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Campra André
1660-1744

campra

Fils de Jean-François Campra, chirurgien et violoniste à Graglia, près de Turin, et de Louise Fabry d'Aix-en-Provence, André Campra est organiste et compositeur. On connaît une grande partie de sa biographie grâce à Laborde qui prétend avoir reçu des renseignements du compositeur lui-même.

Il reçoit ses premières leçons de musique de son père. En 1674 il étudie avec Guillaume Poitevin à la maîtrise de Saint-Sauveur à Aix-en-Provence. Il commence ses études religieuses en 1678.

En 1679 il est maître de chapelle à Toulon (selon Laborde, pas de source vérifiable).

Il est vraisemblablement à Aix en 1681. Il ets menacé d'être renvoyé en raison de ses activités théâtrales. Mais le 27 mai, il est nommé aumônier.

Le 7 août 1681, il est maître de chapelle à Saint-Trophime à Arles ; en 1683, à la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse.

Du 23 octobre au 10 décembre 1685, il est maître de musique des états du Languedoc tenus à Montpellier.

En 1691, une délibération du chapitre de Saint-Étienne l'oblige à présenter ses compositions avant leur exécution. C'est la première indication sur ses activités de compositeur qui nous soit parvenue.

Le 20 juin 1694, au cours d'un congé de quatre mois il obtient le poste de maître de musique à Notre-Dame de Paris, en succession à Jean Mignon. En août 1694, le poste de Saint-Étienne est déclaré vacant.

En 1695 il publie son Premier livre de motets.

En mai 1696 il reçoit un canonicat à Saint-Jean-le-Rond. En 1697, il compose L'Europe galante (suite de ballet).

De 1698 à 1737, il apparaît au programme du collège des jésuites Louis-le-Grand de Paris comme compositeur de drames latins.

En 1700 il réclame un congé pour se consacrer à la musique de théâtre, la même année il crée Hésione, en 1702, il crée Tancrède. En 1704, il obtient un privilège royal de 12 années pour ne pas être forcé à publier chez Ballard (qui avait le monopole de la musique). 1710, Les Fêtes vénitiennes.

En 1718, il obtient une pension royale annuelle de 500 livres. 1720, Livre de petits motets. D'après le Mercure de France d'août 1721, il est maître de musique au collège Louis-le-Grand. En 1722 il devient directeur de la musique du prince de Conti et succède Delalande à la chapelle royale.

En 1730 il est inspecteur général de l'Académie royale de musique avec un salaire de 1500 livres, en remplacement de Destouches. En 1735, il crée Achille et Deidamie.

