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Philosophe et théologien. D’origine inconnue, peut-être saxonne ou
flamande. 1127, son nom apparaît sur une charte de l’abbaye de
Saint-Victor à Paris. Dirige l’école de Saint-Victor (dont il fonde la
renommée). Il fut surnommé par ses contemporains «le nouvel Augustin». Le
Didascalicon est consacré aux arts libéraux et comporte donc un
passage sur la musique
Hugues de Saint Victor
1 recommandait à ses disciples de tout apprendre parce que
rien n’est inutile. Une grande partie de ses écrits est consacrée aux arts
libéraux, aux sciences ou à la philosophie (Didascalicon). Mais il s’est
surtout consacré à la théologie. Des sacrements de la foi chrétienne est
une somme théologique ou l’on retrouve l’influence de pseudo-Denys
l’Aréopagite dont il a commenté La
Hiérarchie céleste (
De caelesti Hierarchia ). Il est de ce point de vue dans la
tradition ouverte par Jean Scot Érigène
2. Il aborde également le problème brûlant de la transmutation
du pain et du vin dans l’eucharistie, soulevé par les thèses de Béranger
de Tours
3 quelques années auparavant. Il transforme l’enseignement des
sept arts libéraux en enseignement encyclopédique, et dénombre 21
disciplines. Pour Hugues de Saint-Victor, « la chute
originelle » a brisé l’unité des savoirs humains, il œuvre à
retrouver cette unité. Il suit la tripartition des sciences selon Boèce
mais y ajoute les arts mécaniques. La philosophie qui est la connaissance
universelle comprend : La philosophie théorique qui s’attache à la vérité
; la philosophie pratique, tournée vers la morales et les mœurs, la
mécanique règles les actions des hommes, la logique avec laquelle on
apprend à parler.
Notes
1. On a surnommé
Hugues de Saint Victor « le second Augustin. Cette renommée tient à son
importante activité théologique et à son savoir encyclopédique. Mais
aussi, au caractère particulier de l’abbaye de Saint Victor, qui est une
abbaye urbaine et fondée par un brillant prélat. C’est en 1108 que
Guillaume de Champeaux, maître de l’école cathédrale de Paris, fonde, avec
quelques disciples, l’abbaye de Saint Victor, qui tient son nom de la
proximité d’une chapelle dédiée à ce saint, sur les pentes de la Montagne
Saint Geneviève. Les moines adoptent l’ordre nouveau, prôné par saint
Bernard, mais ils font des choses de la pensée leur première occupation.
En 1113, le roi Louis VI donne la charte de fondation de cet ordre, et
Gilduin remplace Guillaume de Champeaux qui est nommé évêque de Châlons
sur Marne. Il sont des réformateurs par vocation. Ont fait appel à eux
pour réformer les chapitres et les collégiales, et fournissent de nombreux
évêques. Présents vers le milieu du siècle en Angleterre, ils compteront
une trentaine de maisons et une quarantaine de prieurés.
2. « Toute créature
visible ou invisible est une lumière portée à l’existence par le Père des
Lumières » écrivait Jean Scot Érigène. (E. Panofsky, Architecture et
pensée scolastique. Paris 1970, p. 39)
3. À l’époque
carolingienne, Paschase Radbert et Ratramme de Corbie s’opposent déjà à ce
sujet. Paschase prétendait que le pain et le vin étaient réellement le
corps du Christ. Ce que l’on nomme la position réaliste, contre la
position de raison. C’est mettre, pour les théologiens, le mystère en
évidence. Ratramme, dans la tradition augustinienne, prétend qu’il s’agit
là d’une symbolique de caractère sacramentel. Béranger de Tours défend,
contre ce qui est devenu la coutume commune, la thèse réaliste. Le Christ,
ressuscité ne peut être à la fois au ciel et sur l’autel. Béranger de
Tours sera contraint de lire devant le concile en 1059, une profession de
foi réaliste.
Écrits relatifs à la musique
Didascalicon
Manuscrits
- Ms. Lat 15256, Paris, Bibliothèque nationale, XIIIe siècle
(Didascalicon)
- Ms. Barb. Lat. 283, Roma, Biblioteca Vaticana, XIVe siècle pour cette
partie. f. 1r-36r, Didascalion (De musica, f. 10)
Éditions
- BUTTIMER CHARLES H., Hugonis de Sancto Victore Didascalicon: De studio
legendi. The Catholic University of America. Dans «Studies in Medieval and
Renaissance Latin» (10), Washington 1939
- MIGNE JACQUES-PAUL (1800-1875), Patrologiae cursus completus. Serie
latina [221 v.]. Petit Montrouge 1844-1855; Turnhout 1966, (175-177) [éd.
défectueuse, reprise sans revenir aux sources: textes authentiques et
autres mêlés, omissions]
Autres écrits
- De la contemplation
- De la méthode et de la science
- Des sacrements de la foi chrétienne (De sacramentis fidei
christianae)
- À la louange de la charité
- Chronicon (Chronique universelle)
- Plusieurs commentaires de livres de l’Écriture
Bibliographie
- DOLCH JOSEF, Die Ars musica in den Studienberichten Walthers von
Speyer (984) und Hugos von St. Viktor (1127). Dans «Festschrift Joseph
Müller-Blattau zum 70. Geburtstag», Kassel 1966, (1) p. 59-68
- POIREL DOMINIQUE, Initiations au Moyen-Âge. Éditions du Cerf, Paris
1998 [100 p.]
- ROESNER EDWARD H., Johannes de Garlandia on Organum in speciali. Dans
«Early Music History» (2) 1982, p. 129-160
- WHITE ALISON, Boethius in the Medieval Quadrivium. Dans M. Gibson
(éd.), «Boethius. His Life, Thought and Influence», Oxford 1981, p.
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Jean-Marc Warszawski
Novembre 1995 - 1er septembre 2006
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