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Nuages gris, le dernier pèlerinage de Franz Liszt

 

nuages gris

 

Philippe André, Nuages gris, le dernier pèlerinage de Franz Liszt. Le Passeur, « Sursum Corda », Paris 2014 [168 p. ; ISBN 978-2-36890-076-5 ; 16,90 €]

26 janvier 2014, par Eusebius ——

Après nous avoir laissé une remarquable introduction aux Années de pèlerinage (Aléas, 2009 et 2011), l'auteur nous fait participer à ce qu'il appelle justement « le dernier pèlerinage ». Onze œuvres  pour piano1 ont été retenues d'une moisson encore abondante, entre 1881 et 1885. Généralement brèves, très personnelles, d'une force expressive singulière, elles constituent l'aboutissement extrême de la pensée musicale de Liszt, prémonitoires des évolutions du langage musical.

Chacune des œuvres est située dans l'évolution du compositeur à travers les témoignages, la correspondance. L'auteur suit pas à pas leur genèse, les filiations, les essais, les transcriptions, les abandons momentanés. L'approche est renouvelée, soigneusement documentée, les analyses se signalent par leur pertinence et sont accessibles à tous.

L'hypothèse de départ  se vérifie : « Liszt, au terme d'une longue vie […] s'est trouvé à travers ses œuvres de plus en plus proche de ses racines ».

L'éclairage psychologique, sérieusement argumenté, est sans relation à la musicographie romanesque, bonimenteuse. La lecture est aisée et l'auteur suscite ou renforce l'intérêt du récit. On sort habité, voire bouleversé, par la lecture de chaque chapitre, comme si on venait de jouer l'œuvre, après se l'être totalement appropriée.

S'adressant aussi bien au mélomane, peu familier des études musicologiques et de leur vocabulaire2, qu'à l'interprète chevronné, cet ouvrage remplit parfaitement son programme.

                                                                                                                    Eusebius
26 janvier 2014

1. Wiegenlied, S.198 ; Trübe Wolken, S.199; Unstern !, S.208; La lugubra gondola I et II, S.200 ; R.W. – Venezia, S.201 ; Am Grabe Richard Wagners, S.202 ; Schaflos !, S.203 ; Recueillement, S.204 ; Trauervorspiel uns Trauermarsch, S.206 ; En rêve, S.207 ;  La Bagatelle sans tonalité (Mephisto Valse n°4, S.216a, de 1885), qui participe de la même démarche compositionnelle et psychologique, aurait pu y figurer.

2. Les références sont signalées par des notes de bas de page. Une bibliographie succincte ouvrant d'autres voies au lecteur aurait été bienvenue, tout comme la référence des oeuvres au catalogue d'Humphrey Searle (S).          

                                                                     plume Eusebius
26 janvier 2014

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ISSN 2269-9910

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Lundi 27 Janvier, 2014 15:52

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