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Un viol acclamé
The Rape of Lucretia de Benjamin Britten
Nantes, Théâtre Graslin, 22 janvier 2011

Par Eusebius

Le viol de Lucrèce par Tarquin le Jeune a été rapporté par Tite-Live (que Shakespeare revisita longtemps après), et provoqua l'avènement de la république romaine. C'est en 1946 que Britten créa, à Glyndebourne, cet opéra de chambre que nous offrait en janvier Angers-Nantes Opéra pour huit représentations de la production de l'Opéra-Studio des Flandres.

De proportions modestes, requérant seulement huit chanteurs et un orchestre de solistes (comportant un piano, soutien obligé et neutre du chœur), Le viol de Lucrèce demeure une rareté sur nos scènes régionales.

Un décor unique, gris, aux lignes épurées, intemporelles, les deux chanteurs incarnant le chœur masculin et le chœur féminin assis devant un pan de mur, côté cour, voilà pour ce qui est du statique, du permanent. Des herses transparentes et des éclairages d'une qualité rare, avec un minimum d'accessoires, allaient créer le cadre de la beuverie des généraux, de la chambre de Lucrèce ou de la course effrénée de Tarquin vers Rome.

Malgré un livret contestable (bien que voulu tel par Britten) où les moralités chrétiennes – anachroniques et vaines, en particulier dans l'épilogue – affadissent l'ouvrage, l'intensité dramatique est constante. Les séquences contrastées, proprement cinématographiques, renouvellent l'intérêt, culminant à la fin de chaque acte après une progression bouleversante. La sûreté d'écriture de Britten est totale : malgré la faiblesse du livret, Le viol de Lucrèce est un chef-d'œuvre.

Servie par une distribution remarquablement homogène (quel bonheur que les ensembles !) – que domine naturellement une Lucrèce idéale (Delphine Galou) – par une direction intelligente, toujours attentive au geste vocal (Mark Shanahan), ce fut une soirée mémorable, justement ovationnée par une salle comble et enthousiaste.

Un grand merci à la direction d'avoir osé programmer cet ouvrage, et le souhait que cette remarquable production rencontre encore de nombreux publics.

Eusebius


Affiche du spectacle


Références / musicologie.org 2010