musicologie  samedi 6 juin 2020.

Gottfried von Einem : Dantons Tod / La mort de Danton

Dantons Tod / La mort de Danton, opéra en deux parties et six tableaux, de Gottfried von Einem, sur un livret de Boris Blacher et Gottfried von Einem, d'après la pièce éponyme de Georg Büchner, créé au Festival de Salzbourg le 6 août 1947, par le Wiener Philharmoniker, et le Chor der Wiener Staatsoper, sous la direction de Ferenc Fricsay.

Enregistré en public le 13 août 1983 à Salzbourg. 2 LP Stéréo, Orfeo,1984, 102 842 H.

La distribution des rôles à la création de 1947

Georges Danton, député (baryton), Paul Schöffler.

Camille Desmoulinsn député (ténor), Julius Patzak.

Lucile (soprano), Maria Cebotari.

Hérault de Séchelles, député (ténor), Peter Klein.

Robespierre, membre du Comité de Salut public (ténor), Josef Witt.

Saint-Just, membre du Comité de Salut public (basse), Ludwig Weber.

Simon, souffleur (basse), Georg Hann.

Julie, femme de Danton (mezzo-soprano), Gisela Thury.

Hermann, Président du tribunal révolutionnaire (basse), Herbert Alsen.

La femme de Simon (contralton), Rosette Anday

Un jeune homme (ténor), Erwin Nowaro.

Deux bourraux (ténor et basse), William Wernigk, Wilhelm Felden.

Une dame (soprano), Trude Ballasch.

Première partie

Premier Tableau

Hérault de Séchelles est assis avec quelques dames autour d’une table de jeu. Julie et Danton sont également présents. Camille Desmoulins apporte la nouvelle de l’exécution injustifiée des hébertistes et accuse Robespierre d’en être le protagoniste. On tente de convaincre Danton d’attaquer Robespierre dans la Convention nationale. Aussi, bien qu’il ne soit pas proche de Robespierre, cela n’est pas dans ses intentions. Danton les quitte.

Deuxième Tableau

Le souffleur Simon tabasse sa femme parce que celle-ci a conduit sa fille à la prostitution. Quelques personnes arrivent et s’en mêlent. Un jeune homme passe; il est présumé aristocrate parce qu’il se mouche dans un mouchoir. On veut le pendre mais celui-ci se sauve en ripostant d’une manière rapide. Entre-Temps, Robespierre est entré en scène et tente de profiter de l’atmosphère. Danton est également présent et ne cache pas son aversion pour Robespierre qui prêche l’ascèse et la terreur, puis s’en va. Saint Just s’approche de Robespierre et lui conseille de laisser exécuter Danton et ses partisans. Robespierre acquiesce en insistant sur l’exclusion de son ami Camille Desmoulins de cette mesure. Saint Just lui montre un article de presse dans lequel Desmoulins attaque Robespierre et le nomme: « le messie sanguinaire ». Ainsi, Camille Desmoulins doit aussi disparaître.

Troisième Tableau

Danton est invité chez Desmoulins et sa femme Lucile. Soudain on l’appelle. Lorsqu’il revient, il affirme que le Comité de Salut public voulait l’arrêter et qu’il n’a pas accepté l’asile qui lui a été offert. Desmoulins l’accuse de paresse. En partant, Danton affirme sa lassitude. Lucile a peur que son mari puisse être mêlé à la chute de Danton. Desmoulins croit en l’amitié qui le lie à Robespierre.

Deuxième partie

Quatrième tableau

Devant la prison où est retenu Danton, le peuple discute de son emprisonenment et de ses justifications. Il semble que le bruit qu’a laissé courir Robespierre, disant que Danton a vécu comme un aristocrate, va vaincre. On voit ensuite l’intérieur de la prison avec Danton et ses partisans dont Desmoulins qui, passionnément, en pensant à Lucile, se retient à la vie. Ce n’est qu’avec beaucoup de difficultés que Danton le calmera. Lucile apparaît ensuite, sur la place, devant la Conciergerie, presque en folie. De la prison, on entend des voix désespérées. Prise de panique, Lucile s’enfuit.

Cinquième tableau

Devant le Tribunal révolutionnaire, Herman accuse Danton de conspiration avec les ennemis de la patrie. Avec pathos, Danton se défend. Il semble gagner la faveur de la foule. A ce moment, Saint Just donne au Tribunal de nouvelles preuves de la culpabilité de Danton. En Danton se réveille alors le grand orateur de la Révolution. Presque fanatiquement, il mène la lutte pour sauver sa vie et celles de ses amis en accusant à son tour Robespierre par des paroles brûlantes. La réunion s’achève sur une scène tumultueuse.

Sixième tableau

Sur la place de la Révolution, le peuple chante et danse la Carmagnole. Le chariot des condamnés arrive. Danton et ses partisans entonnent la Marseillaise. Après l’exécution, on voit les bourreaux rentrer en chantant une chanson sentimentale. Lucile, la femme de maintenant feu Desmoulins apparaît sur la place vide. Proche de la folie, dans un immense désespoir, elle commence une chanson populaire allemande : « Un faucheur qui s’appelle la mort, les dieux suprêmes nous l’envoient... » Pour Lucile, la vie n’a plus de sens. Au cri de: « Vive le Roi ! » elle se livre volontairement au Tribunal révolutionnaire. Elle qui, avec la Révolution, a tout perdu, va maintenant perdre aussi sa vie à cause de celli-ci.

