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Les Musiciens du Paradis et Bertrand Cuiller « Rameau, opéra sans paroles » superbe !

 

Caen, 16 juin 2015, par Alain Lambert ——

Bertrand Cuiller, on l'a déjà entendu, ici, au théâtre de Caen, avec les Musiciens du Paradis, semble-t-il encore basés à Alençon selon le programme, pour Vénus et Adonis [voir notre chronique] en 2012. Puis au clavecin cette année avec les « Basses Réunies » au conservatoire [voir notre chronique]. Et le revoilà qui joue du clavecin debout, ou danse le menuet pour diriger son jeune ensemble, entre retenue et vivacité, sur un montage de pièces instrumentales du grand Rameau.

Et c'est une belle réussite, ce poème symphonique qui raconte en chantonnant ou en dansant, mais sans une seule parole, sans aucun de ces récitatifs longuets qui nous font souvent oublier la musique. D'ailleurs, le chef et directeur musical, parmi ses lectures dans le fonds Rameau de la bibliothèque de la Fondation Royaumont où il est en résidence, a retrouvé une remarque rapportée du compositeur lui-même à une chanteuse lui reprochant de trop accélérer et de rendre son chant incompréhensible : « Et qu'importe ! Il suffit que l'on entende ma musique, les paroles ne sont rien dans un opéra ».

D'où l'idée de cet opéra sans paroles, dont les airs et danses s'enchaînent en cinq actes, avec un magnifique prologue et un entracte, le temps de réaccorder les deux clavecins, une dramaturgie et une scénographie sobre entre les seuls instruments qui se retrouvent, se répondent, se taisent et s'ébattent dans une gavotte ou un rigaudon.

Le tube des Sauvages ayant été omis, c'est la contredanse en rondeau des Boréades, du quatrième acte,qui en fait fonction, et sera reprise en premier rappel. Le second n'ayant pas été prévu, le menuet d'Acante et Cephise, du prologue, fermera joliment le concert, après une fouille ébouriffée des partitions sur le clavecin pupitre.

Une heure et demi de pur plaisir, riche de nombreuses mélodies, et de toutes les inventions musicales de Rameau, parfois aussi étrangement proches des autres œuvres de son temps comme l'Orage de Platée, qui n'est pas sans rappeler unedes Saisons de Vivaldi, en plus baroque'n'roll, dans la rythmique des violons.

La saison de réouverture du théâtre de Caen se termine en beauté, atteignant environ 95000 spectateurs en moins de sept mois. Encore, ce samedi, la dernière audition de la Maîtrise autour de Gerswhin, et la semaine prochaine l'Oiseau Vert de Carlo Gozzi.

Puis  beaucoup de musique à venir l'an prochain, en jazz en particulier, avec Ravi Coltrane et Jack Dejohnette, Avishaï Cohen et bien d'autres.

Toutes les infos sur le site du Théâtre.

plume Alain Lambert
16 juin 2015

 

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