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Yo du Milieu et Simon Deslandes : « L'ultime goutte » au Bazarnaom de Caen

 

Yo du Milieu et Simon Deslandes à Caen le 11 décembre 2015. Photographie © A. L.

Caen, 11 décembre 2015, par Alain Lambert ——

Un peu de théâtre de rue, pour changer, et en salle, parce que modulable et que c'est l'ami décembre.

Un slam'timbanque, Yohan Leforestier, dit Yo du milieu. Et un trompettiste, Simon Deslandes,  aussi à la machine rythmique et bruitiste, puis au tubalambic, ou soubassopomme, au choix. La mise en scène est de Benn Valter.

Un spectacle à quatre temps, comme les moteurs du même nom qui n'auront bientôt plus de pétrole, mais tous les deux, ils ont bien des idées, musicales et théâtrales.

D'abord un bidon bleu, duquel surgit le slameur, une sorte de Sisyphe en costard qui va charrier son tonneau des Danaïdes de gauche à droite tout en nous contant le mal-être contemporain, le travail inutile et vain, la compétition de l'ego et de l'apparence, les stimulants pour compenser « la dose de tripalium » et « toutes les rimes en « é », pendant que le musicien sur sa machine, mixée et bouclée  de trompette ou de flûte à bec, lui déroule une bande son de plus en plus frénétique, chaotique, puis apocalyptique.

Yo du Milieu et Simon Deslandes à Caen le 11 décembre 2015. Photographie © A. L.

La machine à son, fonctionnant à l'essence, s'arrête et refuse  de repartir. Une sirène, des explosions...et le futur commence dans le silence, celui des chiffonniers et autres récupérateurs de toutes sortes d'objets et de matériaux, mangeurs de croquettes.

En se rencontrant, tous deux  redécouvrent le langage, et délirent avec les mots proposés par le public. Toubi or not toubi...ssiclète ! Après une petite chanson, style « an 01 », le crieur de mots passe ses petites annonces, miroir décalé du premier acte. Dans le vide, pour personne, avant de s'y jeter, désespéré.

Mais son comparse le ressuscite, au doux son du tubalambic (acoustique) et c'est, après le boniment, le rap (hilarant) des bouilleurs de crus clandestins, encagoulés, prêts à tout pour distiller l'eau de vie de pomme, le divin calva, dont la première goutte fera repartir la machine.

Un spectacle bien enraciné et bien allumé aussi, pour petits et grands pas bornés, prêt à reprendre l'an prochain la route des salles des fêtes et des festivals de rue, quand vous voulez. Ils sont culottés (toujours) et surdopés (au calva).

 

 Alain Lambert
11 décembre 2015

 

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Dimanche 20 Décembre, 2015 22:32

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