Edwin Baumgartner
Traduction de
Jean-Didier Goblet
Orfeo 1984.

La reprise de 1983 au Festival de Salzbourg

ORF-Symphonieorchester, ORF-Chor, sous la direction de Lothar Zagrosek.

Georges Danton, député (baryton), Thio Adam.

Camille Desmoulinsn député (ténor), Werner Hollweg.

Lucile (soprano), Krisztina Laki.

Hérault de Séchelles, député (ténor), Wilfried Gahmlich.

Robespierre, membre du Comité de Salut public (ténor), Horst Hierstermann.

Saint-Just, membre du Comité de Salut public (basse), Helmut Berger-Tuna.

Simon, souffleur (basse), Franz Wyzner.

Julie, femme de Danton (mezzo-soprano), Ingrid Mayr.

Hermann, Président du tribunal révolutionnaire (basse), Kurt Rydl.

La femme de Simon (contralton), Marjana Lipovsek.

Un jeune homme (ténor), Christopher Doig.

Deux bourraux (ténor et basse), Karl Terkal, Alfred Muff.

Une dame (soprano), Gabriele Sima.

Gottfied von einem, Dantons Tod, Festival de Salzbourg 1983. Deux disques 33 t. simplement numérisés, avec quelques craquements sporadiques.

Enregistré en public le 13 août 1983 à Salzbourg. 2 LP Stéréo, Orfeo 102 842 H.

Fils d’un attaché militaire autrichien, Gottfried von Einem est né le 24 janvier 1918 à Berne (Suisse). Après des études aux lycées de Plon et de Ratzeburg, il a été répétiteur à l’opéra de Berlin et au festival de Bayreuth entre 1938 et 1943. Pendant ce temps, il a étudié la composition avec Boris Blacher à Berlin. En 1943, Gottfried von Einem est devenu conseiller de Cari Elmendorff à l’opéra de Dresde. A partir de 1946, il a exercé la même fonction auprès de la direction du festival de Salzbourg et auprès des « Wiener Festwochen»  (le festival de Vienne). En 1954, il est nommé directeur du conseil artistique du festival de Salzbourg. De 1960 à 1964, il a ensuite été membre de la direction des « Wiener Festwochen» . Puis, de 1963 à 1972, il a enseigné au conservatoire de Vienne. Par la suite, Gottfried von Einem, compositeur le plus primé de son pays, s’est progressivement retiré dans sa vie privée.

Parmi ses oeuvres les plus importantes, on compte les opéras « La mort de Danton » (1947), « Le procès » (1953), « Le déchiré » (1964), « Intrigue et amour » (1976), «Le mariage de Jésus» (1980), ainsi que des ballets: « Princesse Turandot » (1944) et «Rondo de Veau d’or» (1952). Parmi son oeuvre pour orchestre, au premier plan, on doit considérer: «Méditations» (1954), « Philadelphia Symphony » (1961) et «Symphonie viennoise» (1977). En plus, il a composé de nombreuses oeuvres pour choeurs: « Le chant des heures » (1959), des chants et, ces derniers temps, de la musique de chambre.

Le festival de Salzbourg, le 6 août 1947 : très enthousiaste, le public a acclamé le premier opéra d’un compositeur, jusqu’à ce jour, presque inconnu en Autriche. Après cinq représentations à guichets fermés, il était connu de tous: Gottfried von Einem. L’opéra s’apelle: «La mort de Dan­ton».

C’est la première fois, pendant le festival de Salzbourg, que l’on a mondialement créé un opéra d’un compositeur encore vivant. Cela revient surtout au mérite du Dr Egon Hilbert, qui s’est engagé avec toute sa véhémence pour cette création. Malgré cela, la première a risqué de ne jamais voir le jour: le chef d’orchestre qui était désigné, Otto Klemperer, est tombé malade. C’est à la dernière minute que Ferenc Fric- say a sauvé la création et a ensuite dirigé toutes les représen­tations.

On a immédiatement reconnu l’importance de cette oeuvre. A la création mondiale de Salzbourg, d’autres ont suivi à Vienne, Hambourg, Berlin, Hanovre, Stuttgart, Paris et Bruxelles. A New-York également on a monté « La mort de Danton ». Traduit en six langues, cet opéra a conquis les scènes du monde entier.

«La mort de Danton», dans l’histoire de l’opéra moderne, demeure un cas singulier. « Danton » appartient aux rares oeuvres de notre siècle qui ont, à la fois, été acclamées par le public et la critique. Ainsi, on ne peut agréer le Dr Egon Seefehlner qui pensait que « La mort de Danton » est le seul opéra de répertoire composé après la seconde guerre mondiale.

Ce succès s’explique par de nombreuses raisons. D’abord, bien sûr, la musique de Gottfried von Einem qui, littéralement, captive les auditeurs.

Il y en a d’autres également: le thème toujours intéressant de la Révolution française, le personnage ambigu de Georges Danton et le livret qui se fonde sur le drame de l’un des poètes les plus géniaux de la langue allemande : « La mort de Danton » de Georg Büchner [...]

Extrait du livret par Edwin Baumgartner, traduit en français par Jean Didier Goblet.

 


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Vendredi 5 Juin, 2020