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James Carter's Elektrik Outlet. La surprise (de courant) !

James Carter à Caen. Photographie © Gérard Boisnel.

Caen, 22 novembre 2017, par Alain Lambert ——

James Carter a donc conservé son organ trio en l'électrifiant un peu plus, pas la batterie d'Alex White, mais les claviers de Gerard Gibbs, du piano numérisé au synthé en nappes, en passant par l'orgue bien sûr, avec de la voix synthétisée au vocoder en bonus. Le sax aussi, avec tout un jeu de pédales au pied du gaillard pour en transformer le son, le synthétiser, le doubler à l'octave basse, et on entend un ténor plus un baryton, le tripler pour en faire une section de cuivre, lui ajouter des harmoniques qui évoluent en cycle du grave à l'aigu, le distordre, le malaxer dans de longues improvisations jusqu'au bout du souffle. Plus ce qu'il lui fait déjà acoustiquement en y ajoutant les claquements, les pets, les bruits percussifs des clapets, les hululements, les hurlements, les chuchotements, les murmures... bref toutes les recettes  qu'il a retenues du free jazz et intégrées à son jeu extravagant, auquel s'ajoute toutes les sonorités et citations du jazz classique.

À ce trio s'ajoute un imposant personnage à la basse électrique, Ralphe Armstrong, qui a commencé à 17 ans avec le Mahavishnu de John Mc Laughlin, pendant trois ans, où il chantait aussi, puis a accompagné, excusez du peu,  Frank Zappa, Jean Luc Ponty (Enigmatic Ocean), Carlos Santana, Lenny White, Herbie Hancock (VSOP), BB King, Milt Jackson, Kenny Burrel, Grady Tate, Aretha Franklin, Geri Allen, Ben Harper et d'autres encore. Un peu après le milieu du concert, James Carter se retire et lui laisse la scène pour un long blues (de la purée/smash potatoes?) introduit par un  discours drolatique, même si on ne comprend pas tout, loin de là, et  dont émerge un « sacrebleu »  tonitruant sans doute hérité de Jean Luc Ponty. Un personnage incroyable de rondeur enjouée, à la voix puissante et sensuelle, au jeu de basse slappé et glissé aussi efficace en accompagnement et en riff qu'en solo dans ce morceau qui se poursuit au bottleneck et dans  la distorsion hilare.

James CarterJames Carter et son Elektrik Outlet. Photographie © Gérard Boisnel.

Pour résumer ce concert dont le leader nous a annoncé au début le programme, dont on a retenu au moins Visions de Stevie Wonder et Round Midnight de Monk, l'impression face au jeu du saxophoniste est ambivalente. Dès le  premier thème au ténor doublé à l'octave, avant de passer au soprano au son trituré, on est un peu déconcerté par la transformation électronifiée, et pas forcément bonifiée, rarement stable et presque magmatique et embrouillée dans les passages rapides. Elle s'avère plus réussie dans les moments lents, le second morceau en reggae ou la belle ballade façon bossa au ténor presque pur et lyrique. Et l'avant-dernier à l'alto (bonifié) dans le standard de Monk, sauf la reprise du thème qui se fait en solo dans un festival de percussions de clapets, de pets et d'éructations diverses dans lesquels on arrive à retrouver Round Midnight. Un exercice sans doute virtuose et spectaculaire mais un peu vain. Le groupe lui est impeccable, la basse ronflante, la batterie implacable, les claviers colorés dans les accompagnements et inventifs dans les solos. Et tous visiblement complices. Quant au travail des techniciens du son, il est parfait, ce qui ne devait pas être facile à certains moments.

Dans les foyers du théâtre, ce samedi dans le cadre des Boréales le duo de guitares suédois Ulf et Eric Wakenius, et le 16 décembre Sylvain Rifflet Mechanics.

 

 

Alain Lambert
22 novembre 2017

 

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Vendredi 24 Novembre, 2017 20:14