006

 

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ISSN 2269-9910

Références / musicologie.org 2014

Vendredi 12 Décembre, 2014 10:01

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