Johann Hermann Schein
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La musique de Johann Hermann Schein, est de toute beauté, et ne porte pas les traces d'ancienneté qu'on attendrait d'une musique composée un siècle avant celle de Johann Sebastrian Bach. L'Ensemble Sagittarius en donne une interprétation particulièrement sensible, et une transparence, qui tient en partie au fait qu'il s'agit d'un ensemble vocal à 5 voix solistes. L'ajout d'un basson au continuo, comme Schein le préconisait lui-même, ajoute à la fois contraste et suavité à la partie instrumentale. Il y a un écart étonnant entre le relatif effacement de Johann Hermann Schein, et son œuvre magistrale. Ce n'est pas qu'il soit injustemet oublié : aucun droit ne codifie le temps qui passe. Mais, la connaissance de son œuvre, au-delà du plaisir essentiel qu'elle peut nous procurer, devrait nous aider à réviser quelques idées un peu trop vite,trop passivement admises. Comme celle d'un austère Bach, surgissant de son génie, dont la mort aurait étét suivie par une italianisation, qu'une littérature pas trop encombrée de simplifications abruptes nomme le style galant. Or, un siècle avant Bach, le Johann Sebastien, Johann Hermann Schein, formidable musicien, compose des œuvres magnifiques en s'insiprant des musiques italiennes, sans avoir jamais mis les pieds en Italie. Pourquoi parler de Bach ? Parce que Schein, justement, est nommé Kantor à Saint-Thomas de Leipzig, et directeur de la musique de la ville, avec toutes les lourdes charges qui vont avec, 107 ans avant Bach. Et comme Bach le fera, il se met aussitôt, en bon professionnel, à composer un fonds de musiques utiles à ses charges. Une très belle musique, loin d'être austère, pour de beaux offices et de belles cérémonies. Elle peut être majestueuse, flamboyante, touchante, comme la musique de ses amis Samuel Schzeidt (1587-1654) et Heinrich Schütz (1585-1672), les « 3 S », dit-on. Et c'est tant beau ce qui est écrit pour le culte que ce qui est composé pour la ville (il n'y a en fait que les paroles qui changent). Dite sacrée ou dite profane, c'est la même musique. Il a un avantage sur Bach, il sait le latin, et peut assurer l'enseignement des enfants de chœur, qui est une charge normale de maître de chapelle. Peut-être pas un avantage : s'il ne doit pas débourser pour payer un maître, cela lui prend dix heures par semaine de sa vie. Un nombre imrpessionnnant de ses œuvres ont été imprimées de son vivant. Éditions séparée d'œuvres, surtout en recueils. Ce disque présente un choix d'œuvres d'un recueil publié en 1618, avec un supplément en 1626, Opella nova, composé, selon le titre, sur des inventions italiennes, et d'un autre recueil de 1623, Fontana d'Israel. Schein est un compositeur de la réforme, les textes sont en langue vernaculaire. Michel Laplénie a fondé l'ensemble vocal Sagittarius en 1986. Cet ensemble acquiert très vite une notoriété internationale qui le situe aujourd'hui parmi les ensembles vocaux les plus appréciés l'interprétation du répertoire baroque. Dagmar Saskova, soprano Continuo J. Griffin, basse de viole L'enregistrement s'est déroulé à l'église de Saint-Étienne de Baïgorry au Pays basque. Réf Hortus 075 - Durée totale : 76'19 - Sortie nationale : 26 avril 2010 Distribution Codaex - Hortus 1, rue Chalopin 69007 Lyon
Biographie de Johann Hermann Schein Jean-Marc Warszawski |