  campraGravure pour Le Carnaval de Venise

Catalogue de ses œuvres

Bibliographie

Discographie

Campra
Idoménée
Tragédie lyrique en un prologue et cinq actes sur un livret d'Antoine Danchet (1731)
Jérôme Corréas, Eole ; Neptune ; Nemesis ; la Jalousie ; Marie Boyer, Venus ; Bernard Deletré, Idoménée ; Richard Dugay, Arcas ; Jean-Paul Fauchécourt, Adamante ; Jean-Claude Sarragosse, Arbas, Protée ; Monique Zanetti, Illione ; Sandrine Piau, Electre ; Mary Saint-Palaios, Une crétoise ; Anne Mopin, Un ecrétoise, une bergère ; Anne Pichard, une bergère
Les Arts Florissants, William Christie, dir.
Harmonia Mundi, HMC 901397, 3 volumes (1992)
Disque 1 : Prologue : Enchaînés à des rochers, les vents supplient Eole libérer. Vénus les apaise et leur demande de provoquer une immense tempête pour punir Idoménée vainqueur de Troie. Libérés, les vents obéissent. Vénus et sa suite se joignent aux divinités de la mer pour célébrer le pouvoir de l'amour. 01 - Ouverture ; 02 - Scène 1 Eole et les vents, Laissez-nous sortir d'esclavage ; 03 - Symphonie agréable qui annonce Vénus ; 04 - Sarabande ; 05 - Vénus et choeurs, Chantez le dieu charmant. Air des Tritons ; 06 - Vénus, Coulez ruisseaux ; 07 - Menuet et choeur des grâces, Jeunes beautez ; 08 - ouverture — Acte I : Au palais d'Idoménée, Ilione, fille de Priam, révèle qu'elle a repoussé les avances d'Idoménée et qu'elle aime Idamante. Ce dernier déclare son amour et rend leur liberté aux captifs. Crétois et Troyens célèbrent ensemble l'évènement lorsque Arbas vient apporter une funeste nouvelle : Idoménée a disparu en mer. Electre, fille d'Agamemnon, réfugiée à la cour de Crète, amoureuse d'Idamante et clame sa jalousie. 09 - sc. 1, Ilione, Venez, gloire, fierté ; 10 - sc. 2, Idamante, Ilione, suite d'Idamante, Rassemblez les Troyens – sc. 3, Idamante, Ilione, troupe de Crétois, troupe de Troyens. ; 11 - Marche ; 12 - Choeur, Chantons, célébrons la victoire ; 13 - Rondeau. Une crétoise, Tout se rend aux traits de la beauté ; 14 - sc. 4, Electre, Ilione, Idamante et les mêmes. Electre, Seigneur, à tous les Grecs -- sc. 5, Arbas et les mêmes ; 15 - sc. 6, Electre, Son père de vit plus — Disque 2 :  Acte II : Scène de tempête. Les Crétois naufragés implorent les Dieux. Neptune surgit et calme les flots en rappelant à Idoménée sa promesse : sacrifier la première personne qu'il rencontre sur le rivage s'il rentre sain et sauf. Lle premier à l'accueillir est son propre fils Idamante. Pour échapper au destin, Idoménée chasse son fils. Electre, désespérée par l'indifférence d'Idamante elle prépare sa vengeance avec Vénus et Jalousie pour qu'elles s'emploient à dresser le père contre son fils. 01 - sc. 1, Choeur de peuples qui font naufrage, O Dieux ! ô juste Dieux ! -- sc. 2, Neptune sort de la mer, Cessez de soulever les ondes ; 02 - sc. 3, Idoménée, Arcas, La paix règne partout ; 03 - sc. 4, Idamante, Idoménée. Idamante, Soyez témoins de mon inquiétude ; 04 - sc. 5, Electre, Il me fuit le cruel ! -- sc. 6, Vénus dans son char, Electre ; 05 - sc. 7, Vénus, Vous, des tendres amours compagne inséparable -- sc. 8, Vénus, la Jalousie, suite de la Jalousie. La Jalousie, Nous obeissons à ta voix ; 06 - Premier et deuxième airs. La jalousie, D'un amour qui s'éteint – Acte III : Idoménée ressent à la fois de l'amour et de la jalousie envers son fils. Il lui ordonne de raccompagner Electre dans sa patrie Il accuse Ilione de le repousser par amour pour Idamante. Le départ est empêché Protée, surgissant d'une tempête, accompagné d'un monstre marin. Il menace de tout détruire sur son passage si Idoménée ne respecte pas la promesse faite à Neptune. 07 - sc.1,  Idoménée, Arcas. Arcas, Ne condamne point mes transports ;
08 - sc. 2, Ilione, Idoménée, Je dois être jaloux qu'un autre ait la gloire -- sc. 3, Idoménée, Que d'immoler mon fils ; 09 - sc. 4, Electre, Idoménée. Electre, Votre bonté s'intéresse pour moi ; 10 - sc. 6, Electre, troupe d'Argiens, de Crétois et de matelots. symphonie. Electre, Je vois des Argiens la troupe impatiente ; 11 - Premier et deuxième rigodons. Electre, Aimable espérance ; 12 - Idoménée, Allez, Prince, partez ; 13 - sc. 8, Protée sortant de la mer, les mêmes, Je viens des vastes mers — Disque 3 : Acte IV : Ilione s'inquiète pour Idamante. Idoménée ordonne à son fils de partir sur le champ et implore Neptune pour calmer sa colère. Idamante triomphe du monstre marin, les habitants de la Crète célèbrent sa victoire. Dans l'espoir d'apaiser définitivement les dieux, Idoménée renonce à la fois à son trône et à Ilione. 01 - sc. 1, Ilione, Espoirs malheureux ; 02 - sc. 2, Ilione, Idamante. Idamante, Princesse à vos regards j'ose encore m'offrie ; 03 - sc. 3, Idoménée, Idamante. Idamante, Ciel ! que vois-je !
04 - sc. 4, Idoménée et sa suite, troupe de sacrificateurs de Neptune. Idoménée et les sacrificateurs, O Neptune reçoy nos voeux -- sc. 5, Idoménée, Arcas, les mêmes ; 05 - sc. 6, Idoménée, Arcas, troupe de Crétois, de bergers et de bergères. Choeur, Triomphez, remportez une immortelle victoire ; 06 - Musette ; 07 - Deux bergères, Volez au son de nos musettes ; 08 - Rigaudon. Premier et deuxième menuets. ; 09 - Première bergère et choeurs, La paix et les plaisirs tranquiles ; 10 - Premier et deuxième passepieds ; 11 - Idoménée, Neptune a calmé sa colère – Acte V : Le mariage d'Ilione et d'Idamante se prépare, Electre en colère en appelle à Neptune. Au cours de la fête, un fracas annonce l'arrivée de Neptune venu des enfers. Il rappelle à Idoménée que la colère des dieux n'est pas apaisée. Le trône se brise, et Idoménée tue son fils. Revenu à la raison, il tente de se suicider : son châtiment est de continuer à vivre. 12 - sc. 1, Electre, Idamante. Electre, il est donc vray, seigneur ; 13 - sc. 2, Ilione, Idamante, Ah ! quel bonheur de vous revoir ! ; 14 - sc. 3, Idoménée, Ilione, Idamante, le peuple. Idoménée, Peuple, pour la dernière fois ; 15 - Passacaille, première et deuxième bourrée ; 16 - Une Crétoise, Gloire brillante, charmants plaisirs ; 17 - Idoménée, Je remets entre vos mains ces marques éclatantes -- sc. 4, Nemesis sortant des enfers, les mêmes. Nemesis, Du souverain des mers -- scène dernière, tous. Idoménée Quel feu dans mon sein se rallume ! ; 18 - Idomébée, Quel pouvoir m'a conduit sur ce bord écarté

