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Michel Rusquet, Trois siècles de musique instrumentale : un parcours découverte : La musique instrumentale de Wolfgang Amadeus Mozart

Introduction ; musique pour clavier ; musique de chambre ; musique symphonique ; musique concertante.

Les concertos pour piano 11 à 13  de Mozart

On affiche souvent un brin de condescendance vis-à-vis de ces trois premiers concertos viennois de l'hiver 1782-1783 que Mozart regroupa pour une édition en souscription. Les propres commentaires du musicien, recueillis dans une lettre adressée à son père, y sont peut-être pour quelque chose : « Ces concertos tiennent le juste milieu entre le trop difficile et le trop facile ; ils sont très brillants, agréables à l'oreille, naturels, sans tomber dans la pauvreté. Il y a ça et là des passages dont seuls les connaisseurs auront de la satisfaction, mais ils sont faits pour que les non-connaisseurs en doivent être contents, sans savoir pourquoi ». De fait, « il écrit des œuvres destinées à plaire à l'aristocratie viennoise. L'orchestration en est fort simple (l'auteur lui-même proposa à l'éditeur Sieber de les publier avec accompagnement de quatuor à cordes), de façon à s'adapter aux lieux d'exécution les plus divers ; et l'on peut trouver, dans leurs thèmes comme dans l'atmosphère qui les imprègne, bien des échos de Jean-Chrétien Bach. »107

Bref, on pourrait reprocher au musicien de s'être laissé rattraper par les délices de la galanterie, et le concerto no 11 en fa majeur K 413 en est une parfaite (et très charmante) illustration. Malgré son extrême élégance, c'est un peu moins le cas du concerto no 12 en la majeur K 414, dont le ton devient nettement plus personnel. On y trouve en particulier un Andante merveilleux (« une des pages les plus belles et les plus nobles de son auteur », disait Olivier Messiaen) qui est sans doute un hommage à Jean-Chrétien Bach (Mozart venait  d'apprendre la mort de ce maître qu'il chérissait tant) et atteint un niveau de poésie et d'émotion exceptionnel.  Quant au concerto no 13 en ut majeur K 415, que Mozart créa au cours d'une de ses académies en présence de l'empereur, il apparaît nettement plus ambitieux que les deux précédents, le musicien donnant l'impression d'y concilier de façon presque miraculeuse ses aspirations propres et les attentes de ses auditeurs. « Non seulement l'instrumentation en est plus riche (les vents y ont une grande importance… ), mais l'écriture, qui fait largement appel au contrepoint, porte la trace de la révélation récente des maîtres anciens, Bach et Haendel… »108  Chose étrange, le maillon faible de ce concerto est l'Andante, étonnamment peu inspiré. En revanche, il y a beaucoup à admirer dans les deux Allegros, et tout spécialement dans le superbe rondo final où, en recourant à des intermèdes en mineur, dont un Adagio en ut mineur qui réapparaîtra une seconde fois, plus émouvant encore, avant la conclusion, Mozart se livre sans retenue, déroutant l'auditeur par de constants changements de climat. Messiaen disait de ce finale : « il est d'une forme étrange, totalement fantaisiste : son originalité le place parmi les sommets de l'œuvre de Mozart ! »

Concerto no 12 en la majeur K 414 (II. Andante) par Rudolf Serkin

 

Concerto no 13 en ut majeur K 415 (III. Rondo-Allegro) par Maria-Joao Pires et l'orchestre de chambre de la Fondation Gulbenkian, sous la direction de Theodor Guschlbauer.

Notes

107. Parouty Michel, dans François-René Tranchefort (dir.), « Guide de la musique symphonique », Fayard, Paris 2002, p.537.

108. Ibidem, p. 538.

 

 

 

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bouquetin

Samedi 13 Janvier, 2018 3:02