musicologie   samedi 2 mars 2019.

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Être compositrice : journées internationales, 13-15 mars 2019

Débats, colloque, conférences, concert, ateliers, tables rondes, projections.

Le fait d’être une femme de nos jours a-t-il une incidence sur l’exercice du métier de compositeur ? Les interdits sociaux ou culturels pèsent-ils encore sur les pratiques féminines de la composition, sur la position de la compositrice dans la société ou sur l’accès même des femmes à l’apprentissage de la musique ? Comment l’histoire culturelle de la musique, l’histoire des femmes et l’histoire du genre se croisent-elles ? Quel est le rôle des pratiques musicales dans la constitution des normes de genre et de leurs perpétuelles transformations ?

Normalement, ces questions ne devraient pas se poser. Malheureusement, nous pouvons constater qu’une écrasante majorité des musiques que nous entendons dans nos institutions sont composées et dirigées par des hommes. Les contraintes imposées par les bienséances, les possibilités d’éducation et de carrière, le choix des instruments, l’usage de certains espaces, la valeur symbolique des pratiques, sont autant de distinctions qui opèrent selon une hiérarchie génératrice d’inégalités persistantes entre hommes et femmes. Il y a toujours très peu de femmes qui arrivent à faire carrière en tant que compositrices. La volonté de composer se heurte à celle d’être une femme, situation que l’on peut d’ailleurs comparer à celle des femmes en politique. Ainsi, il est des classes de composition qui souffrent de pénurie de femmes, il demeure toujours cette question que les musicologues se posent : mais où sont donc les compositrices ?

La condition de la femme en tant qu’artiste et compositrice constitue une thématique récurrente depuis quelques années : il existe aujourd’hui des centaines de travaux en langue française sur les musiciennes, ainsi qu’un centre de recherche, notamment le Centre de Recherche Interdisciplinaire sur les Musiciennes, Sorbonne Université, qui traitent des questions de genre dans une perspective sociologique, historique, littéraire et artistique. Pourtant, les sociologues s’intéressent depuis longtemps à la « musique des femmes », s’interrogeant sur les rapports entretenus entre les femmes et la musique, thème porteur à l’heure des gender studies. Dans cette optique, il y est à la fois question de la production des normes — normes éducatives et musicales mais aussi normes de genre ou, plus spécifiquement ici, de la féminité—, de leurs impacts sur les femmes ainsi que sur les hommes, et de leur possible contournement. Mais ces dernières années, les compositrices s’opposent à tout stéréotype du discours de genre: elles ne composent pas de la musique de femme, mais sont des femmes qui écrivent de la musique. C’est très différent !

De ce fait, l’intérêt du présent projet est de faire face au silence voilant l’existence de la création des femmes, les sources, l’absence de médiatisation, et de s’interroger sur l’articulation entre les expériences vécues par les compositrices et les représentations et discours normatifs sur les musiciennes. Il se focalisera sur des compositrices dans différents pays et régions du monde pour refléter une histoire contemporaine plurielle qui s’inscrirait davantage dans la micro-histoire sociale d’une région ou d’un pays ; pour décrire la présence de grandes personnalités; pour révéler les expériences musicales des femmes face aux normes culturelles et sociales qui les gouvernent.

L’une des questions clés est celle de l’éducation musicale et les discours normatifs, qui sont liés à la production de « normes musicales féminines », mais également à la renégociation et la création d’espaces de liberté, voire d’émancipation (s’appuyant sur un argumentaire d’ordre éthique, esthétique ou social, les discours relatifs aux pratiques musicales féminines actuelles dans différents pays ont pour but de maintenir les femmes à l’écart des champs d’actions, des modalités de la formation, des sphères privées et publiques…).

Les débats internationaux porteront sur les pratiques artistiques musicales féminines qui seront traitées dans toute leur diversité, tissant des liens entre les époques et les pays et dressant in fine un tableau contrasté des rapports que les musiciennes entretiennent avec leur art au monde.

Lire la brochure complète de ces journées

Lenka Stransky,
Directrice scientifique et artistique
Journées Internationales « Être compositrice »

Manifestation organisée par l’UNESCO, les Délégations permanentes auprès de l’UNESCO (de l’Allemagne, de l’Autriche, du Brésil, de la République populaire de Chine, de la République tchèque, de la Tunisie et de la Slovaquie), le collectif aCROSS (Art Création Recherche Outils Savoirs Synesthésie), l’Université Paris-Est (le laboratoire de Recherche LISAA) et le Cdmc (Centre de Documentation de la Musique Contemporaine) en coopération avec le Conseil International de la Musique, le Cercle de Recherche Interdisciplinaire sur les Musiciennes (IReMus-CNRS, Sorbonne Université), Futurs composés (Réseau national de la création musicale), Plurielles 34 et l’INA GRM avec le soutien du Théâtre Marigny, l’Opéra Bastille et l’Ambassade de la République tchèque.

 

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