André Campra
Messe de Requiem
Josep Benet, John Elwes, Stephan Maciejewski, Pieter Coene, Stephen Varcoe
La chapelle Royale
Philippe Herreweghe, die
Harmonia Mundi 1992, 901251
Requiem ; Kyrie ; Graduel ; Offertoire ; Sanctus ; Agnus Dei ; Post-Communion

Documents

L'Europe Ganlante, suite de ballet pour voix et orchestre sur un livret de La Motte présenté en 1697.

La Discorde, soprano
Céphise, soprano
Une Espagnole, soprano
Vénus, contre-ténor
Zaïde, contre-ténor
Une Femme espagnole, contre-ténor
 

Prologue.
Ouverture
Air : La Discorde et Vénus, Quelle soudaine horreur

Vénus

Quelle soudaine horreur! et quels terribles bruits!
Ciel ! qui peut amener la Discorde où je suis!

La discorde

C'est en vain qu'à tes loix tu prétens qu'on réponde
Déesse, fai cesser d'inutiles traveaux;
A quel coin reculé du monde,
L'Amour veut-il tenter des triomphes nouveaux?
Pour qui destine-t'il les traits qu'on luy prépare.
De tous côtez je le fais dédaigner
Lorsque de tous les cœurs la Discorde s'empare,
Sur qui veut-il encor régner?
Tout ressent la fureur dont je suis animée,
A mes sanglants Autels tout vient sacrifier,
Et ton fils se voit oublié;
Je l'ay du moins banny de l'Europe allarmée,
S'il ne l'est pas du monde entier.

Vénus

Tu t'aplaudis d'une fausse victoire,
L'Amour a dans l'Europe une nouvelle gloire
Il recueille le fruit de te noires fureurs.

La discorde

C'en est assez, épargne-moy le reste,
Et ne me force pas à m'entendre loùer
Un Roy qui te deteste.

Vénus

Je te feray souffrir de plus cruels tourmens
Tu méprises l'Amour, tu verras sa victoire,
Et je veux que ces lieux par divers changements,
Servent de théatre à sa gloire.
L'Europe que tu crois attentive à ta voix,
Va chanter à tes yeux la douceur de ses loix
Tu vas voir que des cœurs, l'Amour seul est le maître.

La discorde

Ah ! ne te flattes pas de m'en rendre témoin.

Vénus

Je veux te contraindre de l'être;
Tu prends, pour t'en deffendre un inutile soin.

La discorde

Puisque dans ces lieux on m'arrête,
Fureurs, secondez-moy, troublons au moins la fête;
Faisons des inconstants, des Jaloux odieux !
Jettons dans tous les cœurs, les soupçons et les craintes
Qu'on reconnoisse à mille plaintes,
Que la Discorde est en ces lieux.

Vénus

Tu ne peux exciter que de vaines allarmes,
Tu rendras mon triomphe encor plus glorieux.
Faisons régner l'Amour, faisons briller ses charmes;
Les doux Dlaisirs, vent ses plus fortes armes.

