|
D’origine auvergnate, il voyage en France et en
Espagne. Il étudie avec des professeurs arabes à Cordoue et Séville et
étudie au monastère de Saint-Géraud d’Aurillac. Il est présenté au pape
Jean XIII pour ses connaissances exceptionnelle, puis à l’empereur Otton
Ier. Adalbéron, évêque de Reims, le nomme écolâtre à l’école épiscopale où
il enseigne et y fait enseigner toutes les connaissances profanes et
religieuses, antiques et modernes. A Ravenne, il participe à une
disputatio contre Ortric de Magdeburg. En 982 il est abbé de Bobbio, mais
en raison de la pauvreté de l’abbaye il retourne à Reims. En 987 il
conseille Adalbéron pour faire élire Hugues Capet au trône (concile de
Senlis 987). En 991 il est archevêque de Reims. En 992 il conteste
l’autorité de Rome. Il a des démêlés avec les évêques proches de l’empire,
il est suspendu et excommunié par le pape pour avoir refusé de quitter sa
charge. En 998, Otton III le nomme évêque de Ravenne et en 999 le fait
élire pape. Il soutient l’empire germanique contre Rome. En 1001 il est
obligé par les pressions de quitter Rome. En 1002 avec la mort d’Otton il
perd un puissant protecteur.
Gerbert est un scientifique qui adopte lepoint d vue de
la séparation du monde de la raison et de la foi. Il se place dans la
tradition de Jean Scot et n’hésite pas à employer la rhétorique, la
dialectique et la philosophie. Il est aussi un actif politique qui
s’emploie avant et pendant sa papauté, à amoindrir le rôle de Rome (et de
Byzance) dans les affaires de l’Église. Il est pour une politique
religieuse nationale, notamment pour le nomination des prélats. Ce qui ne
l’empêche pas d’être extrêmement autoritaire dans ses fonctions papales.
Sa réputation d’astronome a donné naissance à des légendes comme dans le
Speculum historiae de Vincent de Beauvais selon laquelle Gerbert
aurait vendu son âme au diable, lequel, en échange, lui aurait assuré sa
carrière politique jusqu’au siège.
Écrits
Explication sur la musique et l’arithmétique de
Boèce (correspondance)
Gloses sur la musica deBoèce
Géométrie
Traité de l’astrobale
Manuscrits
- Ms. 531, Brugge, Stadsbibliotheek, Xe ou XIe siècle, f. 18v, Scholium
ad Boethii Musicae Institutionis
- Ms. 5444/6, Bruxelles, Bibliothèque royale, originaire de l’abbaye
bénédictine de St.-Pierre de Gembloux, XIe siècle, f. 58 & 63,
Scholium ad Boethii Musicae Institutionis (l. II, c. 10 & 21)
Éditions
- BERNHARD MICHAEL, Clavis Gerberti. (1). Dans «Veröffentlichungen der
Musikhistorischen Kommission» (7), Bayerische Akademie der Wissenschaften,
München 1989
- BUBNOV NICOLAUS (éd.), Gerberti postea Silvestri II papae opera
mathematica. Berlin 1899
- MARKOVITS MICHAEL, Das Tonsystem der abendländischen Musik im frühen
Mittelalter. Dans «Publikationen der Schweizerischen Musikforschenden
Gesellschaft» (II/30), Bern-Stuttgart 1977, p. 33, 39, 41, 55, 57, 71
Bibliographie
- BRÉHIER ÉMILE, La philosophie au Moyen-Âge. «L’Évolution de
l’humanité», Albin Michel, Paris 1937; 1971, p. 75-76
- GEROLD THEODORE, Histoire de la musique des origines à la fin du XIVe
siècle. Henri Laurens, Paris 1936, p. 387, 388
- KLINKENBERG HANS M., Der Zerfall des Quadriviums in der Zeit von
Boethius bis zu Gerbert von Aurillac. Dans «Gesellschaft für
Musikforschung», Kongress-Bericht, Hamburg 1956, Kassel-Basel 1957, p.
129-133
- MEYER CHRISTIAN, Gerbertus musicus, Gerbert et les fondements du
système acoustique. Dans «Gerbert l’Européen : actes du colloque
d’Aurillac» (4-7 juin 1996), Aurillac 1997, p. 183-192
- NAVARI JOSEPH V., The Leitmotiv in the Mathematical Thought of Gerbert
of Aurillac. Dans «Journal of Medieval History» (1) 1975, p. 139-149
- PIZZANI UBALDO, The Influence of the De Institutione Musica of
Boethius up to Gerbert d’Aurillac: A Tentative Contribution. Dans M. Masi
(éd.), «Boethius and the Liberal Arts», Bern-Frankfurt-Las Vegas 1981, p.
97-156
- SACHS KLAUS-JÜRGEN, Gerbertus cognomento musicus. Dans «Archiv für
Musikwissenschaft» (29) 1972, p. 257-274
- WHITE ALISON. Boethius in the Medieval Quadrivium. Dans M. Gibson
(éd.), «Boethius. His Life, Thought and Influence», Oxford 1981, p.
169
Jean-Marc Warszawski
Novembre 1995-10 juillet 2006
|