La France

Air, Céphise, Paisibles lieux (André Destouches)

Céphise

Paisibles Lieux, agréables Retraites,
Je n'aimeray jamais que vous.
En vain mille Bergers viennent à mes genoux.
Me jurer des ardeurs parfaites,
Beaux Lieux, n'en soyez point jaloux.
Je méprise leur flâme, et je les quitte tous
Pour le plaisir que vous me faites.
Pour forcer mon cœur à se rendre
On fait des efforts chaque jour; mais,
Quelques pleurs que je fasse répandre,
Quelques serments que l'on me fasse entendre,
Ce vent les pieges de l'Amour
Je me garderay bien de m'y laisser surprendre.

Air, Un Berger, Soupirons tous

Un berger

Soupirons tous,
Suivons, l'Amour sans nous contraindre
Il est plus doux
De le sentir que de la craindre
Qui sent ses coups
Les chérir au lieu de s'en plaindre
L'Amour rend les amants
Jaloux de leurs tourments;
Ses feux sont charmant,
Gardons-nous bien de les éteindre;
C'est des tendres soûpirs
Que naissent les plaisirs.

Passepied I et II

L'Espagne

Air, Dom Pedro, Sommeil

Dom Pedro

Sommeil, qui chacque nuit joüissez da ma belle,
Ne versez point vos pavots sur ses yeux;
Attendez, pour régner sur elle,
Qu'elle ait appris mes tendres feux;
Je vais parler, c'est assez me containdre,
C'est trop cacher les maux qu'elle me fait souffrir;
Du moins, il est temps de m'en plaindre,
Lorsque je suis prêt d'en mourir.
Ah ! s'il plaisoit aux beaux yeux que j'adore,
De soulager mon amoureux tourment
Le sort fatal que je déplore,
Deviendroit un destin charmant
Mais, ma mort est toûjours certaine,
Quelques succès qu d'Amour daigne me préparer;
Que Lucile soit inhumaine,
Ou sensible à l'ardeur que je viens declarer
Il faudra toûjours expirer
De mon plaisir, ou de ma peine.

1er Air pour Les Espagnols

Air, El esperar en amores

Une espagnole

El esperar, en amores merecer.
El persistir es un esforçar el hado,
En gazer suele mudarse el paceder,
Alfin es Amante quien està amado.
El esperar, en amores merecer

2er Air Rondeau

L'Italie
Air pour les Masques
Air Italien Al an curoe tutto geloso
Une femme du bal

Ad un cuore tutto geloso,
Deve amor negar pietà.
La sue face
Ch'aletta e piace,
Vuol dolcezza non crudeltà.
Un bel viso tutto vezzoso.
Mer'ta un laccio di lealtà.
Che Cupido,
Quel Nume infido
Aborisce la ferità.

La Forlana - Menuet
La Turquie
Air, Zaïde, Mes yeux
Zaïde

 

Mes yeux, ne pourrez vous jamais,
Forcer mon vainqueur à se rendre;
Faut-il, avec un cœur si tendre,
Avoir de si foibles attraits ?
Au moment de mon esclavage,
Quand on me conduisit dans ce riche Palais
Il parut à mes yeux l'antre le plus sauvage.
Je le fis retentir de mes tristes regrets,
Je me fis une image affreuse
Du Souverain que j'adore aujourd'huy;
Mais, sa présence, enfin dissipa mon ennuy,
Et je me trouvay trop heureuse
D'être captive auprès de luy.
Les Beautez dont il est le maître
Par son ordre bientôt s'assemblent dans ces lieux;
Amour, Amour, fay-luy connoître
Le cœur, qui le mérite mieux.
Mais, c'est luy que je vois, gardons-nous de paroître,
Il n'est pas temps encor de m'offrir à ses yeux.

Passacaille

Air, La Discorde et Vénus, C'en est fait

La discorde

C'en est fait, Déesse inhumaine,
Laisse-moy fuir de ce fatal séjour;
Tu n'as que trop joüy de ma cruelle peine,
O Ciel! tout échape à ma haine,
Et tout céde à l'Amour.
J'excitois vainement le Dépit et la Rage,
La force de l'Amour en brilloit davantage;
Fuyons, Fuyons de l'Univers,
Allons de moins régner dans les Enfers.

Vénus

La Discorde à l'Amour, cède enfin la victoire.
Vous, Jeux charmants, tendres Plaisirs.
Volez de toutes parts, pour servir ses désirs;
Allez accroître encor son Empire et sa gloire.

Jean-Marc Warszawski
Révision 10 juin 2010
Révision du miroir de page 24 juillet 2018.

© Musicologie.org 2018.

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Vendredi 29 Juin, 2018